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Salif Diallo : « Le G5 Sahel peine à mobiliser des financements »

Face aux correspondants des médias internationaux, Salif Diallo, président de l'Assemblée nationale du Burkina, a déploré vendredi que le G5 Sahel peine à mobiliser des financements alors que cette force conjointe a besoin d'un budget de 400 millions d'euros.

Une semaine après le sommet de Bamako où le Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, le Nigérien Mahamadou Isssoufou, le Tchadien Idriss Deby Itno et le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, réunis autour d’Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, ont décidé de mettre la main à la pâte en apportant chacun 10 millions d’euros, le président du Parlement burkinabè, Salif Diallo, a jeté un pavé dans la marre, vendredi 7 juillet.

« Les terroristes s’appuient sur la pauvreté de masse. Pour endiguer ce phénomène, il ne faut pas seulement des actions sur le plan sécuritaire. Il faut aussi s’appuyer sur le développement économique de nos États et des régions concernées », a-t-il déclaré face à la presse étrangère. Et d’ajouter : « Le G5 Sahel est une bonne initiative. Malheureusement, nos armées sont des armées conventionnelles alors que nous faisons face à une guerre asymétrique. Il faut donc les former et les réformer en les dotant de moyens adéquats pour enrayer le danger », a poursuivi le président de l’Assemblée, issu du parti au pouvoir.

La question de la démographie

Un budget de 400 millions d’euros est jugé nécessaire par les experts pour le déploiement de cette force conjointe de 5 000 à 10 000 hommes. L’union européenne a déjà promis une aide de 50 millions d’euros, équivalente à l’apport des cinq pays réunis.

« Cela coûte cher à nos États. Vous voyez que le G5 Sahel peine à mobiliser des financements. Chaque État doit apporter 10 millions d’euros, cela fait 50 millions d’euros. Avec un tel montant, on ne peut pas venir à bout du terrorisme », a regretté Salif Diallo, appelant les quinze pays de la Cedeao, le Tchad et la Mauritanie à encourager des politiques de maîtrise de la démographie, en prélude à une réunion des parlementaires et des experts, fin juillet, sur la question du dividende démographique. En 2050, la Cedeao comptera un milliard d’habitants dont la moitié de jeunes. Si chaque État ne maîtrise pas sa fécondité dès à présent, nous courons vers une catastrophe certaine », a-t-il averti.

Source : Jeune Afrique 08/07/17

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