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Netflix : nirvana pour les téléphages, danger pour la télé

Netflix, une plateforme américaine de diffusion de contenu audiovisuel par internet, arrive en France ce lundi.

Son faible coût pour les abonnés et la richesse de son catalogue en font une menace pour tout le secteur. Nous avons interrogé plusieurs personnes témoins de la Netflix-mania. Le PAF a du souci à se faire.

Netflix ! Au pays d’Astérix et d’Obélix, ça sonne comme un nom gaulois mais c’est bien d’un envahisseur dont il s’agit, du moins dans l’esprit des opérateurs français de l’audiovisuel, tous à la recherche d’une potion magique qui leur permettrait de résister à cet Ovni venu d’outre-Atlantique et qui débarque dans notre pays (et simultanément en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, en Allemagne et en Autriche), ce lundi 15 septembre. Partout où Netflix s’est installé, il a rencontré le succès, à commencer par les Etats-Unis où il a conquis plus d’un Américain sur dix (déjà plus de 36 millions d’abonnés).

Pour un tarif défiant toute concurrence (entre 7,99 et 11,99 euros suivant la formule choisie), les utilisateurs français de Netflix vont avoir instantanément accès à des milliers de films, à une pléthore de séries et à une surabondance de documentaires en streaming (diffusion en flux continu). Les téléphages en auront donc pour leur argent, d’autant qu’ils pourront regarder ce qu’ils veulent, sur toutes sortes de supports. Seuls bémols, mais de taille quand même : pas de programmes en direct et aucun film sorti en salle lors des trente-six derniers mois. Reste que le produit est tellement attractif que de plus en plus d’utilisateurs se désabonnent du câble ou se passent désormais simplement de la télé. État des lieux..

Montréal : Une télé ? Pour quoi faire ?

« Netflix, c'est super, mais ... », prévient Aude, une Française installée depuis une dizaine d’années à Montréal au Québec, après avoir vécu en Suisse et aux Etats-Unis. Caractéristique propre à faire trembler publicitaires et annonceurs : Aude et sa famille sont en rupture avec la religion cathodique. Ils n’ont plus la télévision ! « Je ne sais pas comment se fera la sélection de films disponibles en France, s’interroge-t-elle, mais je trouve quand même le choix de films étrangers sur Netflix - autrement dit les films non-américains en ce qui nous concerne - limité à des films très grand public ».

Peu satisfaite du choix en matière de cinéma, Aude est en revanche très attachée à Netflix en raison de son offre extrêmement diversifiée. « Netflix,c'est notre premier réflexe télé. Et si on ne trouve rien qui nous plaise, alors on va sur iTunes ! » Conséquence, cette jeune quinquagénaire, autrefois cinéphile assidue, fréquente beaucoup moins les salles obscures. « C'est clair que nos soirées cinéma sont devenues de plus en plus rares, sauf en cas de canicule sur le Québec, quand on a besoin d’air conditionné ! [l’été, il peut faire très chaud à Montréal, ndlr] ». Quant au fameux algorithme qui est censé orienter les choix en fonction des visionnages passés, là, c’est le grand écart. Et c’est assez facile à comprendre : « cet algorithme, s’amuse Aude, il est peut-être perdu entre les films d'action de Michel [son compagnon, ndlr] et mes comédies romantiques.Alors je me base surtout sur les nouveautés ». Et pan sur l’algorithme !

Copenhague : Panique chez les opérateurs

Arrivé au Danemark en 2012, Netflix y a rencontré un succès immédiat. « Selon l'institut de sondage Gallup, 29 % des ménages danois ont au moins un abonnement à un service de télévision via une connexion internet avec un accès de films et séries à la demande », nous précise Sung-shim qui réside à Copenhague mais qui n’a pas encore pris d’abonnement pour le moment. « Ce chiffre, précise-t-elle, devrait encore s’accroître puisque 10 % de ceux qui ont répondu à l'enquête projettent de prendre un abonnement dans les prochains mois, avec Netflix comme premier choix. Mais ils continuent à utiliser les services gratuits de la chaîne publique », précise-t-elle.

