Jeudi 29 Octobre 2020
Banniere SAma Money

Nous suivre

C'est Qui Ça ?

GAG

Image marquante

Revers de l’orpaillage sur la Falémé : L’OMVS sonne l’alarme

En plus de jauger le niveau de dégradation en continue des eaux de la Falémé,  la caravane de presse organisée du 06 au 11 mai 2019 par le Haut-Commissariat de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) visait à alerter l’opinion internationale sur le fléau de l’orpaillage et les risques qui guettent le trésor naturel qu’est la Falémé, et au-delà, tout le Fleuve Sénégal.

« Si nous ne nous réagissons pas, les agressions sur la Falémé vont dangereusement entamer notre survie ». Ces mots prononcés depuis le site d’orpaillage de Kolia par le Haut-commissaire de l’OMVS Hamed Diane Semega, arbore un cri de détresse.

Affluent principal du fleuve Sénégal, traversant directement le Sénégal, la Guinée et le Mali, la Falémé est plus que jamais menacée. La pratique de l’orpaillage via un dragage sauvage des cours d’eau, le rejet pernicieux des eaux usées de certaines usines dans le fleuve, les déversions de produits chimiques et toxiques dans le fleuve… sont autant de comportements et d’écarts qui compromettent la qualité de l’eau et donc tue les poissons et autres espèces aquatiques.

La caravane, qui a mobilisé une quarantaine de medias sénégalais et maliens, a débuté par la visite de sites d’orpaillage du Sénégal. Sous la houlette du Haut-commissaire Semega, les délégations se sont d’abord rendus à « Kolia » ensuite « Moussala » sur le territoire sénégalais. S’en est suivi la visite sur les sites de « Sakala Bada » et « Sissinko » relevant du Mali.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Décor triste et affligeant

La visite guidée sur les sites de Doguiba et Moussala du côté du Sénégal a ouvert le bal d’une longue pérégrination qui a souvent failli raviver le doute et le désespoir quant à la survie de la Falémé. Sur les deux sites, les eaux de la Falémé sont empreintes d’une coloration rougeâtre du fait de l’orpaillage et des eaux usées de certaines usines. D’où le patron de l’OMVS s’est montré à la fois préoccupé et inquiet : « J’éprouve un sentiment d’extrême urgence. Le niveau d’agression sur la Falémé est à son summum. Le fait de l’homme contre ce joyau naturel ne saurait être passé sous silence. Il nous faut des actions vigoureuse de communication », annonce l’ancien ministre malien.

A Doguiba, les villageois évoquent une technologie d’orpaillage importée du Mali qui compromet la qualité de l’eau, met en péril les espèces et rend impossible les activités génératrices de revenus dont le maraichage.

A ce triste décor s’ajoute le comportement périlleux des industriels. Différents recoupements ont permis de découvrir que les mines industrielles situées le long de la Falémé ne disposent pas de bassins de traitement de leurs eaux usées.

« Nous voulons susciter une prise de conscience afin que chaque acteur soit à hauteur de responsabilité et que la lutte fasse effet » prévient Semega.

Le village malien de Sokola Bada, dans la commune de Sitakili (cercle de Kénieba) a reçu la visite du Haut-Commissaire et sa délégation. Ici la navigation sur le fleuve est impossible par endroits et ça et là on aperçoit près de 200 cracheurs et une activité intense de dragage du fleuve par les orpailleurs.

Le même décor est perceptible sur un autre site d’orpaillage à Djidian. Une centaine de dragues jonchent le fleuve. Dans un village où les riverains ne peuvent plus mener des activités de jardinage en raison de la pollution sur l’eau, les orpailleurs semblent quand même se frotter les mains et confient que le gramme d’or est désormais cédé à 21000 F CFA. 

« Nous gagnons notre vie ici malgré les difficultés. Nous avons choisi cette activité car l’Etat ne peut embaucher tout le monde », souligne Amara Sidibé (propriétaire de drague sur le site) indifférent à toute information liée à la préservation de l’environnement.

Voilà qui soutend toute la démarche du Haut-Commissariat de l’OMVS qui entend ainsi prendre toute ses responsabilités dans le cadre de la restauration et de la préservation de la Falémé.

A qui la faute ?

