Sommet extraordinaire Chine-Afrique et Pandémie Covid-19 : les nouveaux sillons d’une coopération internationale plus solide

Publié le 06 juillet

« Lorsque la Chine s’éveillera…le monde tremblera », bien qu’attribuée à Napoléon, la paternité de cette citation plus actuelle que jamais revient à Alain Peyrefitte, diplomate français, mais aussi ancien ministre de l’éducation nationale.

Aujourd’hui, une nouvelle révolution mondiale tranquille est en train de se dérouler en République populaire de Chine et tout le monde cherche à comprendre ce qui se passe dans « l’Empire du Milieu » et qu’est-ce qui fait courir Beijing sur le continent africain ?

Aujourd’hui c’est le nouveau défi planétaire mondial qu’est la Covid-19 qui fait courir la RPC sur le continent d’où l’organisation par visioconférence du Sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre la Covid-19 par le président Xi Jinping, « nous devons travailler résolument pour promouvoir la coopération sino-africaine. Pour réduire les impacts de ce défi sanitaire, il nous faut renforcer la coopération dans le cadre de l’Initiative «la Ceinture et la Route» et accélérer la mise en œuvre des acquis du Sommet de Beijing en mettant davantage l’accent sur la santé, la reprise des activités et l’amélioration du bien-être de la population ». La pandémie de Covid-19 est la meilleure illustration de la philosophie du président Xi Jinping à travers la réalisation, dans le projet mondial des Nouvelles Routes de la Soie, d’une nouvelle forme de solidarité internationale.

Le président chinois en « humanisant la mondialisation » ne pouvait rencontrer une meilleure opportunité qu’à travers cette lutte contre la Covid-19. En matière de coopération Chine-Afrique nul ne peut nier la sincérité de la coopération chinoise. La mondialisation qui s’imposait de plus en plus est synonyme d’égoïsme entre les nations, de protectionnisme en matière de commerce, et d’unilatéralisme dans les relations internationales. Face à cette dérive de la mondialisation, la coopération Chine-Afrique n’a jamais cessé de défendre les valeurs de solidarité, de libre échange et de multilatéralisme. L’année 2020 symbolise le soixantième anniversaire de la coopération entre la République populaire de Chine et notre pays le Mali qui d’ailleurs a adhéré à l’Initiative de la Route et de la Soie.

Avec la pandémie de Covid-19, la Chine a montré sa capacité dans la gestion en temps réel des égoïsmes nationaux, des préjugés racistes, des stéréotypes culturels et des haines nées des héritages coloniaux. Écoutons encore le président Xi Jinping dans son discours du sommet extraordinaire quand il prononce ceci : « Nous devons travailler résolument pour combattre ensemble le virus. La Chine continuera de porter tout son soutien à l’Afrique, de redoubler d’efforts pour mettre en œuvre les mesures que j’ai annoncées lors de la cérémonie d’ouverture de l’Assemblée mondiale de la santé, de fournir des matériels aux pays africains et d’y envoyer des groupes d’experts médicaux, et de faciliter leurs achats en Chine de matériels nécessaires. Elle démarrera en avance les travaux du siège du CDC africain d’ici la fin de cette année, et travaillera avec l’Afrique pour mettre effectivement en œuvre l’initiative pour la santé dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), accélérer la construction des hôpitaux d’amitié Chine-Afrique et favoriser les partenariats entre hôpitaux chinois et africains. Par ces efforts, nous souhaitons bâtir conjointement une communauté de santé Chine-Afrique pour tous.

La Chine s’engage à donner aux pays africains un accès prioritaire au vaccin lorsqu’il sera développé et déployé. Le FOCAC a vingt ans et constitue aujourd’hui un mécanisme efficace de dialogue et de coopération entre la Chine et l’Afrique. Rappelons que le séminaire international organisé déjà en 2005 à Maputo, au Mozambique, intitulé ‘’Repenser le Développement Africain’, à la question ‘’quelle voie pour l’Afrique en ce XXIème siècle ?’’, proposait l’émergence des états-promoteurs, dotés de compétences bureaucratiques de haut niveau, d’élites tournées vers le développement, dans une politique de nationalisme politique (et non un simple libéralisme politique).

Nous estimons que le partenariat stratégique proposé dans le cadre du FOCAC est une alternative très crédible. Et comme l’a toujours affirmé Chris Alden, chercheur à la London School of Economics « la Chine reste la seule grande puissance capable d’investir malgré la crise financière », il devrait ajouter et aussi malgré la crise sécuritaire et sanitaire. Nous ne pouvons terminer sans nous poser la question suivante : la Chine est-elle un miracle ou un mirage ? Pour les pays africains à la recherche d’une nouvelle voie de développement le FOCAC reste un cadre stratégique pertinent et rappelle que l’un des crédos du président Xi Jinping est que « tout comme la Chine doit apprendre plus sur le monde, le monde doit apprendre plus de la Chine ».

Le modèle de coopération sino-africain n’est ni un miracle ni un mirage, l’Afrique doit croire en la sincérité des dirigeants chinois et comme le disait le président Alpha Oumar Konaré, ancien président de la Commission de l’Union africaine, «avec la Chine il faut réfléchir à de nouvelles relations stratégiques et sortir de la logique coloniale qui consiste à ne voir dans l’Afrique qu’un simple marché».

Dr Modibo Bah Koné, Doyen, Faculté des Sciences Humaines

et des Sciences de l’éducation, Université de Bamako

Source : l’Essor

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