Sit-in des clubs contestataires devant la Femafoot hier : *Plusieurs arrestations / *L’impartialité du ministre H.A. Guindo en cause

Publié le 23 avril
Source : Le Républicain

Les clubs «contestataires» (le Djoliba, le COB, le CSD, le CSK, Avenir club de Tombouctou, Sabana AC de Mopti) de l’Assemblée générale ordinaire de la Fédération Malienne de Football (Femafoot), ont organisé hier 22 avril 2015, à la devanture de la Femafoot, un sit-in.

Il s’est soldé par l’arrestation des dirigeants «protestataires» par le 14ème arrondissement. Il s’agit entre autres, de Boubacar Monzon Traoré (président la ligue de football de Bamako), Moussa Konaté (président du COB), Yéli Sissoko, Youba Cissé, Moussa Bah (membres). Ces derniers étaient visibles dans la cour du 14ème. Mais, il faut le dire, on en serait pas là, si le ministre des Sports, Housseini Amion Guindo laissait la Femafoot gérer la situation conformément à la délégation de pouvoir qui lui a été conféré par le département des sport et aux textes de la Femafoot.

Pourquoi ce sit-in? A-t-il été autorisé par les  interdit ? Selon les opposants de la Femafoot, il s’agissait d’exprimer certaines préoccupations à l’endroit la Femafoot. Du côté de la Mairie de la commune IV, la demande de sit-in leur a été adressée le 21 avril à 12h. Ce qui était trop juste pour être validée. «C’est pourquoi, je n’ai pas autorisé le sit-in», déclare le Maire Siriman Bathily. Au niveau de la Femafoot, le secrétaire général, Yacouba S. Traoré, d’ajouter,  «après avoir appris l’information que gens venaient pour empêcher la réunion technique le match du 22 avril 2015 opposant l’As réal et le Stade malien au compte de la 13ème journée du championnat national de ligue 1 et de demander la reprogrammation de la 6ème journée du championnat, journée  au cours de la quelle ils ont signé forfait, la  femafoot a informé les autorités notamment le Ministère des sports». Malgré la lettre que leur a adressée le Ministre des sports le 21 avril 2015 appelant à la retenue pour ne pas troubler l’ordre public,  ajoute le secrétaire général de la Femafoot, ils ont tenté d’empêcher la réunion technique, mais sans parvenir. Là, on les a laissés avec les autorités. «Nous déplorons ces agissements qui ne font pas avancer le football. Et Si nous partons sur la base que tous ceux qui sortent de la fédération ou bien que des ligues et clubs qui ne sont pas contents, empêchent  la tenue des matchs, on ne va jamais s’en sortir », dit Yacouba S Traoré.    

Et si le ministre des Sports restait dans son rôle ?

Cette crise n’est circoncise, car le Ministre H.A.Guindo, qui joue la médiation bien avant la Can 2015, est accusé de  s’immiscer  dans le rôle que la Femafoot doit jouer. Il devait refuser la proposition des «mécontents» de reprogrammer la 6ème journée, n’étant possible conformément aux textes  de la Femafoot dans son article107.2: «l’évocation est le moyen après le match, mais avant son homologation».    

C’est dire que la 6è journée est classée désormais, qu’elle ne pourra être reprogrammée. Etant président du Stade malien de Sikasso, ayant été 3è vice président de la Femafoot, étant membre de la ligue de football de Sikasso, donc n’ignorant certainement pas qu’un match déjà homologué ne peut être rejoué, au lieu de rappeler aux «protestataires» qu’ils sont en porte à faux avec les textes de l’instance dirigeante du football malien, le ministre Housseini, continue d’entretenir le flou dans cette guerre perdue d’avance, en envoyant  une lettre à la Femafoot le 21 avril 2015 à travers le directeur national des sports, afin de reprogrammer la 13ème journée du championnat en ces termes, «Il m’est revenu que des acteurs sont mobilisés pour perturber les activités de la 13ème journée. Contre cette action un vice président d’un club bien connu de la place se propose à son tour d’organiser une réaction. Je suis au regret de constater une tension entretenue avec un niveau de mercure qui ne fait que monter. Aussi, pour éviter tout accrochage ou perturbations qui n’honorent ni le football, ni les dirigeants de ce sport roi, ni les simples pratiquants, je suggère de reporter les activités de cette journée en attendant de trouver un compromis allant dans le sens de l’apaisement général».  Cette note dénote encore une fois le jeu flou d’H.A.Guindo. Car, la délégation de pouvoir donne l’organisation du championnat et de la coupe du Mali à Femafoot. « La délégation du pouvoir veut que le ministre laisse la Femafoot prendre des dispositions pour sécuriser mes matchs. Ce n’est pas à lui d’écrire pour dire de reprogrammer ou d’arrter les rencontres », précise le secrétaire général de la Femafoot, Yacouba S. Traoré. C’est-à-dire, que le ministre ne peut ni reporté, ni reprogrammé les matchs. Leur organisation relève de la Femafoot, sauf s’il y a deux poids, deux mesures. Très efficace depuis son arrivée à la tête du département des sports, énergie qui l’a valu d’être reconduit à ce poste, pourquoi Housseini ne dit pas les choses comme elles sont et ne reste pas dans son rôle ? A-t-il intérêt à ce que la situation prenne une autre tournure après que la Fifa se soit prononcé à deux reprises comme l’eau de roche à la demande des « contestataires » de reprendre l’A.G ordinaire de janvier dernier ?        

Hadama B. Fofana

Source: Le Républicain du 23/04/2015

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