La responsabilité semble on ne peut plus partagée entre le Mali et le Sénégal voir ailleurs pour ce qui est des agressions multiformes sur le cours dudit fleuve. Le président des orpailleurs de Kedougou, Moumoudou Dramé, pointe cependant du doigt une technologie importée du Mali par des opérateurs miniers maliens.  « La tendance semble irréversible. Les sénégalais n’avaient aucune expertise dans le domaine de l’orpaillage », regrette-t-il. 

Même argumentaire développé par Youssouf Sarr, membre de la société civile sénégalaise, qui enfonce le clou : « C’est notre milieu naturel qui est menacé. Ce sont les Maliens qui nous fatiguent. Ce sont eux qui ont importés toute la technologie ».

Les activités génératrices de revenu telles que la pêche, l’agriculture et le jardinage sont empêchées. C’est une autre forme de crise qui s’installe peu à peu au sein des localités riveraines.

Selon le Haut-Commissaire Diane Semega, il n’y aura pas de chasse aux sorcières. « L’heure est à la sensibilisation. Cela userons de toutes les stratégies pour ce faire, mais il y a urgence. La sensibilisation devrait précéder toute autre mesure relevant de l’ordre de la répression…».

La caravane de presse s’inscrit effectivement dans ce cadre. Une façon de mettre les media à l’avant garde et de lancer une opération de sensibilisation d’envergure en faveur du fleuve Sénégal. 

Si l’approche de la sensibilisation a prévalu au terme de cette visite, la réunion de synthèse présidée par le Haut-Commissaire de l’OMVS, en présence des gouverneurs et du Haut-Commissaire et des différentes délégations, a bouclé la caravane qui aura tenu toutes ses promesses.

Hamed Diane SEMEGA, a adressé de vifs remerciements aux média qui ont répondu à son invitation et accompagner l’OMVS dans le cadre de la mission de sensibilisation sur l’orpaillage artisanal pratiqué dans la Falémé : « Votre action montre votre grande disponibilité, de curiosité et d’endurance pour cette activité de terrain qui s’est déroulée dans des conditions physiques et climatiques plutôt éprouvantes ».

Le sursaut attendu des Etats et des autorités administratives locales

Dans le processus de préservation et de protection de la Falemé, l’action des autorités administratives locales s’avère indispensable. D’où cette réunion qui a clos les travaux. Cette rencontre qui a convié les gouverneurs de Kayes (première région administrative du Mali faisant frontière avec le Sénégal) et de Kedougou (région administrative du Sénégal) visait à mettre les Etats face à leurs responsabilités.

Selon le ministre Semega, les Etats doivent progressivement œuvrer à harmoniser leurs législations conformément à la Charte de l’OMVS. « En face d’un tel désastre, il faut une réponse collective. L’action d’un seul Etat n’y peut pas ».

Le rôle des Etats faut-il le souligner, passe par la mise en place de mécanismes de veilles à la mise en œuvre effective des recommandations et grandes décisions ayant trait à la préservation et à la protection du fleuve Sénégal.

En attendant que le Fleuve Sénégal recouvre le statut de fleuve international auquel il est promis, la Falémé devrait d’abord être débarrassée de l’ivraie.

 

Par David Dembélé

Envoyé spécial à Kedougou

 

Commentez avec facebook

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Binthily Signs

Binthily Signs propose trois grands modèles d’enseignes. Chacune offre une excellente performance en fonction de votre commerce et des prix défiant toute concurrence : 

Lire la suite

Vents de Chine

Blog

Édito : IBK, une ambition manquée pour le Mali ?

Quelle action imprimer désormais à la marche de l'État ?

Le Mali, en pièces détachées, les positions se cristallisent, la gouvernance orageuse et le peuple meurtri. L'urgence, c'est de sauver la patrie en danger. Tout le reste n'est que littérature. 

Lire la suite

Ecoutez

« DIS ! » Le Débat Interactif du Soir

Thème : Comment éviter les crises post-électorales ?

26 Octobre


JÒ KÓNO

 

Réécoutez votre émission de débat politique en bambara.

Dans JÒ KÓNO, Moussa Timbiné reçoit M. Mamadou Hawa Gassama, ancien Député de Yelimane, membre de l’URD.

20 Octobre

© Dépêches du Mali 2012 - 2020