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Editorial : La reculade éhontée d’un régime aux abois

Adame Ba Konaré avait pourtant sonné l’alerte. L’ancienne première dame avait dit tout ça avec ses propres mots dans sa Tribune avant de s’attirer les foudres d’un ministre opportuniste agrippé à son strapontin. De mauvais jugements en faute politique, on est arrivé à la Berezina !

Ainsi, la décision d’IBK de jeter l’éponge n’est point anodine. Elle est aussi la résultante de l’implacable rouleau compresseur de la plateforme « An tè A Bana ».

Le mouvement « trop c’est trop », précurseur de ce vent de contestation, était loin était certainement loin d’imaginer qu’il serait rejoint par une marrée de réfractaires au lugubre projet référendaire du président IBK. 

Il en est ainsi de la vie publique. De la vie tout court. Plus un homme s’entête de façon absolue dans une action plus sa défaite est totale !

Le président IBK faisait peine à voir ce vendredi soir. Après des semaines à toiser et mépriser les Maliens, le roi était vaincu, la mine déconfite. Ses vainqueurs, encore habités par la gravité des moments, n’affichaient aucun triomphalisme. Peut-être au fond d’eux-mêmes ressentaient-ils de la commisération pour un chef désavoué, abandonné de la horde du ministre Tapo le bonimenteur, de Moussa Timbiné le député aux mille jurons ; même Baber Gano du RPM ne lui était plus d’aucun secours !

Dans l’immense salle des Banquets, seuls les marabouts et notables faisaient office de béquille sur laquelle le président de la République pouvait encore s’appuyer. Avions-nous besoin de ce spectacle où un chef se rend devant les caméras à l’issue d’un combat sans gloire ? Que non !  Et pourtant la chronique de cette défaite était annoncée !

Des centaines de milliers de Maliens dans la rue le 17 juin. Plus de 10 000 dans un meeting le 03 juillet malgré une interdiction de dernière minute et une campagne outrancière  de démobilisation sur ORTM alias Radio Pyongyang et d’autres stations. Plus d’un million de Maliens à Bamako, dans les régions et dans la diaspora le 15 juillet. Rien n’y fît.

Le président IBK a continué ses concertations biaisées en s’adressant  à des groupes ou corporations qui ne  demandaient rien sur le débat référendaire, en ignorant ostensiblement celles et ceux qui portaient la contradiction du gouvernement.

Qu’avait-il à redouter avec une Cour constitutionnelle accommodante, une gouverneure du District qui avait des arrêtés d’interdiction de manifestation signés à blanc, ne restant qu’à les dater ?

Pourquoi aurait-il perdu son temps à écouter des « fumeurs de joint » quand des leaders musulmans lui avaient fait allégeance pour 07 kilomètre de route et autres babioles ? Le soutien de Macron ne valait-il pas contrepoids à toute contestation intérieure ?

Le chef de l’Etat ignorait sans doute que le sentiment de partialité du Juge constitutionnel ou de l’administration dopait le camp du NON. Que les « fumeurs de joint » croient dur comme fer qu’en démocratie leur voix vaut celle du plus grand marabout. Que Emmanuel Macron est tout à fait estimable et dirige un pays ami du Mali, mais qu’il n’avait pas à dicter l’agenda des reformes au Mali !

Adame Ba Konaré avait dit tout ça avec ses propres mots dans sa Tribune pour s’attirer les foudres d’un ministre opportuniste agrippé à son strapontin. De mauvais jugements en faute politique, on est arrivé à la Berezina !

Le président IBK peut se consoler avec Romain Gary qui disait de la défaite : « mieux vaut perdre que se perdre ». Fort heureusement !

Par D.D (dépêches du Mali) avec Tiefing (l’Aube)

 

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