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Rapport de la Minusma sur le bombardement de Bounty : Le mutisme de la classe politique et de la société civile

Près de 10 jours après la publication du rapport sur le bombardement de Bounty par la Minusma, la mission onusienne au Mali, la classe politique et la société civile sont terrées dans un silence indescriptible.

Incompréhensible et révoltant ! Près de 10 jours après la publication du rapport de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), accusant la force Barkhane de bavure, ni la classe politique encore moins la société civile n’a encore donné de la voix. À croire qu’elles sont devenues soudainement aphones. Seuls, le parti SADI, l’association Tabital Pulaaku, l’AMDH et une partie de la presse nationale ont demandé des explications.

L’écrasante majorité de la classe politique et celle de la société civile sont restées muettes comme des carpes. Un silence troublant et inquiétant que certains assimilent à une couardise. Car sans être ni une Bible encore moins le Coran, le rapport de la Minusma est assez édifiant sur la frappe aérienne du 03 janvier de la force Barkhane.

Puisqu’il bat en brèche l’argument avancé par l’opération Barkhane et le ministère malien de la Défense selon lequel ils n’ont tué que des terroristes lors du bombardement. Ce qui se révèle être faux selon la Minusma qui indique que ce sont bien des civils qui étaient réunis pour un mariage.

Ce rapport de la mission onusienne au Mali confirme les informations publiées par une partie de la presse malienne dont le journal Wagadu qui, dans son N°80 du 13 janvier, titrait : «Des zones d’ombre persistent sur les frappes aériennes sur Bounty : des thèses qui confirment les versions de la bavure militaire». Dans son article, votre hebdomadaire préféré révélait déjà que les victimes étaient de simples civils venus participer à un mariage au domicile d’un certain Hama Idiarra Diallo.

Le déni de la réalité

Aujourd’hui, avec la publication du rapport de la Minusma, il ne fait guère de doute que la force Barkhane a commis une bavure, même si les autorités françaises et maliennes soutiennent le contraire. Ce qui n’est d’ailleurs pas surprenant.

Toutefois, en ne laissant entrevoir aucune erreur, l’attitude des autorités françaises et maliennes frise le mépris et le déni de la réalité. Conséquence : un risque d’accroissement de la méfiance entre les forces de l’ordre et les populations déjà au zénith n’est pas à exclure. Par contre, en reconnaissant la bavure, les autorités permettront aux proches des victimes de faire leur deuil et ouvrir la voie à une réparation.

Si la posture des autorités militaires des deux pays est tout sauf une surprise (puisqu’elles défendent leur chapelle), le silence de cathédrale observé par l’écrasante majorité de la classe politique et celle de la société civile est quand même troublant et désolant. C’est d’autant plus décevant qu’elles, si promptes à réagir à tout bout de champ, n’ont même pas dédaigné faire un communiqué ; ne serait-ce que pour demander l’ouverture d’une enquête indépendante comme le recommande d’ailleurs la Minusma.

Ce qui est encore désespérant, c’est que même la ribambelle d’associations composées majoritairement de faux nationalistes, qui vociféraient à longueur de journée sur le boulevard de l’indépendance, pour demander le départ des troupes étrangères du Mali, est également rentrée dans les rangs en clouant son bec. Eux qui ne rataient aucune occasion, même les plus futiles, pour dénoncer la présence des forces étrangères au Mali.

Que s’est-il passé entre-temps ? Difficile de répondre à cette question. Ce qui est sûr, leur silence assourdissant laisse croire que les 19 personnes tuées à Bounty lors de la frappe aérienne du 03 janvier ne sont pas importantes. Ce qui est très dommageable puisqu’il laisse entrevoir un Malien à part et un Malien à part entière.

Sous d’autres cieux, cette bavure de la force Barkhane ne passerait jamais inaperçue. C’est le cas en France où l’opposition a immédiatement demandé des comptes aux autorités. C’est ce qu’ont aussi réclamé l’ADMH et d’autres organisations de défense des droits de l’Homme. «Il est urgent de mener une enquête judiciaire indépendante sur les frappes à Bounty», écrivent-elles dans un communiqué conjoint en date du 1er avril.

Aujourd’hui, le peuple malien se sent abandonné et trahi par le triste spectacle offert par l’écrasante majorité de la classe politique et de la société civile. Car il ne comprend pas son apathie face à la bavure de la force Barkhane. A-t-elle peur des représailles des autorités françaises ? Ou se moque-t-elle éperdument de la vie des Maliens au nom desquels elle affirme agir ?

Dans l’un ou l’autre cas, elle doit sortir de son silence pour ne serait-ce que faire un communiqué pour réclamer l’ouverture d’une enquête.

Abdrahamane SISSOKO

Source : Le wagadu

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