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Referendum du 9 juillet 2017 : «Nous n’allons pas reculer parce que reculer va causer plus de tort à notre Etat », dixit l’Honorable Moussa Timbiné

Se prononçant sur la Déclaration de Politique Générale du Premier Ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga, et le référendum du 9 juillet prochain, le Premier Vice-président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Moussa Timbiné, se dit confiant.

«C’est une DPG qui est tout à fait réaliste, contrairement aux autres déclarations», a-t-il reconnu. Et de rassurer : «Nous n’allons pas reculer parce que reculer va causer plus de tort à notre Etat, le peuple ira largement dans le sens du Oui au référendum». Lire l’interview que l’Honorable Timbiné a bien voulu nous accorder !

L’OBSERVATOIRE: Honorable, le Premier Ministre vient de présenter sa Déclaration de Politique Générale devant l’Assemblée Nationale. Qu’avez-vous retenu de ce programme en tant que Député ? Quelle est votre analyse succincte de cette DPG ?

 Honorable Moussa Timbiné : Nous apprécions la DPG qui prend en compte les préoccupations majeures des populations, comme celles liées à la paix, au développement, à la sécurité et à la défense. C’est une DPG qui touche quasiment tous les secteurs clés de notre pays.

C’est un DPG qui est tout à fait réaliste, contrairement aux autres déclarations.  De façon précise, nous avons constaté qu’il y a des projets concrets répondant à la vision du Chef de l’Etat, pour trouver une solution réelle aux préoccupations du Peuple malien. Aujourd‘hui, nous avons une armée beaucoup plus performante, beaucoup plus formée.

Du point de vue équipements, même si nous n’avons pas encore atteint le seuil normal, force est de reconnaître que des progrès notables ont été réalisés. Il faut être réaliste et avoir la force de reconnaître qu’au moment où IBK venait au pouvoir il n’y avait pas d’armée digne de ce nom au Mali. Le corps était presque atteint à tous les niveaux. Mais, aujourd‘hui, en voyant nos troupes passer, on sent intérieurement qu’il y a progressivement des améliorations nettes.

Et cette révision constitutionnelle en cours, est-elle nécessaire dans le contexte actuel du pays ou qu’est ce qu’il y aurait lieu de faire, Honorable?

 Par rapport à la révision constitutionnelle, quand le Premier Ministre parle d’apaisement du climat social et de la paix, naturellement cela ne peut pas aller sans la révision constitutionnelle. Elle est une recommandation de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale signée par le Gouvernement malien, sous l’œil vigilant de la Communauté internationale. Nous devons honorer notre engagement ; le Gouvernement malien sous l’égide d’IBK est un Gouvernement responsable, sérieux et visionnaire. Nous n’allons pas reculer parce que reculer va causer plus de tort à notre Etat que d’avancer.

En votant Oui, lors de ce référendum et en dotant notre pays d’une nouvelle constitution, je pense que cela permettra non seulement d’honorer notre engagement dans le cadre de l’Accord d’Alger, mais surtout de remédier les insuffisances qui attestent que notre Constitution est limitée. Le but essentiel de cette révision n’est pas lié uniquement à l’Accord. Il faut le préciser, la mise en œuvre de l’Accord est un point. Mais, au-delà de cela, il y a des insuffisances notables qui ont été constatées au sein de la Constitution en vigueur.  La crise de 2012 montre qu’à bien d’égards notre Loi fondamentale n’est plus à la hauteur par rapport aux réalités et à l’évolution de notre pays. La limitation du délai de 40 jours d’intérim en cas de vacance définitive du pouvoir n’est pas réalisable.

La deuxième chambre est-elle nécessaire ?

 Quand on regarde de près, c’est le Haut Conseil des Collectivités qui existait, qui a été supprimé au profit du Sénat. Ce qui équivaut à une nette amélioration de nos acquis démocratiques. C’est comme l’ancienne formule améliorée, qui sera le Sénat, parce que le Haut Conseil des Collectivités regroupait les élus qui étaient choisis par suffrage indirect. C’est ce qui est maintenu, mais au-delà, il y une partie qui sera désignée par le Président de la République dans l’optique de repêcher des personnes de qualité, des personnes ressources qui bénéficient d’une légitimité historique, qui ont un certain encrage social pour pouvoir participer au débat national. Par exemple des leaders religieux qui ne sont pas des gens élus. Il faut que ceux-ci aussi donnent leurs avis dans les décisions phares concernant la vie de la Nation.

En tant que Premier Vice-président de l’Assemblée Nationale, qu’entendez-vous faire pour que le Oui puisse emporter à l’issue du référendum du 9 juillet prochain ?

 Pour nous, le plus important est de faire comprendre au Peuple de la nécessité de cette nouvelle constitution. Parce que l’opposition se dit être dans son rôle, mais celui de duper le Peuple malien. Car, son rôle régalien est de tenir un langage de vérité au Peuple. Tous les moyens ne sont pas bons pour faire triompher le Non.

Le Non, Incha Allah, ne triomphera pas parce que nous sommes convaincus que le Peuple malien est témoin de tout ce que nous avons eu à poser comme actes concrets sur le terrain. Il (le Peuple) est parvenu à comprendre que l’Accord est une solution pour sortir le Mali de la crise. L’ensemble des insuffisances que nous avons relevées de la Constitution du 25 février 1992 est aussi connu par le Peuple malien.

Donc, nous allons informer au mieux le Peuple malien, pour qu’il comprenne que le seul intérêt qui a motivé et le Président de la République, et l’Assemblée Nationale à aller dans ce sens est de sécuriser davantage notre pays, de pouvoir répondre vraiment aux préoccupations des populations. C’est en tenant ce langage de vérité que le Peuple ira largement dans sens du Oui.

Réalisée par Cyril ADOHOUN

Source : L'Observatoire  16 Juin 2017

 

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