Autrement dit : Les incohérences de Manassa

Publié le 24 octobre
Source : Nouvelle Libération

Avec elle, ne soyez étonnés de rien. Elle est capable d’une chose et de son contraire du jour au lendemain. «D’insécurité résiduelle» en 2017, voilà comment la présidente de la Cour constitutionnelle résume l’état de notre pays en 2019 :

«Aujourd’hui, les piliers de celle-ci (la République, s’entend) sont fortement fragilisés par la crise multidimensionnelle qui prévaut dans notre pays».

Ces propos sont tenus par celle qui a une grande part dans la dérive du Mali, en ce moment, pour avoir tenté un référendum impossible, cautionné, encouragé et soutenu une élection présidentielle contestée de toutes parts, dans une lettre qu’elle a adressé à l’ancien président de la République Alpha Oumar Konaré qu’elle invite à participer aux initiatives en cours, en faveur du retour de la paix, la cohésion nationale et tout le reste.

Comme un mea-culpa qui ne dit pas son nom, elle rappelle les prérogatives de «sa Cour», ses responsabilités et celles d’Alpha Oumar Konaré, en tant qu’ancien président de la République, ancien chef de l’Etat. Il appelle ce dernier au «dépassement de soi».

C’est à peine si elle ne court pas s’agenouiller les mains derrière le dos pour prier AOK, afin qu’il descende dans l’arène nationale pour aider à trouver une solution à la crise multidimensionnelle -qu’elle reconnaît finalement- ; elle qui a juré sur tous les saints que le Mali ne vit qu’une «insécurité résiduelle», qui n’empêche ni la tenue du référendum, ni l’organisation d’élections.

Si elle et son patron de président de la République ont été incapables d’organiser leur «changement de Constitution» en 2017, ont tenu un scrutin présidentiel avec les résultats et contestations que l’on connaît ils envisagent de ramener sur la table, une nouvelle fois, la question d’une nouvelle loi fondamentale.

Il faut croire que Manassa se souviendra, désormais, des termes de cette lettre quand il s’agira d’aller, une nouvelle fois, aux urnes pour quelque scrutin que ce soit. Car la situation est tellement inquiétante que cette fois-ci, et c’est ce que sous-entend cette lettre à AOK, sans l’écrire, elle vient d’avouer que ce sont les institutions qui sont menacées et qu’il faut impérativement un sursaut national.

Makan Koné

Source: Nouvelle Libération

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