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Internet au Mali : Les défis de la gouvernance

Experts, cadres de l’administration et autres usagers ont mené la réflexion pour définir les instruments permettant à l’Etat de réguler l’usage des Technologies de l’information et de la communication.

Un travail indispensable pour ce secteur à fort potentiel de développement

«Le modèle multi-acteurs s’est révélé essentiel pour le développement de l’Internet. Dans des domaines tels que la sécurité ou les questions de confidentialité et des droits de l’Homme, il est clair qu’aucun point de vue unique ne peut résoudre ces questions qui sont par essence transfrontalières et multidimensionnelles. Une approche collaborative et multi-acteurs est sûrement la bonne pratique». Ainsi s’exprimait la ministre de l’Economie numérique et de la Prospective, Kamissa Camara à l’ouverture du Forum sur la Gouvernance de l’Internet au Mali (FGI).

Tenue hier au Centre international de conférence de Bamako (CICB), la rencontre a enregistré la présence du président du FGI, Aliou Badra Traoré, de Koffi Fabrice Djossou, assistant technique à l’Union africaine. De nombreux experts, cadres de l’administration et autres intervenants ont échangé sur le thème central : «Gouvernance de l’Internet pour le développement».

Le choix de ce thème est loin d’être fortuit. En effet, l’Internet compte aujourd’hui plus de quatre milliards d’utilisateurs dans le monde, selon les données de l’Union internationale des télécommunications. Ce nombre élevé d’usagers, selon Aliou Badra Traoré, est un enjeu à la fois politique, économique et culturel. «L’ambition du FGI est de rassembler, échanger, réfléchir et d’impacter l’économie numérique», a affirmé son président, ajoutant que le numérique représente un enjeu de taille pour la croissance et la compétitivité de l’économie nationale.

D’où le choix de la tenue de ce forum qui cadre avec les instruments juridiques internationaux en matière de liberté et de protection de la vie privée des personnes. «La déclaration universelle des droits de l’Homme considère l’accès à l’information comme un droit inaliénable», a rappelé le président du FGI qui a aussi souligné que l’agenda de Tunis de novembre 2005 met l’accent sur le principe de l’éthique dans la gouvernance de l’Internet.

ÉLIMINER LES DÉRIVES- La rencontre d’hier visait la promotion de l’utilisation et du développement de l’Internet. Elle se veut, à cet effet, un point d’échange, de partenariat entre acteurs pour une utilisation éthique et sécurisée des Technologies de l’information et de la communication (TIC), a ajouté le président du FGI. Et Aliou Badra Traoré de préciser ensuite que le forum privilégie la création de contenus de qualité en la matière. A ce sujet, il a dit espérer que les résultats de la rencontre contribueront à réduire la fracture numérique, garantir le respect de la liberté d’expression sur la toile. Le forum devra aussi renforcer la neutralité, le respect de la vie privée et des données à caractère personnel.

Avant de déclarer ouverts les travaux, la ministre Camara a souligné que le Forum sur la gouvernance de l’Internet, en réunissant tous les acteurs de la communauté en ligne, est un espace d’échange afin de définir les meilleures pratiques en termes d’utilisation de la toile mondiale. Mme Kamissa a laissé entendre que la multiplication des FGI a permis le partage de solutions concrètes à des problèmes tels que la cybersécurité, les courriers indésirables ou spams, la protection des enfants en ligne, etc.

Le Mali, confronté à un problème sécurité grave, espère que les TIC contribueront à améliorer la gouvernance, tout en restant respectueux des libertés fondamentales. «Nous attendons de vous des recommandations fermes pour limiter voire éliminer les dérives liées à l’utilisation de l’Internet. L’éthique et le respect de la vie privée et de la dignité humaine doivent être au centre de vos discussions», a invité la chef du département de l’Economie numérique et de la Prospective. Spécialiste en gouvernance de l’Internet, Moussa B. Tamboura a affirmé que le cadre d’utilisation de l’Internet n’est pas encore créé au Mali. Les gens se sont jetés dans l’utilisation de ces outils sans en comprendre les enjeux réels. Comme solution face aux défis du numérique, le spécialiste prône une sensibilisation efficace et une éducation citoyenne d’envergure sur le numérique. L’éducation qui, selon lui, doit d’abord commencer à la maison, puis à l’école avant d’être élargie à toute la société malienne.

Amadou B. MAÏGA

Source : l’Essor

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