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Le nouveau Premier ministre malien promet des "mesures fortes" pour la sécurité

Le nouveau Premier ministre du Mali, Soumeylou Boubèye Maiga, s'est dit prêt dimanche à prendre des "mesures fortes" pour renfoncer la sécurité des Maliens, en particulier dans le centre du pays confronté à une montée des attaques jihadistes.

"Dans (la droite ligne) des orientations du président de la république, la sécurité des Maliens est une priorité du nouveau gouvernement et très rapidement des mesures seront prises", a-t-il déclaré dans un entretien à l'AFP.

M. Maiga a été désigné le 30 décembre à la tête du gouvernement par le président Ibrahim Boubacar Keïta après la démission surprise de son prédécesseur, Abdoulaye Idrissa Maiga.

"Dans le centre, le gouvernement dévoilera un programme dans les jours à venir", a expliqué cet ancien journaliste de 63 ans, ex-ministre de la Défense et ancien patron des services de renseignement.

"Nous prendrons les mesures les plus fortes pour assurer la liberté d'activité des Maliens. Nous allons également voir comment, avec les forces religieuses saines, nous pouvons organiser la riposte doctrinale", a expliqué le chef du gouvernement.

Le nord du Mali, où des attaques jihadistes se poursuivent, était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes liés à Al-Qaïda. Ces groupes ont été en grande partie chassés par une opération militaire française lancée en janvier 2013.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et dans le sud du Mali et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Dans le centre, le nouveau Premier ministre promet "la mise en place d'un service public itinérant pour apporter aux populations un service en matière de santé, d'éducation, et d'activités économiques".

Il reconnaît toutefois que, pour être "efficaces", les solutions doivent être abordées "dans un cadre dynamique sous-régional, parce que cette partie du Mali se prolonge vers les pays comme le Niger et le Bukina Faso".

Le Mali, ainsi que le Tchad, le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie, réunis au sein de l'organisation régionale G5 Sahel, ont démarré en novembre les opérations de leur nouvelle force conjointe, qui doit monter en puissance pour atteindre au moins 5.000 hommes d'ici au printemps 2018.

- Démobilisation -

Sur le plan intérieur, M. Maïga a affirmé qu'il gardait comme objectif l'application de l'accord de paix signé en 2015 à Alger.

"Tant que nous n'aurons pas avancé sur le processus DDR (démobilisation, désarmement, réinsertion), nous ne pouvons pas soustraire aux groupes terroristes la base de recrutement qui leur est offerte", a-t-il souligné, affichant sa volonté de "faire avancer le processus avec l'appui des partenaires" du Mali.

Interrogé sur le contenu de la loi "d'entente nationale" annoncée le 1er janvier par le chef de l'Etat", il a répondu que "les orientations du président Ibrahim Boubacar Kéita sont claires: l'exonération de poursuites concerne particulièrement ceux qui ne sont pas impliqués dans les crimes de sang".

"Il s'agit de citoyens qui se sont retrouvés dans ces histoires sans avoir commis l'irréparable".

"Tous ceux qui renoncent à la violence et qui n'ont pas commis des crimes de sang seront réinsérés dans le tissus social", a poursuivi M. Maiga, alors que l'opposition a qualifié l'annonce de la loi d'entente nationale de "manoeuvre politique" visant à faciliter la réélection du président Keïta, au pouvoir depuis 2013.

Organiser cette présidentielle en 2018 est "tenable", a estimé M. Maiga. "Le président y attache beaucoup d'importance. Nous travaillerons dans la transparence avec la majorité et l'opposition dans un cadre de concertation qui existe déjà, pour l’organisation d'élections apaisées, transparentes en 2018".

Source : AFP 08/01/18

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