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Tumeur cérébrale : Certains signes sont annonciateurs

La recommandation des médecins est claire et doit être bien intégrée par tous: toute céphalée chronique ne cédant pas aux antalgiques habituels doit être suspecte et motiver des investigations auprès du spécialiste.

Mais, il faut également noter que toute baisse de l’acuité visuelle sans cause locale, toute épilepsie secondaire en dehors du contexte traumatique et tout trouble psychiatrique doivent nécessiter une consultation chez le spécialiste.

Devant ces cas, Dr Oumar Coulibaly, neurochirurgien à l’Hôpital du Mali et maître-assistant à la Faculté de médecine et d’odontostomatologie (FMOS), souligne qu’il peut s’agir d’une tumeur cérébrale. Pour lui, ces cas doivent bénéficier au moins d’une exploration cérébrale afin d’éliminer toute cause organique.

Il indique qu’une tumeur cérébrale est un processus expansif développé à l’intérieur de la boîte crânienne et plus précisément au sein du cerveau. Les tumeurs du cerveau peuvent être primitives ou secondaires. Elles sont dites primitives quand elles proviennent des cellules du cerveau, et secondaires quand elles viennent d’ailleurs. Elles peuvent être malignes (développement très rapide et souvent fatales) ou bénignes (croissance très lente, dégénérescence rare, mais parfois fatales). Selon le spécialiste, tous les âges peuvent être affectés par cette maladie. Pourtant, il précise que l’origine des tumeurs cérébrales reste inconnue dans la plupart des cas. Cependant, souligne le neurochirurgien certains facteurs favorisants ont été signalés et souvent retrouvés tels que les facteurs génétiques et les radiations ionisantes. Par ailleurs, l’usage des téléphones portables reste un risque potentiel pour certains types de tumeurs cérébrales.

Pour cette maladie, notre spécialiste révèle que la macrocrânie évolutive reste le symptôme le plus fréquent même si elle peut se rencontrer dans d’autres situations comme l’hydrocéphalie. Chez les enfants et les adultes, les signes cliniques les plus fréquemment rencontrés sont les céphalées chroniques rebelles aux antalgiques habituels, les vomissements matinaux en jet et sans effort. À ces principaux signes cliniques, il faut ajouter les troubles visuels à type de baisse de l’acuité. Ailleurs, on peut avoir des troubles de la conscience allant jusqu’au coma, des crises d’épilepsie et à un stade avancé des signes de paralysie. Aussi, on peut avoir selon la localisation de la tumeur dans le cerveau, un syndrome frontal qui se manifeste par des troubles psychiatriques, des troubles phasiques.

D’après Dr Oumar Coulibaly, il existe un moyen pour détecter la maladie. Il s’agit de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et du scanner. Ces équipements de pointe permettent d’établir le diagnostic des tumeurs cérébrales.

Mais à en croire le toubib, l’incidence des tumeurs primitives et secondaires tend à augmenter au Mali pour des raisons inconnues. Il explique cela par le fait que ces tumeurs sont sous diagnostiquées dans notre pays. Même avec le diagnostic établi, certains patients en meurent du fait de la capacité d’accueil et du plateau technique limité de nos établissements hospitaliers.

À l’heure actuelle, aucune donnée nationale n’est disponible. Mais le neurochirurgien confie qu’une étude multicentrique est en cours afin de définir le nombre de façon exacte.

Comme complication, le médecin spécialiste indique que si une tumeur n’est pas traitée, elle peut évoluer vers la mort. Ce décès peut être imminent à court ou à moyen terme pour les cas les plus malignes et à long terme pour les cas les plus les bénins. Les complications les plus fréquentes sont l’hypertension intracrânienne, le saignement, l’épilepsie secondaire, la cécité, la paralysie, les complications de décubitus, l’engagement cérébral dans le cou, voire le décès. La prise en charge des tumeurs cérébrales nécessite trois volets hormis le traitement symptomatique. Il s’agit de la chirurgie avec l’analyse de la pièce opératoire (examen anatomopathologique) qui est obligatoire, suivie de la radiothérapie et/ou la chimiothérapie pour certains types.

Fatoumata NAPHO

Source : l’Essor

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