Mercredi 20 Septembre 2017
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Pénurie : La Grève des gros porteurs asphyxie Bamako

Bamako subit déjà les pires affres de la rupture des denrées de première nécessité. En grève depuis le 22 mai dernier, les gros porteurs semblent décidés à étouffer la vie économique du pays. Ils  ne sont pas près de reprendre du service avant l’accord total par le Gouvernement des doléances déposées depuis 2015.

Tremblement de terre pour beaucoup. Du moins, ceux qui n’ont jamais subi la moindre pénurie. La capitale malienne commence à s’étouffer peu à peu à cause de la rupture des denrées de première nécessité.

Le ton est donné au niveau des stations services où l’essence s’est complètement évaporée. Il n’y a plus de réserve pour ce combustible. Certains détenteurs d’engins se voient obligés de garer. A des centaines de kilomètres d’eux, au niveau des principales portes d’entrées du pays, plusieurs centaines de citernes immobilisées.

A Heremankono, Frontière Mali-Burkina Faso, environ 600 gros porteurs sont aux arrêts depuis 5 jours. Idem pour les autres portent d’entrées du pays, notamment Kouremalé (frontière Mali-Guinée) et Kidira (frontière Mali - Sénégal) où la file des camions se trame sur une longueur de 25 km selon nos sources sur place.

« Les chauffeurs demandent plus de considération pour leur profession, une sécurité sociale et l’arrêt des tracasseries subies de la part des forces de l'ordre. Le mot d’ordre de grève est respecté à toutes les frontières du Mali », nous révèle Sekouba Diallo, secrétaire Administratif du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers (SYNACOR).

Le syndicaliste dénonce le mauvais traitement infligé aux siens et pointe du doigt les autorités pour avoir longtemps cautionnés les tracasseries et la précarité dont sont victimes les chauffeurs.

Des autorités irresponsables !

Les tracasseries routières deviennent un casse-tête chinois pour les gros porteurs. « L’axe Bamako-Hèrèmakono compte une quinzaine de postes de contrôle. A tous les niveaux il faut débourser entre 3000 F CFA en plus du poste de Senou où il faut impérativement payer 10000 F CFA », déplore Moussa Koïta, gros porteur.

Un autre point non moins important des revendications, l’évaporation des carburants qui fait payer aux chauffeurs le lourd tribu. Ces derniers sont sommés par les pétroliers de rembourser la quantité de carburant évaporée lors du transport. « Sur 45000 litres de carburant, 1000 litres s’évaporent inéluctablement lors du transport. Les pétroliers soupçonnent le chauffeur de détournement et l’obligent à rembourser sous peine de le trainer devant la justice », se lamente Sekouba Diallo.

« Même chose pour les sacs de riz ou d’autres denrées dont les quantités n’ont pas été respectées au depuis l’usine ou au port. C’est le chauffeur qui paye le supplément », ajoute-il.

Autre revendication, le traitement salarial. Le chauffeur le mieux payé a à peine 35000 F (soit moins du SMIG). Ce que déplorent les gros porteurs qui aspirent à une vie bien meilleure.

Observé par tous les gros porteurs du Mali, le mot d’ordre est inédit : « Nous sommes des prisonniers libres. Nous en avons vu subi de tous les couleurs. Notre vie n’a plus aucun sens. Trop c’est trop. Raison pour laquelle nous irons jusqu’au bout ».

A l’issue de la première journée de grève observée en début mai 2017, le gouvernement avait donné 10 jours pour donner satisfaction aux doléances des gros porteurs. Hélas !

Il aurait une nouvelle promis de réagir, mais lundi prochain. En attendant les populations broient du noir.

Par David Dembélé

 

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