Management des organisations sportives : LE MALI LANCE LE PREMIER RESEAU AFRICAIN

Publié le 07 décembre
Source : L'Essor

L’histoire retiendra que c’est le Mali qui a créé le premier réseau de management des organisations sportives de l’Afrique. Le Réseau national de management des organisations sportives (RENMOS), c’est son nom, a été, en effet, porté sur les fonts baptismaux, samedi dernier dans la salle de conférence de l’Ecole de maintien de la paix, Me Alioune Blondin Bèye.

La cérémonie de lancement s’est déroule en présence de plusieurs personnalités dont le président du RENMOS, Abdel Kader Sangho, le représentant du ministère des Sports, Karim Sangaré, le vice-président du Comité national olympique et sportif (CNOS), Tidiani Niambélé et le représentant du maire de la Commune IV. En fait, le RENMOS existe depuis novembre 2013, mais pour des raisons diverses, il n’avait jusque-là organisé aucune activité digne de ce nom. C’est désormais chose faite et le moins que l’on puisse dire est que les responsables du réseau n’ont pas lésiné sur les moyens pour marquer le coup à l’occasion du lancement officiel des activités de l’association.

Ils ont, en effet, organisé un atelier qui a regroupé l’ensemble des acteurs du sport national et qui était animé par deux éminents journalistes du Mali, Gaoussou Drabo et Sidiki N’Fa Konaté et un expert du Comité international olympique (CIO), Abdel Kader Sangho qui n’est autre que le premier responsable du RENMOS. Deux grands sujets ont été abordés au cours de la rencontre : le management des organisations sportives et le rôle social du journaliste sportif.

Pendant de longues minutes et devant une assistance émerveillée, les deux anciens ministres de l’Information et de la communication, Gaoussou Drabo et Sidiki N’Fa Konaté feront un brillant exposé sur le rôle social du journaliste, un homme qui passe pour être «un miroir» dans notre société et qui se prend lui-même à ce jeu. «Le thème de cet atelier, à savoir le rôle social du journaliste sportif a été choisi il y a un an, donc avant l’éclatement de la crise du football, indiquera Sidiki N’Fa Konaté. Le thème est très important parce que le rôle du journaliste sportif ne se limite pas seulement à parler sport, les journalistes peuvent et doivent jouer un rôle social», ajoutera-t-il, avant d’insister sur le respect de l’éthique et de la déontologie par les journalistes «quelle que soit la situation».

Pour Gaoussou Drabo, le premier défi que doit relever la presse en général et les journalistes maliens en particulier est l’augmentation des compétences. Avec les nouvelles techniques de l’information (internet, réseaux sociaux), expliquera-t-il, «le journaliste ne peut plus se contenter d’informer le public. Il doit être capable de faire des analyses et proposer des éclairages au public. Aussi, insistera Gaoussou Drabo, un journaliste doit toujours avoir le courage de prendre position et être honnête dans l’exercice de sa fonction». Actualité oblige, l’ancien ministre de l’Information et de la Communication fera une petite parenthèse sur le comportement de la presse nationale dans la crise qui secoue le monde du football depuis janvier 2015. «La presse ne doit jamais entrer dans les batailles entre responsables sportifs. Ce n’est pas son travail, martèlera-t-il. Cette crise nous a tous désorientés, je ne m’explique pas la vitesse avec laquelle l’animosité s’est installée entre les protagonistes, comme je ne comprends pas non plus cette attitude qui consiste à couper le pont et à le brûler pour éviter tout contact. Pour moi, la presse peut contribuer à changer ce climat et pousser les protagonistes à renouer le fil du dialogue. Il est temps pour la presse de se racheter et de limiter les dégâts», plaidera Gaoussou Drabo en ajoutant que la crise actuelle «est la plus grave que notre football ait connue depuis 1960».

Auparavant, Abdel Kader Sangho avait fait un long exposé sur le management des organisations sportives et les objectifs du RENMOS qui s’articulent autour du renforcement des capacités des associations pour les rendre plus efficaces. «Le RENMOS, dira son président, se fixe comme objectifs de formaliser les dimensions fondamentales de culture managériale susceptible d’aider à la gestion efficace et au développement croissant des organisations sportives. Le réseau met en avant les valeurs olympiques et les principes de bonne gestion nécessaire pour le bon fonctionnement de nos organisations et associations sportives. Le management du sport, poursuivra Abdel Kader Sangho qui est inspecteur principal des Douanes de son état, permet de relever les nouveaux défis et enjeux stratégiques que sont le renforcement des capacités, la modernisation et le développement organisationnel». Le président du premier réseau africain de management du sport indiquera que le renforcement des capacités des organisations sportives passe par l’élaboration d’une demi-dizaine de principes et méthodes de gestion. Entre autres, on peut citer : la structuration de l’organisation, la gestion stratégique, la gestion des ressources humaines, la gestion des finances et bien entendu le marketing.

Il convient de signaler qu’avant l’ouverture des travaux de l’atelier, les participants ont observé une minute de silence à la mémoire de l’un des doyens de la presse malienne, Abdoul Karim Dravé décédé la semaine dernière.

S. B. TOUNKARA

Source : l’Essor du 07/12/2015

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