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Mali, ces rapports qui excluent les tueries des groupes d’autodéfense et de Barkhane

Aucun des rapports de la MINUSMA, y compris le dernier comptant pour le premier trimestre de 2020, ne fait mention des bavures commises par la force française Barkhane et surtout les groupes d’autodéfense contre les populations civiles du Mali. Connivence ou complicité ? L’Armée malienne reste manifestement le seul bourreau en la matière. 

 

Les accusations visant les Forces armées du Mali (FAMA) ne sont pas près de s’estomper. Elles reprennent de plus belle. Début 2017, la Mission multidimensionnelle des Nations Unies au Mali (MINUSMA) s’est engagée à enquêter sur la mort d’un enfant, tué par les forces françaises au Mali puis enterré en catimini. Rien n’y sortira, malgré les faits reconnus lors d’une réunion tenue en comité restreint par la force française elle-même.

Aujourd’hui, à la place de cette enquête, une grosse accusation visant les FAMA sur des exactions commises sur 101 civils entre le 1er janvier et le 31 mars 2020.

La particularité cette fois est que les accusations émanent de la MINUSMA.

Ainsi, dans son rapport trimestriel la Division des droits de l’homme de la mission onusienne indique qu’à Mondoro, frontière avec le Burkina Faso, les FAMA sont responsables de 46 exécutions sommaires, 32 cas de tortures, 32 cas de disparitions forcées, 101 exécutions et 116 arrestations arbitraires.

Les forces nigériennes également sont accusées d’être responsable de 34 exécutions en territoire malien à la frontière avec le Niger.

Quand la grande muette se tait dans un contexte de guerre de communication

L’armée n’a toujours pas bronché face à ces accusations. A la place d’une réplique explicative, elle a opté pour le silence.

Une source proche de l’Armée nigérienne a indiqué à Sputnik que l’Armée va réagir : « c’est en projet ». 

Dans un contexte de crise seules les stratégies de communication mieux élaborées semblent faire effet. « Aujourd’hui tous les écarts sont attribués à notre Armée. Nous ne sommes pas pourtant la seule à opérer sur le terrain », s’insurge Modibo Doumbia, haut responsable de l’Armée malienne, qui n’exclut pas une prise de parole de la grande muette dans les prochains jours.

Selon le Général Souleymane Cissé, expert en stratégie militaire, la multiplication des attaques sinon l’existence des groupes armés et des mouvements d’autodéfense au nord et au centre du pays est l’explication globale de ses écarts imputés aux Armées des deux pays.

« Face au foisonnement des groupes armés dans le centre et le nord du pays, le diagnostic quant aux auteurs des attaques contre civils peut s’avérer complexe au point que la culpabilité est souvent très difficile à établir », soutient Mamadou Sagara, membre de la plateforme d’auto-défense « Dan Na Ambassagou » au centre du Mali. 

Responsabilité partagée

Au centre du Mali, les violences communautaires entre les ethnies dogons et peulhs ont tués plus de 200 civils, occasionnant l’exil pour de milliers de citoyens maliens vivant à Koro, Bankass et Bandiagara, la destruction des moyens de subsistance et la généralisation de la famine.

Un rapport de Human Rights Watch (HRW)  sur les exactions commises par des groupes d’autodéfense dans le centre du Mali diffusé 2019 partagé avec Sputnik signale :

 « Depuis 2015, les groupes islamistes armés se sont propagés du nord vers le centre du Mali, où ils ont exécuté des dizaines de personnes accusées d’avoir collaboré avec les forces de sécurité du gouvernement, ont installé des engins explosifs improvisés de manière indiscriminée, ont contraint des civils à se rallier à leur vision de l’Islam… ».

Selon le document, 202 civils ont été la cible d’attaques délibérées et aveugles menées par des groupes armés. Ces attaques étaient accompagnées de pillages et destruction de maisons et de vivres et de vol à grande échelle de troupeaux.

Devant le fait que le gouvernement malien n’a jamais honoré les promesses faites début 2018 de mener des enquêtes pénales sur les allégations d’exactions, les communautés vivant au nord et au centre du pays ont mis sur pied sur leurs propres mouvements d’autodéfense. C’est le cas de la milice dogon « Dan Na Ambassagou », maitre incontesté de la région de Mopti à qui la population voue une confiance absolue et totale.          

Accusations récurrentes

Pour l’expert Souleymane Cissé (cité plus haut), les Fama subissent des accusations à répétition en raison du fait que les hautes autorités du Mali n’ont jamais mené de bout en bout d’enquêtes indépendantes pour faire la lumière sur certains faits.

Fin janvier 2013 l’armée essuyait ses premières accusations. La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) pointait un doigt accusateur aux forces armées maliennes d’avoir perpétré « une série d’exécutions sommaires ». L’organisation de défense des droits humains révélait ainsi que 11 personnes avaient été tuées à Sévaré au Centre du Mali.

Comme pour enfoncer le clou, le ministre français de la Défense d’alors invitait les forces maliennes à la vigilance :

 « Il faut être extrêmement vigilent et nous comptons sur le sens des responsabilités des cadres de l’Armée malienne pour éviter toute exaction. C’est leur honneur qui est en cause ».

 

Par David Dembélé

 

 

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