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Journée mondiale de lutte contre la désertification : L’APPEL DE OUAGADOUGOU POUR LES EMPLOIS LIÉS À LA TERRE

L’initiative vise à promouvoir des partenariats afin de réhabiliter 10 millions d’hectares de terres dégradées et créer 2 millions d’emplois liés à l’exploitation durable des terres pour les jeunes, les femmes et les migrants

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a pris part, hier, dans la capitale burkinabé à la célébration de la 23è Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse sous le thème :  »notre terre, notre base maison, notre futur ». Il était en compagnie de ses pairs du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, et du Niger, Mahamadou Issoufou. Ensemble, les trois chefs d’Etat ont lancé l’Appel de Ouagadougou à l’action sur les emplois liés à la terre en Afrique. Il s’agit là d’un front commun pour lutter contre la désertification et la sécheresse et dont la concrétisation requiert l’appui des partenaires de la communauté internationale. En effet, d’importantes ressources financières sont nécessaires pour investir dans la mise en œuvre de l’initiative des 3S (soutenabilité, stabilité et sécurité en Afrique).

L’objectif de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la désertification est de sensibiliser le grand public sur les conséquences de la dégradation des terres et la désertification (notamment l’insécurité alimentaire, la migration, la pauvreté et les conflits) afin de réinvestir dans la terre en vue d’accroître la résilience des populations.

Le thème de la journée est formulé pour attirer l’attention du monde rural sur le rôle central que peuvent jouer les terres productives afin de freiner la vague croissante des migrants, contraints d’abandonner leurs terres non productives. Les terres productives sont, en effet, une assurance pour la création de richesses.

La célébration de cette journée mondiale fut l’occasion de la tenue d’un colloque de haut niveau sur la soutenabilité, la stabilité et la sécurité, qui a mobilisé au moins un millier de participants venus du Burkina Faso, du Mali, du Niger. Ont également participé à cette rencontre des ministres des pays de la sous-région, la secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification et des représentants de diverses institutions régionales africaines et mondiales (Union Africaine, CEDEAO, G5 Sahel, CILSS, UEMOA, CENSAD, Autorité du Liptako-Gourma, etc).

L’Appel à l’action de Ouagadougou sur les emplois liés à la terre en Afrique vise à promouvoir des partenariats afin de réhabiliter 10 millions d’hectares de terres dégradées et créer 2 millions d’emplois liés à l’exploitation durable des terres pour les jeunes, les femmes et les migrants. Les pays africains sont appelés à créer les conditions nécessaires au développement de nouvelles opportunités d’emploi en identifiant les sites, où les droits fonciers ou d’accès à la terre peuvent être renforcés et accordés aux groupes vulnérables et socialement à risque.

L’initiative des 3S bénéficiera certainement de l’appui de la communauté internationale. Il y a quelques semaines, les dirigeants du G7 ont déclaré que la sécurité, la stabilité et le développement durable de l’Afrique font partie de leurs plus hautes priorités. Aussi, lors du sommet de Berlin sur le partenariat G20-Afrique, la nécessité a été  reconnue par les participants d’accorder un rôle clé à l’initiative des 3S pour l’emploi de jeunes en milieu rural. L’idée est d’offrir des options aux populations rurales en leur donnant la possibilité de rester chez eux ou d’y revenir, s’ils le souhaitent dans le cadre de la gestion de la problématique de l’émigration clandestine et de l’autonomisation de la femme.

Dégradation des terres. L’occasion était donc opportune pour le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, de répondre à l’invitation du président du Faso pour souligner son engagement dans l’initiative africaine des 3S. Le Mali est un pays au climat essentiellement semi-aride,  confronté à des conditions agro-écologiques relativement difficiles. On constate chaque jour, la dégradation des terres à cause du surpâturage, des feux de brousse, de l’ensablement du fleuve Niger. Mais le secteur rural demeure la base du développement socio-économique, car l’agriculture, l’élevage et la foresterie occupent plus de 80 % de la population et génèrent les 2/3 de la richesse nationale.

La population, majoritairement rurale, à plus de 70 %, vit aux dépens de l’exploitation des principales ressources naturelles que sont l’eau, les sols, les forêts et les pâturages. La dégradation des terres met donc en péril toute l’économie, et partant, la stabilité socio-politique de notre pays déjà très sensible depuis 2012.

On estime, qu’entre 2015 et 2035, le nombre de jeunes augmentera d’un demi million par an. Il y aura donc une forte concentration de jeunes à la recherche d’opportunités d’éducation et d’emploi. Aussi, sur les 330 millions de jeunes Africains supplémentaires qui entreront sur le marché du travail au cours des 10 prochaines années, 200 millions vivront dans les zones rurales et environ 60 millions de personnes risquent d’être contraintes d’abandonner les terres dégradées.

C’est pour faire face à cette perspective que notre pays a déjà commencé à mûrir des initiatives internationales et sous-régionales qui ont pour objectif de lutter contre la désertification et de promouvoir la gestion durable des terres comme la Grande muraille verte pour le Sahel et le Sahara. Le Mali est également membre du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). En plus de tout cela, notre pays a pris des mesures politiques importantes au niveau national pour lutter contre la dégradation des terres. A ce propos, on peut citer l’adoption des stratégies et plans d’action mettant en exergue les solutions idoines permettant de veiller à ce que la gestion des terres reçoive la priorité et soit mieux prise en compte dans les investissements stratégiques en vue de lutter contre la dégradation des sols, la désertification et l’ensablement du fleuve Niger et de ses affluents, du transfert efficace de la gestion des ressources naturelles aux communautés dans le cadre de la politique nationale de décentralisation, de la coordination efficace des programmes de gestion des terres et de l’environnement par l’Agence pour l’environnement et le développement durable (AEDD).

(Cellule de Communication

Présidence de la République)

Source :  l’Essor                                                                                                                                                           

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