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Protection de l’environnement : La contribution des universitaires

Notre pays ne reste pas en marge des débats sur la protection de l’environnement, et s’inscrit dans une posture de sensibilisation sur la question.

Ainsi, dans le sillage de la Semaine de la diplomatie climatique, le Laboratoire de sylviculture et d’économie forestière (LSEF) et le Laboratoire d’études et de recherches en droits, décentralisation et développement local (LERDDEL), ont organisé, il y a une semaine, une conférence-débat à la Faculté de droit public sur le thème : « Le profil environnemental du Mali ». La rencontre était organisée en collaboration avec la Délégation de l’Union européenne (UE).

La rencontre était présidée par le vice-recteur de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB), Bouréma Kansaye, en présence de l’ambassadeur de la Délégation de l’UE à Bamako, Bart Ouvry.

Dans une communication sur « l’état des ressources naturelles et de l’environnement », le Pr Souleymane Diallo, coordinateur du LSEF, a expliqué que le profil environnemental d’un pays est une sorte de carte d’identité environnementale à un instant précis. Il est destiné à aider les acteurs à restaurer, protéger et gérer leurs ressources naturelles et aménités environnementales du pays. Le profil environnemental est aussi destiné à hiérarchiser les enjeux dans la perspective d’un aménagement et développement soutenable.

Le conférencier a expliqué que notre pays a abondamment de ressources en eau renouvelables qui le placent parmi les pays excédentaires (9065m3/an/habitants en 2012). Et d’ajouter que la biodiversité, les ressources pastorales, les terres agricoles et la production halieutique qui oscille entre 50 à 110.000 tonnes par an, sont d’autres ressources naturelles dont dispose notre pays.

Selon lui, « cette abondance constitue un atout pour le développement à condition de le gérer correctement. Dans notre pays, la mauvaise gestion dégrade nos ressources en eau renouvelables, la qualité de nos eaux souterraines, terres et ressources forestières», a-t-il relevé. Et de préciser que selon la direction nationale des Eaux et Forêts en 2018, les feux de brousse ont augmenté significativement d’environ 4,4 millions d’hectares en 2015/2016 à 5,3 millions d’hectares en 2016/2017.

L’enseignant-chercheur a formulé quelques recommandations pour faire efficacement face à la dégradation environnementale, notamment appliquer correctement la législation environnementale, et associer aux projets routiers des projets de production de bois-énergie dans les villages au bord des routes.

L’autre communication a porté sur « les contraintes de la mise en œuvre du droit de l’environnement dans notre pays ». Le Dr Diakalia Sidibé a énuméré des contraintes, notamment l’inefficacité des moyens de contrôle, les facteurs sociologiques, la non codification qui ne permet pas une plus grande lisibilité et accessibilité au droit. Il y aussi la centralisation des pouvoirs et l’instabilité politique et sécuritaire.

Pour le vice-recteur, le débat permettra à ces établissements supérieurs d’avoir une vie animée et de contribuer à la sensibilisation pour la protection de l’environnement. L’ambassadeur de la Délégation européenne à Bamako a souligné le rôle de la jeunesse dans cette lutte contre la détérioration de notre environnement. Abordant l’épineuse question de l’assainissement à Bamako, Bart Ouvry a promis de mettre tout en œuvre pour faire avancer certains dossiers dans ce domaine.

Mohamed D. DIAWARA

Source : l’Essor

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