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19ème Congrès de l’AIAE : ACCéLÉRER L’ACCÈS AUX SERVICES DE L’EAU FACE AUX DÉFIS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Notre pays va mettre fin à la spéculation dans ce secteur afin que le contractant initial, la SOMAGEP, soit le seul gestionnaire des bornes fontaines, a annoncé le Premier ministre

Le Mali entend doubler, d’ici à fin 2018, le nombre de branchements sociaux déjà réalisés et assainir le secteur de la gestion des bornes fontaines. «Nous avons pour le moment engagé jusqu’à 109 000 branchements sociaux. Nous envisageons d’atteindre, d’ici la fin de l’année, 200 000 branchements sociaux. Nous allons procéder à l’assainissement du secteur et, en particulier, la gestion des bornes fontaines. Car, à cause de la chaine de sous-traitants et de spéculations, le consommateur final paye l’eau quatre à cinq fois plus cher que ceux qui ont des revenus plus importants. Nous allons mettre fin à cette spéculation pour que le contractant initial, la SOMAGEP, soit le seul gestionnaire des bornes fontaines», a annoncé, hier, le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, à l’ouverture officielle du 19è Congrès international de l’Association africaine de l’eau dans notre capitale. Etaient aussi présents à cette rencontre qui se poursuivra jusqu’au 16 février prochain, le ministre de l’Energie et de l’Eau, Malick Alhousseni, celui de l’Environnement et du Développent durable, Aida M’Bow, le directeur général de la Société malienne de gestion de l’eau potable, Boubacar Kané, des présidents d’institutions de la République et des représentants d’organisations sous régionales et internationales.

Co-organisée par la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP) et la Société malienne du patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP), cette 19è édition a pour thème : «Accélérer l’accès aux services d’assainissement et d’eau face aux défis du changement climatique». Le choix de cette thématique s’explique par le fait que ce 19è Congrès, qui table sur près de 2 000 participants, se tient dans un contexte inquiétant. En effet, au moment où les Etats et leurs partenaires concentrent leurs efforts sur l’amélioration de l’accès des populations aux services d’eau et d’assainissement, les effets du changement climatique se font de plus en plus menaçants. En témoigne la baisse drastique, cette année, du niveau du fleuve Niger à cause de la baisse de la pluviométrie. Dans un tel contexte, avec la croissance démographique, la gestion rationnelle, efficiente et innovante des ressources en eau doit être la règle afin, estiment les experts, de préserver nos sources existantes et de réduire considérablement les pertes inutiles d’eau grâce à la réutilisation, par exemple, des eaux usées.

Toute chose qui participera à l’accroissement de l’accès de nos populations au minimum social vital (éducation, santé et eau), selon le chef du gouvernement. Car, «sans ces trois éléments, il n’y a pas de citoyen accompli», a estimé Soumeylou B. Maïga. Raison pour laquelle, l’accès à l’eau et à l’assainissement figure, selon lui, au cœur du mandat du président de la République. D’où le Programme présidentiel d’urgences sociales 2017-2020 qui vise à rendre accessibles, notamment pour les populations aux revenus modestes, ces services sociaux de base, a ajouté le Premier ministre avant de saluer la direction de l’EDM pour avoir rétabli l’électricité à Mopti.

Après avoir remercié l’Association pour la confiance et le choix du Mali pour abriter la présente rencontre, le président du Congrès de l’AIAE a particulièrement attiré l’attention sur la baisse du niveau du fleuve Niger. «Cette année, le fleuve Niger connaît une hydraulicité très moyenne qui pourrait être une source de perturbation importante non seulement dans la desserte en eau de certaines de nos grandes villes, mais aussi dans l’irrigation de nos terres agricoles et la production de l’énergie hydraulique», a alerté Boubacar Kane. Il a aussi déploré l’impact du changement climatique sur le secteur de l’eau qui se manifeste à travers la raréfaction des ressources en eau, l’aggravation de la répartition inégale des populations envers ces ressources dans le temps et dans l’espace et la multiplication des phénomènes comme les sécheresses. «Ceci peut conduire à la dégradation des infrastructures, à l’épuisement des nappes, à la dégradation de la qualité des ressources en eau etc. », abondera dans le même sens Abderrahim El Hafidi. Ce dernier a appelé à la mobilisation générale en faveur de l’accès de tous à cette ressource vitale. Ce qui contribuera, selon lui, à l’atteinte de l’objectif 6 des ODD : «garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau».

En attendant de pouvoir agir de manière considérable sur les causes connues des changements climatiques, le gouvernement malien a élaboré des stratégies de prévention, d’adaptation à leurs impacts, notamment en ce qui concerne la maîtrise de l’eau, a expliqué le ministre de l’Energie et de l’Eau. Ainsi, dans ce contexte mondial où «l’on s’accorde à considérer que le seuil de pénurie se situe à 1000 m3 par habitant et par an, où la disponibilité à l’échelle mondiale est de 5 000 m3 par habitant et par an, la disponibilité des ressources en eau au Mali est de 5 714 m3 par habitant et par an», a précisé Malick Alhousseni, avant de mettre l’accent sur les effets positifs du Programmes présidentiel d’urgences sociales sur les femmes et les enfants.

L’Association africaine de l’eau est une organisation professionnelle d’établissements, d’entreprises et d’opérateurs exerçant dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement en Afrique. Elle élabore des programmes et soutient le partage des connaissances dans la gestion durable de l’eau par le développement professionnel, la gestion de réseau et le plaidoyer. Son congrès est un forum scientifique et technique, destiné à faire l’état des lieux de l’essor du secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement en Afrique.

Cheick M. TRAORé

Source : l’Essor

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