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Massacre de peulhs au Centre : Aboul Aziz Diallo accuse…

« Les attaques contre les populations peules du Centre du Mali sont perpétrées par des milices sous le label de chasseurs. Le président IBK a reçu une délégation de chasseurs à qui il a dit : « nous comptons sur vous pour lutter contre le terrorisme ».

Ces « chasseurs » ont donc interprété les propos du président comme un feu vert pour mener la lutte contre les Peuls. Ces milices sont dirigées par des anciens militaires maliens. Toutes ces milices sont resoupées au sein d’une corporation dite des « chasseurs ». Mais ces milices bien équipées, qui sont structurées comme une véritable armée, opèrent chacune de manière autonome. Elles emploient même des mercenaires. Certains de ces mercenaires également couverts par le label ‘’dozos’’ (chasseurs) ne parlent aucune langue malienne, mais s’expriment seulement dans un français à l’accent ivoirien ; d’autres s’expriment en anglais… », témoigne, le président de Tabital Pulaku Mali, Aboul Aziz Diallo, sur le massacre des Peulhs au Centre du Mali, dans une vidéo le 18 février 2019 sur Youtube.

Mais, selon M. Diallo, pour l’essentiel, ce sont des milices bambaras et dogons qui attaquent les Peulhs au Centre. Un exemple est la milice de Djenné comptant 400 combattants dirigés par Mama Dembélé. Il y a également la milice de « Sidiki », avec leur camp d’entrainement. « Cependant, la milice dogon Dan Na ambassagou, par sa férocité, éclipse toutes les autres. Cette milice a un chef d’état-major, un chef d’état-major adjoint, des commandants de zones militaires, des services de renseignement. Cela s’explique par la présence à la tête de cette milice d’officiers de l’armée malienne à la retraite, placés là par le gouvernement », précise-t-il.

Pour le président de Tabital Pulaku, les armes utilisées pour attaquer les villages peulhs, à savoir les lance-roquettes, les Kalachnikov, ne sont pas des armes généralement possédées par des chasseurs paysans. Quelques chefs de village bambaras avaient d’ailleurs un moment essayé de protéger des Peulhs mais ont fini par céder face à la détermination de ces tueurs professionnels présentés sous le label de « chasseurs ».

Au Plateau dogon, insiste Abdoul Aziz Diallo, il n’y a pas de « Pays dogon » ; au Plateau dogon donc, les Peulhs sont tués et déplacés pour que leurs terres servent de champs aux Dogons : «  Les Dogons, qui n’habitaient que les falaises, sont descendus dans les plaines occupées par les Peulhs afin d’accaparer les terres agricoles. C’est cela l’enjeu majeur du conflit opposant les Peulhs et les Dogons. Et les villages peulhs sont brûlés, et les habitants tués de la façon la plus atroce. Il y a des hommes qui ont été égorgés, accrochés à un arbre et dépecés comme des animaux devant leurs femmes. D’autres personnes ont été amputées de leurs pieds ».

« Le massacre des Peulhs s’est intensifié »

A en croire le président Diallo, les premiers discours du Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga lors de ses rencontres dans le Centre avaient suscité de l’espoir ; mais aujourd’hui, c’est la déception totale car le massacre des Peulhs s’est intensifié. « Même ce matin (ndr 18 février 2019), une vieille femme peulhe du nom de Oumou Diallo, réfugiée à Dioila, m’a appelé pour me prévenir de la menace qui pèse sur sa famille restée dans la commune de Saye. Des miliciens-chasseurs se sont présentés et ont demandé au campement où se trouve son frère de payer une rançon de 1,5 million F CFA, faute de quoi tous les habitants peulhs seraient tués. Le frère de Oumou Diallo était donc passé informer le maire, puis le chef de village, ensuite le commandant de brigade de la gendarmerie. Toutes ces autorités ont répondu la même chose : les Peuhls doivent payer la rançon car aucune autorité ne peut les protéger… », s’indigne-t-il. Avant de rappeler que cela n’est pas nouveau : « Il y a eu d’autres cas où des Peulhs ont été recensés sur une liste et assassinés. Quand les assaillants avaient au cours d’une réunion envisagé d’attaquer la communauté peulhe, j’ai eu l’information. Et j’ai à mon tour informé le Premier ministre, le ministre de la Défense, le ministre de la Sécurité, le gouverneur de Région, le commandant des Forces armées de la région, les services de renseignement de la Région pour leur dire : « attention ! Une attaque se prépare contre les Peuls ». Seul le ministre de la Sécurité a répondu en me disant que « l’information sera transmise ». Quand le village peulh a été encerclé, j’ai relancé l’alerte en disant aux mêmes autorités : attention ! Le village est encerclé ». C’est un village de 10 000 habitants. Les miliciens ont ciblé les familles peulhes, ont sorti des Peulhs et les ont assassinés ».