Reste que l’arrivée de Netflix au Danemark a considérablement modifié le paysage audiovisuel local, confirmant les craintes des grands opérateurs. Le directeur de  Tele Danmark Communications (TDC), historiquement la plus grande entreprise de télécom au Danemark, a déclaré récemment que Netflix était « en train de nous tuer ». Comme cela se dessine en France, les Danois sont donc en train d'aménager leurs offres « pour que l’audience soit prête à payer plus chers les services existants, en proposant plus de divertissements et en permettant une plus grande flexibilité dans les packages de chaînes », explique Sung-shim.

Chicago : Et pour quelques dollars de moins

Expatrié aux Etats-Unis depuis une trentaine d’années et installé à Chicago depuis plus de quinze ans, Jean-Marc n’a cédé à la tentation Netflix qu’il y a six mois. « La sélection de films n’est pas terrible, confirme-t-il, surtout en ce qui concerne les films étrangers. En revanche, ils commencent à produire leurs séries comme House of Cards et là, c’est très intéressant et même de très grande qualité ». Un peu serré aux entournures financièrement, Jean-Marc précise : « ce qui fait la différence ici, c’est le prix élevé du câble et le manque de compétition des fournisseurs d’accès ».

Il faut le savoir : aux Etats-Unis, l’abonnement à l’équivalent américain d’un boîtier « triple play » revient beaucoup plus cher qu’en France. « À Chicago par exemple, détaille Jean-Marc, téléphone + internet + l’équivalent de la TNT, cela revient à 180 dollars par mois : au moins 60 dollars pour l’internet, 90 dollars pour l’équivalent de la TNT et 30 dollars pour la ligne de téléphone fixe. Et c’est compter sans les chaînes payantes comme HBO ou Showtime ». Par souci d’économie, ce photographe professionnel vit donc sans télévision. Comme Aude à Montréal.

« Etant donné que je ne peux pas me passer d’internet et que je ne regarde plus la télé, j’utilise Roku pour me connecter à Netflix et aux autres chaînes en streaming ». Encore inconnu en France, Roku est un petit boîtier vendu 45 dollars qui diffuse directement du contenu depuis internet (films, émissions de télévision, musiques, sport en différé etc.). « Avec Roku comme intermédiaire entre TV et Internet, je paie 60 dollars pour internet plus 7,99 dollars pour Netflix. Je fais pratiquement une économie de 100 dollars par mois ! ». Seul inconvénient pour cet amateur de sport : pas de match des Chicago Bulls ou de Premier League anglaise de football en direct. Mais on ne peut pas tout avoir. Et puis le bar du coin, avec ses écrans multiples, n’est pas si loin...

Seattle : Vive la liberté !

A Seattle, Virginie, une autre expatriée française, est pour sa part une inconditionnelle de Netflix. Pratiquement depuis la première heure. « J’utilisais déjà leur service de livraison sous enveloppe, se souvient-elle, car cela résolvait les problèmes quotidien de location de DVD : horaires d’ouverture du magasin, DVD rendus en retard, etc. Je voulais aussi voir si je pouvais supprimer mes abonnements de câble et les remplacer par Netflix pour trois raisons essentielles : pas de pub, le large choix du contenu et le coût beaucoup moins élevé. C’est moins cher qu’une place de cinéma ! Enfin, reconnaît-elle, j’en avais assez de ne pas retrouver les films et séries télé que j’avais manqués ».

Pour Virginie, Netflix n’offre que des avantages : « Sur un plan purement technique, la qualité est supérieure à beaucoup d’autres services disponibles à l’heure actuelle : vitesse de streaming, pureté du son, netteté de l’image, pas d’interruption de service, sauf si votre service internet est interrompu, bien entendu ». Contrairement aux autres intervenants, Virginie est aussi très satisfaite des contenus, dans leur totalité : « Les contenus offerts sont très variés avec un très bon mix de séries télé, films (classiques et nouveaux), films étrangers, dessins animés, etc. Sans parler des séries originales que Netflix développe et qui sont d’excellente qualité comme House of Cards ».

