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Dépôt de transit de Lafiabougou : LA FIN PROCHAINE D’UN CAUCHEMAR ÉCOLOGIQUE

Ce dépôt d’ordures avait atteint 700.000 m3 avec ses conséquences sanitaires. Toute chose qui a emmené l’Etat à évacuer cette montagne de déchets et à entamer la construction d’un dépôt moderne

Sa charrette surchargée de déchets à ciel ouvert, Oumar démarre en trombe après le passage du feu tricolore au vert. Il fait tomber au passage sur la route des amas de déchets, la charrette allait vite. Celle-ci fait partie de la centaine de charrettes qui mettent le cap tous les jours sur le dépôt de transit de Lafiabougou. Lequel reçoit chaque jour 1000 mètres cubes de déchets,  dont l’évacuation quotidienne achoppe sur des questions de financement, de moyens logistiques, d’insuffisance de dépôts transitoires (selon certains spécialistes, il en faut 30 dans la capitale)…

«La gestion  des ordures à Bamako est confrontée à des défis d’ordre financier, des problèmes fonciers. Initialement, il y avait 20 dépôts pour chaque commune, ce qui faisait donc 120 dépôts transitoires pour les 6 communes. Aujourd’hui non seulement les populations ont augmenté, mais les dépôts ont diminué»,  explique Drissa Traoré, chargé des questions d’assainissement au ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable.

Le dépôt d’ordures de Lafiabougou avait atteint 700.000 m3 avec ses conséquences sanitaires. Toute chose qui a incité l’Etat à entrer dans la danse pour évacuer cette montagne de déchets. Résultat, en avril 2017, le dépôt avait été réduit en terrain plat, une cérémonie avait été organisée pour la réception. L’opération aura coûté plusieurs millions de Fcfa. Le président de la République et le Premier ministre d’alors ont joué un rôle déterminant dans cette opération, a assuré le ministre de l’Environnement de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Kéita Aïda M’Bô. Depuis son département s’est proposé de brûler toutes les têtes de l’hydre pour qu’elles ne repoussent plus. Le ministère a ainsi projeté  de faire du site de Lafiabougou un dépôt de transit «moderne». Le site est en chantier. L’infrastructure s’érige lentement sous l’œil impatient des riverains. Si l’évacuation quotidienne de ce dépôt transitoire reste toujours un défi, le nouveau dépotoir qui pousse des terres  changera la vie des riverains. «Ce sera un dépôt de transit moderne clôturé. Il y aura une maison de gardien, un magasin, une plateforme avec des emplacements de caissons. Quand le véhicule entre, il déverse dans les caissons qui seront évacués vers la décharge finale», nous décrit Oumar Camara, chef service de l’assainissement et du contrôle des pollutions à la mairie de commune IV. « Une aire pour le parking, un espace vert avec des banquettes. Pas de dépôt par terre, les déchets seront mis dans les caissons et ne vont que transiter et non séjourner», ajoute-t-il. Cet embellissement mettra fin au cauchemar que vivent les populations riveraines.

Ces futures installations préviendront aussi un souci de taille : la contamination des ressources hydriques. «Quand on regarde la nature des déchets, qui sont souvent biomédicaux et qui arrivent par infraction dans les dépôts de transit, c’est tellement évident, ça dégrade le sol, les eaux souterraines», regrette Oumar Camara. «Quand il pleut sur le dépôt, l’eau pénètre dans la nappe phréatique qui n’est pas profonde. Elle la pollue donc. Il faut prévenir, car on sait que quand une nappe d’eau est polluée, il faut 5000 ans pour la dépolluer. Il faut éviter que cela arrive. C’est ce que va permettre le dépôt moderne en chantier», détaille le spécialiste Drissa Traoré qui tient à préciser que la nappe d’eau n’est pas encore polluée, mais ça pourrait l’être à long terme. C’est pour cela que le dépôt en chantier est salvateur.  Par ailleurs, notre interlocuteur a précisé que les eaux environnant les dépôts sont soumises à «une analyse régulière».

Ce contrôle est effectué pour éviter les sinistres comme le cas des 12,6 millions de personnes qui sont décédées en 2012 pour avoir vécu ou travaillé dans un environnement insalubre, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Toujours selon la même source, 8,2 millions de décès consécutifs aux maladies non transmissibles sont attribuables à la pollution de l’air.

Khalifa DIAKITÉ

Source : l’Essor

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