Aux dires de M. Diallo, les autorités avaient été informées à 8 heures, or l’armée basée à 12 seulement kilomètres de là n’est intervenue qu’entre 17 heures et 18 heures. Incompréhensible ! Pire, les militaires dont l’arrivée sur les lieux a éloigné les chasseurs ont dit n’avoir pas reçu l’ordre de rester pour assurer la sécurité du village… « Le lendemain matin, je me suis réveillé avec ce bilan : 8 Peulhs tués après le retrait de l’armée malienne. C’était la même chose au Plateau dogon, dans le cercle de Koro : Quand des Peuls se sont repliés avec leurs parents pour éviter l’armée qui arrive, 6 ou 7 vieillards ne pouvant suivre, se sont réfugiés à la mosquée : les vieillards ont été brûlés alors que l’armée était déployée sur les lieux ! », souligne le président de Tapital Pulaku.

« Dès qu’on désarmerait les milices, la guerre serait terminée »

Abdoul Aziz Diallo estime que pour les DDR, on parle de 300 à 600 personnes… mais, pour qu’il y ait la paix, il faut désarmer les milices. Dès qu’on désarmerait les milices, la guerre serait terminée. « Lorsque des Peulhs ont été subi des massacres à Ké-Macina, les rescapés sont allés se réfugier à Niono, j’ai appelé la Minusma pour dire : « attention, là où les déplacés sont allés, ils n’ont accès qu’à l’eau des rivières contaminée par les pesticides utilisés dans les champs… ». La Minusma a refusé de leur faire un forage. Le gouvernement malien, pour sa part, a envoyé 6 tonnes de mil.

J’ai dû appeler les membres de notre association Tabital Pulaku, pour leur dire que si nous n’aidons pas nos parents, ils vont mourir… Cet argent a servi à acheter du riz, du sel, des médicaments acheminés sur les lieux. Au moment de la distribution de ces denrées, une horde de miliciens dozos a débarqué sur les lieux, entre 60 et 70 motards. J’ai appelé le chef d’état-major général des armées, le général Didier Dakuo à l’époque. Il m’a répondu qu’il ne pouvait rien faire pour stopper une soixantaine de motards ! », explique M. Diallo.

Si les pays africains de la sous-région, tels que la Mauritanie, la Gambie, le Sénégal pensent que c’est un problème malien, ils se trompent, ajoute-t-il.

En effet, selon lui, l’impérialisme international, les multinationales capitalistes ne font aucune différence entre un Peul, un Serrer, un Wolof ou un Haratine. Leur affaire, c’est l’uranium, qu’il se trouve au Tchad ou au Sénégal. C’est l’or, c’est le pétrole, voilà ce qu’elles cherchent. C’est la valeur géostratégique d’un pays qui les attire. Même le terrorisme international, c’est une création des impérialistes… Certes la vie, ou plutôt la mort, de nos populations se semble intéresser le monde : « Sinon, comment comprendre que le massacre de 2000 Peulhs n’ait pas ému grand monde alors qu’il y a quatre ans, suite à l’attaque contre le journal Charlie Hebdo, la quasi-totalité des dirigeants de la planète s’étaient retrouvés à Paris. Tous, y compris notre propre président, étaient « Charlie » ? ».

Enfin, pour le président de Tapital Pulaku, Abdoul Aziz Diallo, le problème n’est pas communautaire : « J’emploie beaucoup de Dogons dans mon entreprise, le chef de l’association Gina Dogon est un bon grand-frère. Enfin, je considère que le grand problème au Centre, c’est ces milices criminelles qui bénéficient du soutien du gouvernement malien ».

Mohamed Sylla

Source: L'Aube

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