Vendredi 22 Septembre 2017

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La liste des personnalités africaines neutralisées pour avoir suggéré ou tenté la sortie du Franc CFA

D’une valeur de 0.0015 euros, le Franc CFA est utilisé aujourd’hui dans 14 pays d’Afrique. Il est imprimé à Chamalieres, une petite commune de 17 000 habitants, fief de Valéry Giscard d’Estaing (qui en fut le maire jusqu’en 1974, aujourd’hui c’est son fils qui est à la mairie) situé dans le Puy De Dôme à 3 km de Clermont-Ferrand.

Créé en 1939, le Franc CFA est officiellement mis en circulation au lendemain de noël, le 26 décembre 1945, le jour où Paris ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de Parité au fameux FMI (Fond Monétaire International). En imposant cette monnaie, la France du Général De Gaulle renforce ainsi son contrôle sur les monnaies de ses colonies. L’objectif ? S’assurer qu’à l’avenir, les matières premières restent disponibles à bon prix, même en temps de guerre. En 1960, les pays africains francophones obtiennent l’indépendance. Mais le Franc CFA, lui, reste en place.

Les pays sont alors répartis en deux groupes :

–Les huit Etats d’Afrique de l’ouest (le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo) sont réunis sous l’UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine). Dans cette zone, le Franc CFA est rebaptisé «Franc de la Communauté Financière d’Afrique».

–Les six Etats d’Afrique centrale (le Cameroun, la République Centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, le Tchad) sont réunis sous la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale). Pour eux, ce sera le «Franc de la Coopération Financière en Afrique centrale». L’île de la Réunion et Mayotte ont utilisé le Franc CFA respectivement jusqu’en 1975 et 1976 avant d’adopter le Franc français puis l’euro. À noter que d’autres pays d’Afrique utilisent une monnaie également appelée Franc, sans qu’elle soit rattachée à l’euro et donc ne faisant pas partie de la zone franc (il s’agit du Burundi, du Rwanda, de Djibouti, de la République de Guinée et de la République Démocratique du Congo avant l’adoption du dollar). Depuis, tous ceux qui ont suggéré ou tenté une sortie ont été neutralisés.

Ahmed Sékou Touré

Bien qu’ils soient plusieurs pays à avoir refusé cet assujettissement monétaire et à avoir tenter d’en sortir, le seul à l’avoir complètement quitté, c’est la République de Guinée (Guinée Conakry). Son premier président, Ahmed Sékou Touré, souhaitait une totale indépendance pour son pays, aussi bien dans le domaine politique qu’économique. Ce qui eut le don de froisser considérablement le président français de l’époque, Charles de Gaulle qui, au cours d’une tournée en Afrique en 1958, fut reçu de manière triomphale dans les colonies malgache, congolaise et ivoirienne. Mais froidement reçu lors de son passage en Guinée.

Dans son discours, le président guinéen déclara : «Je préfère la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage», ce à quoi de Gaulle répond : «l’indépendance est à la disposition de la Guinée». Deux mois plus tard, le 2 octobre, la Guinée obtient son indépendance (le premier pays d’Afrique francophone). Celle-ci est vécue comme une humiliation par la France, qui retire alors tous ses fonctionnaires et ses crédits. L’ancien ministre de la défense de l’époque, Pierre Messmer, raconte dans ses mémoires que les services français ont tenté un coup d’Etat contre Sékou Touré avec la collaboration du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. La tentative avait été déjouée par Sékou Touré. Le Franc guinéen est lancé en 1960, et est toujours la monnaie officielle du pays.

Sylvanius Olympio

Le premier président élu de la République du Togo, qui, ne voulant pas continuer à subir une domination française, décida une sortie de la zone franc pour créer une monnaie locale. Le 13 janvier 1963, quelques jours après avoir lancé les premières impressions des nouveaux billets, Olympio fut assassiné par un ex-légionnaire français, le sergent Etienne Gnassingbé, qui lui succédera à la tête du Togo avec les félicitations de l’Elysée, et restera au pouvoir durant 38 ans.

