Mardi 10 Décembre 2019

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Portefeuille de la Bad au Mali : Des propositions concrètes pour améliorer le taux de décaissement

Le Premier ministre, ministre de l’économie et des Finances a recommandé à la Banque africaine de développement (Bad) d’adapter ses instruments au contexte actuel du Mali.

En tenant compte de son niveau de fragilité et d’agir vite et de manière flexible, afin d’éviter la détérioration progressive constatée de la qualité de son portefeuille dans notre pays.

Dr Boubou Cissé intervenait hier dans un hôtel de la place lors de la session politique de la Revue du document de stratégie pays et de celle de la performance du portefeuille des programmes et projets financés par la Bad au Mali au titre de l’exercice 2019. Il a aussi attiré l’attention des dirigeants de l’institution bancaire africaine sur la nécessité de se fixer des objectifs réalistes et réalisables dans le cadre du document de stratégie pays 2020-2024. Cette rencontre participative a enregistré la présence de près d’une dizaine de membres du gouvernement. On notait aussi la participation du directeur général adjoint du Bureau régional de développement et de prestation de services pour l’Afrique de l’Ouest, Serge Marie Z. N’guessan et de la représentante-pays de la Bad au Mali, Mme Louise Djoussou-Lorng. Cette revue politique fait suite à la tenue, vendredi dernier, de la session technique qui s’inscrit dans le cadre des travaux de la revue conjointe de performance du portefeuille des projets et programmes financés par la Banque africaine dans notre pays. La session intervient aux termes d’une mission d’élaboration du rapport combiné d’achèvement du document de stratégie pays 2015-2019, de la revue technique de la performance du portefeuille 2019 et de préparation du nouveau document de stratégie pays 2020-2024. Les envoyés de la Bad séjournent dans notre pays depuis le 14 octobre. L’objectif général visé par la session politique est d’exposer la qualité du portefeuille, les contraintes constatées et les solutions préconisées par la session technique. Prend part à l’exercice l’ensemble des parties prenantes intervenant dans la chaîne de mise en œuvre des projets. Il s’agit des agents publics, du secteur privé, de la société civile, des bailleurs de fonds. Le but étant d’en tirer des leçons, de proposer des solutions participatives susceptibles d’améliorer la qualité du portefeuille qui n’est autre que l’ensemble des projets financés par la Bad. Le portefeuille comporte 22 projets et programmes, a révélé Nyaki-Zangbula, ajoutant que l’enveloppe globale est estimée à 460 milliards de Fcfa. Le portefeuille couvre le secteur public avec 19 projets pour un montant total de 392 milliards de Fcfa et le secteur privé pour trois projets représentant 73 milliards de Fcfa. Nyaki-Zangbula a précisé qu’en moyenne, un projet du secteur public représente 22 milliards de Fcfa.

Aussi, le portefeuille couvre les secteurs des transports routiers (31% du volume global du portefeuille), de l’agriculture et développement rural (27) et de l’eau et assainissement rural (9%). Le taux de décaissement qui détermine la capacité d’un pays à absorber les ressources mises à disposition, est de 30,09%, a dévoilé Nyaki-Zangbula.

DES LENTEURS-Ce taux bien que « satisfaisant » est jugé faible par les deux parties. Il est, selon le diagnostic établi par la session technique, le résultat de contraintes non négligeables qui retardent les opérations d’exécution du projet. Ces faiblesses dévoilées se rapportent, entre autres, aux retards constatés dans la transmission des documents de projets à la partie malienne, aux lenteurs dans la préparation des documents de signature des accords de prêts et de dons et de démarrage des projets. Les difficultés ont aussi trait aux lenteurs observées dans la passation des marchés, l’indemnisation des populations touchées par les projets et le paiement de la contrepartie malienne.

En réponse à ces deux dernières recommandations, le chef du gouvernement a, après avoir identifié des lenteurs dans le traitement des dossiers au niveau de la Bad, souhaité intégrer les frais de dédommagement des victimes dans le coût global des projets. Dr Boubou Cissé a aussi suggéré d’en faire de même de la contrepartie malienne, ou de la supprimer du processus. Cela, à cause de la fragilité du pays et des défis énormes auxquels il est confronté, a-t-il justifié. Le chef du gouvernement plaidera aussi pour l’augmentation du personnel local de la Bad, afin de diligenter les dossiers au niveau de l’institution financière de développement. à l’issue de ses travaux, la session technique avait recommandé de surmonter les difficultés observées, de transmettre des documents de projet aux autorités maliennes au moins une semaine avant le démarrage des négociations. Elle a suggéré au gouvernement de finaliser les documents de signature de convention dans les dix jours suivant l’approbation du projet. Les participants ont recommandé la mise en place d’un budget minimum pour qu’un coordonnateur soit choisi dès la préparation du projet pour accompagner l’instruction du projet. Dès l’approbation du marché, ce coordonnateur peut s’atteler à sa mise en œuvre. Aussi, la session technique a préconisé de confier aux Unités de gestion des projets la responsabilité de conduire tout le processus de passation des marchés, avec un représentant des Directions des finances et du matériel comme membre de la commission.

Cheick M. TRAORÉ

Source : l’Essor

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