Autre atout pour cette Seattleïte enthousiaste : la distribution des images, qui peut s’effectuer sur toutes les plateformes, mobile, console, internet, téléviseur. « Cela me permet de commencer à regarder un film à la maison, puis d’aller à la salle de sport, par exemple, et de finir de regarder ce même film sur ma tablette ou mon téléphone ». Netflix, c’est bon pour la tête et les jambes, en somme. Alors, les habitudes de Virginie ont-elles changé, au fil des ans, avec Netflix ? « Oui, dit-elle. Je passe plus de temps a regarder des films, des séries télé et des documentaires sur Netflix que des programmes de télévision proprement dits. La raison est très simple : je peux le faire quand je veux. Et regarder la quantité que je veux ».

« Le changement le plus notable, analyse-t-elle, c’est pour les séries télé. Maintenant, si une série est de bonne qualité, je préfère attendre que plusieurs saisons soient sorties pour les regarder bout-a-bout ». Adepte du binge watching (1), Virginie ? « Non même pas. C’est surtout que l’on suit mieux le déroulement de l’histoire, de cette façon ». Et le cinéma alors, elle y va encore à Seattle ? La réponse est « oui » mais, désormais, la demoiselle est plus sélective : « Je vais toujours au cinéma mais essentiellement pour voir les films qui gagnent à être vus sur grand écran. Un grand écran et une grande salle, cela fait encore la différence ». Ouf, voilà les producteurs de films (un peu) rassurés.

Paris : Dans la quatrième dimension

Lisa, elle, est un cas à part. Abonnée à Netflix aux Etats-Unis, elle est rentrée définitivement en France il y a quelques mois, pour raisons professionnelles. Mais elle continue à regarder des films et des séries sur Netflix. Oui ! Ici. En hexagone ! Et comment est-ce possible ? « J’ai gardé un compte-bancaire aux Etats-Unis et mon abonnement est toujours débité là-bas. J’ai juste eu à télécharger un logiciel qui s’appelle Hola ! et je peux continuer à visionner des films et des séries sur Netflix sans aucun problème, sur mon ordinateur, à Paris comme en province ».

Grande consommatrice de séries et de documentaires, Lisa s’était aussi abonnée à Netflix pour son côté « mieux disant culturel ». « En tant qu’expatriée française aux Etats-Unis, ça m’intéressait car j’avais accès aux films français mais aussi à la mémoire audiovisuelle américaine ». Elle s’explique : « Je suis très fan des documentaires, en particulier ceux diffusés sur la chaîne publique PBS. Et là, Netflix, c’est une mine ! J’ai regardé dernièrement une série sur les origines du jazz et c’était extraordinaire ! »

Comme beaucoup, cet ex-expat’ s’est délectée des séries maison comme House of Cards, Orange Is The New Black et récemment Cosmos, la suite de la série documentaire culte produite par Carl Sagan en 1980. « C’est époustouflant ! », s’émerveille-t-elle. Moins époustouflant en revanche, de son point de vue : le choix des films, on y revient toujours. « La sélection n’est pas terrible pour les films, je trouve. Un exemple : je fais une recherche « François Truffaut » et Netflix ne me propose rien d’autre que « Truffaut/Godard : le doc », un documentaire consacré aux deux metteurs en scène. Mais pas un seul de leurs films ! ».

« En revanche, poursuit-elle, je viens de voir « Jeune et Jolie » de François Ozon, qui est passé en juin sur Canal Plus, dix mois après sa sortie ». Sur Netflix-France, il aurait fallu que Lisa patiente jusqu’en juin 2016, trois ans après la sortie du film d’Ozon. Sinon, quelques péchés mignons ? « Oh oui. Il y a quelques semaines, je me suis carrément laissée aller au binge watching : l’intégrale de The Twilight Zone [La 4e Dimension, ndlr]). Un vrai régal ! ». Et si le CSA lui faisait couper le robinet Netflix-USA une fois Netflix-France démarré ? « Aucune idée. Je ne sais pas si je continuerais ou pas. On verra bien ». Il faut dire que Lisa a d’autres priorités : elle attend la naissance de son premier enfant.

Source : rfi.fr

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Commentaires   

0 #2 Moses 27-11-2015 14:58
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0 #1 blog.streaminghd.fr 27-11-2015 04:41
regarde twilight 3 streaming sur http://blog.streaminghd.fr/twilight-1-2-3-4-et-5-2

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