Vendredi 22 Septembre 2017

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Vol des médicaments dans les hôpitaux : De la souffrance à la douleur des malades

Dans les hôpitaux maliens, les malades sont victimes de manière récurrente de vols des médicaments. Le phénomène prend de l’ampleur.

La liste des victimes des malades des vols des médicaments ne cesse d’augmenter au Mali. Les patients de grands hôpitaux constituent le grand lot de cette pratique qui  prend de l’ampleur. La structure hospitalière la plus décriée est sans nul doute le centre universitaire et hospitalier Gabriel Touré où il est fréquent de croiser des accompagnateurs des malades en larmes, pas à cause de l’état de santé de leurs proches mais plutôt le vol de leurs médicaments acquis au bout d’énormes sacrifices.

Le mois dernier, notre équipe d’investigation est parvenu à rencontrer quelques personnes victimes de cette pratique dans des hôpitaux de référence nationale. Abdoulaye Sow est un commerçant détaillant, admis à la suite d’un accident à l’hopital Gabriel Touré témoigne que ses médicaments ont disparu dans l’urgence. « J’ai acheté plus de 20 000 de médicaments. Quand je dormais sous l’effet des premiers soins, à mon réveil j’ai cherché désespérément mon sachet de médicament en vain », témoigne-t-il. Il est de même que cette dame d’une quarantaine qui accompagne son mari malade des problèmes de traumatologique. Elle s’appelle  Assistan Maiga témoignant que leurs médicaments ont été volés quand elle est partie chercher les résultats d’analyse de son mari. « Avant que je revienne du Laboratoire, j’ai trouvé nos médicaments ont été volatilisés. Nous étions obligés d’appeler les frères de mon mari afin qu’il vient à notre secours pour l’achat  d’autres médicament à hauteurs de 30 000FCFA », lance-t-elle avec les larmes aux yeux. Araba Kamissoko, une cinquantaine, révèle que ses médicaments ont mystérieusement disparu pendant qu’elle recevait un coup de fil.

Qui vole donc des médicaments ?

C’est la principale interrogation. Approchés par nos soins, de nombreux agents de santé dégagent leur responsabilité. Mais curieusement, il existe dans presque toutes les structures sanitaires, un circuit de vente des médicaments tenu par les agents de santé, donc différent de la voie normale qui est la Pharmacie.  Ils prescrivent les ordonnances et demandent aux accompagnateurs des malades de ne pas se rendre à la pharmacie. Sans perdre du temps, ils amènent le lot de médicaments sorti de nulle part et invitent les parents du patient régler la facture qui peut se révéler souvent salée. Les sous prennent la direction des poches de blouses blanches. Ce qui constitue des manques à gagner par des pharmacies, les seules à habiliter à vendre les médicaments. Un patient du nom de Moussa Sissoko a témoigné qu’un agent de santé lui a proposé un médicament à 8000 FCFA alors que l’ordonnance était 13 000 à la pharmacie.

D’où viennent ces médicaments ? Les médecins ou infirmiers les achètent pour revendre après ? Ces médicaments sont-ils volés chez certains patients pour les vendre à d’autres ? Des questions difficiles à répondre. Une chose est sûre, cette pratique n’épargne aucune structure sanitaire de notre pays. Elle existe bien dans les centres de santé communautaire (Cscom) que les centres hospitaliers et universitaires sans oublier les centres de santé de référence (Csrf). Dans les services des urgences des grands hôpitaux, la vente des médicaments par le personnel sanitaire traitant a atteint des proportions alarmantes.Le vol des médicaments est attribué aux médecins stagiaires ou internes selon des sources hospitalières. Par contre des sources syndicales indiquent que les intrus généralement les petits Talibés se mélangent aux accompagnateurs pour dérober des malades de leurs médicaments.

Si le bureau de la communication d’un hôpital affirme que l’administration n’enregistre aucune plainte officielle, il reconnait que les malades se plaignent de cette pratique qui n’honore pas les établissements sanitaires et leur personnel.

M. Fofana

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