Modibo Keita

Le militant panafricain, lui aussi premier président élu de son pays, le Mali et pour qui la colonisation perdurait avec ce système monétaire, et représentait un frein pour le développement du pays, décida à son tour de se retirer de la zone Franc puis créa le franc malien, qui devint la monnaie officielle du Mali, le 30 juin 1962. Comme Olympio, Keita sera victime d’un coup d’Etat, mené par un autre ex-légionnaire français, le lieutenant Moussa Traoré, le 19 novembre 1968. Ce dernier succédera lui aussi à la présidence et ramènera le Mali entre les griffes du Franc CFA le 1er juillet 1984. Modibo Keita mourra dans sa cellule et dans des circonstances suspectes, jamais éclaircies après 9 ans de détention, le 16 mai 1977.

Thomas Sankara

«Le Franc CFA, lié au système monétaire français, est une arme de la domination française». Ce qu’avait déclaré le président panafricaniste et anti-impérialiste burkinabè en 1985. Refusant toute aide du Fonds Monétaire International ou de la Banque Mondiale, afin de ne pas subir le diktat des financiers internationaux, Sankara a transformé son pays semi-désertique, affamé et endetté, en un pays auto-suffisant dans le domaine alimentaire en seulement 4 ans. Concernant la dette accumulée par les gouvernements précédents, Sankara déclara lors du 25ème sommet des pays membres de l’OUA (Organisation de l’Union Africaine) à Addis-Abeba, en Éthiopie : «Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par ses origines. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme.

 

Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont ceux-là qui nous ont colonisés, ce sont les mêmes qui géraient nos États et nos économies, ce sont les colonisateurs qui endettaient l’Afrique auprès des bailleurs de fonds, leurs frères et cousins. Nous étions étrangers à cette dette, nous ne pouvons donc pas la payer.»

Il appela ainsi tous les pays africains à former un front uni contre celle-ci :«(…) Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence!» Une affirmation prémonitoire puisqu’il fut assassiné 3 mois plus tard, le 15 octobre 1987, par Blaise Compaoré, qui, lui, fut installé sur le fauteuil de président par François Mitterrand, fauteuil duquel il ne bougera pas durant 27 ans.

 

Mouammar Kadhafi

En 2011, le gouvernement Kadhafi détenait, d’après la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, 143 tonnes d’or et une quantité semblable d’argent. Cet or aurait été accumulé dans le but avoué de créer une monnaie panafricaine basée sur le dinar libyen, afin de proposer une alternative aux pays de la zone franc. Le Colonel Kadhafi a alors été traqué puis abattu par les services français le 20 octobre 2011.

Kako Nubukpo

En 2015, le ministre togolais chargé de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques critiqua ouvertement la BCEAO (Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest). Un chef de service de la banque (français) a alors exprimé le souhait que celui-ci soit rappelé à l’ordre par les autorités politiques de son pays. En juin de la même année, le président togolais Faure Gnassingbé (successeur de son traître de père) ne le reconduit pas à son poste de ministre, lors de la formation du nouveau gouvernement.

Idriss Déby Itno

En août 2015, c’est au tour du président tchadien d’appeler les pays africains à sortir de la zone Franc CFA. Il est aujourd’hui toujours vivant et toujours en fonction… Pour le moment. Le Franc CFA a maintenant 77 ans, et est utilisé dans des pays indépendants depuis plus de 50 ans. Les décisions monétaires sont faites sous la surveillance de Paris, présente au sein des organes décisionnaires des banques centrales où elle s’octroie volontiers un droit de véto… Les pays africains ne seront jamais indépendants sans une souveraineté monétaire, et le franc CFA reste la dernière monnaie coloniale encore utilisée dans le monde.

Par Enzo PATTENG

Source : La voix de la Libye publié le 26 août 2017

Source : Le Reporter

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