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Cour Constitutionnelle : Manassa Dagnoko, la dame de tous les régimes

Tout le monde sait que la Cour Constitutionnelle s'est transformée en une institution politique au service du pouvoir en place. Elle n'est pas une institution indépendante, crédible au service du droit. Cela ne doit pas surprendre : sa Présidente, Mme Manassa Dagnoko a été de tous les régimes.

Elle était particulièrement hostile aux démocrates maliens sous la deuxième République. Elle avait condamné en 1985, d'innocentes personnes comme le Dr. Oumar Mariko, Djiguiba Keita dit PPR, Perignama Sylla et biens d'autres accusés d'avoir diffusé des tracts hostiles au régime suite au conflit armé avec le Burkina dirigé à l'époque par le Capitaine Thomas Sankara.

Après plus de 11 mois de détention préventive pour le Dr. Oumar Mariko et certains de ses codétenus, les autres comme PPR et Péri ont échappé à la rafle, le Procureur de la République, Manassa en l'occurrence, les condamna à six mois de prison pour faire plaisir à Django Sissoko, à l'époque ministre Secrétaire Général de la Présidence. Mais avant cette condamnation, elle avait requis, le 28 septembre 1980, lors du procès en appel des enseignants du Supérieur, militants du SNEC, à la Cour d'Appel de Bamako, la peine de mort à leur encontre pour voir fait grève et exigé de l'Etat, l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Lors du procès crime de sang, affublée des oripeaux d'une résistante à la dictature, elle prononça un réquisitoire de plusieurs heures contre l'ancien président de la République qui l'avait suspendue pour "indélicatesse" à la suite d'un sulfureux rapport élaboré par les services judiciaires de l'État qui l'avaient mise en cause dans de nombreuses affaires. Réhabilitée suite à une longue bataille menée par les magistrats, sous la direction de Maître Hamidou Diabaté, à l'époque président du SAM (syndicat Autonome de la Magistrature), elle intégra la famille judiciaire. Elle poursuivra sans encombre sa riche carrière, profitant de certaines occasions historiques pour montrer son allégeance au pouvoir. Comme en 1995 à l'occasion de la rentrée judiciaire.

En sa qualité de Procureur Général, elle sonna la charge contre la presse malienne provoquant une vague d'indignation de tous les démocrates et défenseurs de la presse. La riposte des syndicats des médias fut également sans appel. En récompense, elle fut nommée Ambassadrice du Mali au Canada pour venir ensuite prendre la tête d'une institution en panne de crédibilité...

Nouhoum KEITA

Source : Le Reporter

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