Mercredi 13 Décembre 2017

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Syrie, Libye et Mali au menu de la visite de Medvedev à Alger

La visite du Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, en Algérie, même déjà programmée depuis la réunion de la haute commission algéro-russe, il y a quelques jours, revêt un caractère particulier, dans un contexte régional en rapide évolution.

Et où les deux pays sont appelés à renforcer leur coopération dans le domaine sécuritaire, dans la lutte contre le terrorisme, et depuis peu, avec le renversement dans la scène syrienne notamment, dans les processus politiques en cours. Il s’agit également des processus enclenchés en Libye et au Mali où l’Algérie s’est investie pour l’instauration du dialogue entre les parties en conflit et faire valoir les solutions politiques malgré son ardu lobbying.

La Russie est présente dans ces trois pays, plus directement en Syrie où elle intervient militairement, pays avec lequel l’Algérie reste l’un des rares États à garder une position constante, à la défendre et à n’entrevoir de solution que politique à travers un dialogue inclusif.

Aussi a-t-elle gardé ses relations avec la Syrie malgré les pressions qu’elle a subies, notamment de puissances occidentales pour rompre avec le régime de Bachar al-Assad. Une position qui lui donne, aujourd’hui, l’occasion de jouer un rôle dans les étapes à venir dans le règlement du conflit dans ce pays ; un rôle politique appuyé bien évidemment par la Russie dont le rôle a été déterminant dans la lutte contre Daech et Enosra…

Il en est presque de même sur la question libyenne où l’Algérie s’est énormément investie pour le rétablissement de la paix. Malgré les interférences étrangères, la multitude d’intervenants et parrains des différents groupes en conflit, l’Algérie a réussi à faire admettre aux parties la nécessité d’aller vers le dialogue pour sortir de la spirale de violence. Et d’intégrer l’homme fort de l’Est, le maréchal Haftar, reçu d’ailleurs à Alger, à quelques jours de la visite du président du conseil présidentiel et chef du gouvernement d’union nationale, Al Saradj, pour rapprocher leurs positions, tout en se délestant de l’encombrant Abdelhakim Belhadj, au jeu trouble, qui tient Tripoli grâce à ses milices, soutenu et armé par le Qatar. Le maréchal a été l’option des Russes qui l’ont reçu sur un porte-avions avant d’en faire un interlocuteur au même titre qu’Al Saradj. Question de confiance, de connaissance du terrain et de son expérience dans la médiation, l’Algérie demeure le pivot dans cette région, comme l’ont souligné les partenaires étrangers dont le soutien a été utile pour faire endosser son option d’une solution politique en Libye à l’ONU. C’est à partir de cette position que la Russie cherche à renforcer sa présence en s’appuyant sur un partenaire de longue date et un pays dont l’expertise en matière de lutte contre le terrorisme et de médiation n’est plus à démontrer. La Russie avait d’ailleurs demandé, il y a quelques années, aux autorités libyennes d’installer une base militaire. Une perspective qui s’explique par le choix de Haftar comme interlocuteur. Cela d’autant qu’il est appelé, selon l’accord en discussion autour de l’amendement de l’accord de Skhiret (Maroc), à occuper une haute fonction politique.

Enfin, le dossier malien, non pas sous l’angle de la mise en œuvre de l’accord de paix intermalien signé en mai et juin 2015, à Alger et Bamako, mais plutôt en perspective de la réponse que la Russie va donner à la requête de la société civile malienne qui dans une pétition remise à l’ambassadeur russe à Bamako demandant son intervention militaire pour combattre les groupes terroristes. Une société civile qui dénonce, au passage, la présence des forces françaises de l’opération Barkhane, notamment, pour son inefficacité sur le terrain. Bien entendu, l’avis de l’Algérie est requis dans ce cas. Et les Russes le savent pertinemment.

Djilali B.

Source : Liberté 11/10/17

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