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Divisés sur la suspension de la grève illimitée : les magistrats se regardent en chiens de faïence

C’est la grande confusion dans la famille des magistrats maliens qui a entamé une grève illimitée depuis le 9 janvier 2017. L’Assemblée générale de ce vendredi 03 février a viré à une véritable dissension intestine entre les magistrats qui désormais se regardent en chiens de faïence

Ce fut l’assemblée générale de la division ! Un vrai rendez-vous manqué donc qui a provoqué une grande fissure entre les magistrats repartis entre quatre syndicats principaux. 

Dans une atmosphère trouble où le seul mot d’ordre a été de poursuivre sans délai le mouvement d’humeur entamé depuis plusieurs semaines, une frange de magistrats s’est octroyée tard dans la nuit de vendredi à samedi le plateau télévisé de l’ORTM, se fendant d’une déclaration faisant état de la suspension du mot d’ordre de grève illimitée.

A la manœuvre, Mohamed Chérif Koné, secrétaire général du Syndicat autonome de la magistrature (Sam), flanqué de son collègue le juge Dramane Diarra. L’orateur, qui a interloqué biens des téléspectateurs, n’a pas porté de gants pour demander à ses collègues de reprendre dès ce lundi 06 février le chemin du boulot. 

Auparavant, un essaim de magistrats principalement des jeunes avaient pris leur quartier au QG du SAM sis à Banamkabougou, conviant la presse pour une mise au point.  Décidant de ne pas suspendre le mot d’ordre de grève, cette composante justifie : « Nous avons trouvé la proposition du gouvernement dérisoire, illégitime et insignifiante ». 

Dénonçant les conditions lamentables des magistrats, occupant souvent le bureau à quatre, Mohamed Maïga estime que l’administration d’une justice équitable passe par là. Son collègue Mahamadou Yattara de décrier la posture du gouvernement jugé réfractaire à l’épanouissement du troisième pouvoir, celui du judiciaire. Du moment où, indique-t-il, l’Uemoa instruit à ses Etats membres l’allocation d’au moins 3% du budget national, le Mali reste à la traîne en allouant à sa justice 0,52%. Et de conclure, « nous avons la justice la plus mal lotie de la sous région. Il faut que nos conditions changent ».

Balayant d’un revers de main l’hypothèse d’un bras de fer avec le gouvernement, ce collectif laisse entendre que la porte du dialogue n’a jamais été fermée.

Points d’achoppement

Au nombre des six points de revendication, la fameuse ‘‘revalorisation de la grille salariale’’. La proposition du gouvernement de procéder à 10%  d’augmentation  pendant  deux ans, c’est-à-dire  5% en 2017 et 5% en 2018, n’a pas trouvé grâce aux yeux des grévistes.

Quant aux cinq autres points, ils sont relatifs, premièrement, à l’application  du décret de l’alignement  de la cour suprême sur les autres institutions de la République. Les grévistes exigent l’application des primes d’eau et d’électricité conformément au décret pris en 2014.

Les magistrats demandent aussi l’application du décret portant octroi d’un siège aux syndicats au sein du Conseil économique, culturel et social. Aussi, demandent-ils l’installation  des chefs de tribunal et de parquet soit désormais  officialisée.

‘‘Nous voulons quelque chose de concret et voulons en finir définitivement  avec toutes ces questions, que l’on ne revienne plus sur les mêmes revendications dans le futur’’, souhaite les grévistes.

La situation reste pour l’heure très confuse. Le Gouvernement rechigne à reconsidérer sa position. Entre temps, les grévistes eux même ne fument pas dans la même pipe au point que la ferveur du combat commun risque d’en pâtir.  

Par David Dembélé

Dépêches du Mali

 

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