Samedi 23 Septembre 2017

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Trois questions au Délégué général du FESPACO

Le délégué général du Fespaco, Ardjouma Soma (à gauche) et, à côté de lui, le ministre de la culture Jean Claude Dioma assistent au lancement de la 24è édition du festival de cinéma de Ouagadougou. © AHMED OUOBA / AFP

Depechesdumali : Pourquoi avoir maintenu l’agenda du FESPACO malgré le contexte de récession que l’on sait au Burkina, la menace jihadiste et la fièvre hémorragique à virus Ebola ?

Ardjouma Soma : C’est un engagement que le pays a pris depuis 1969 et qui tient toujours. 46 ans après, le Burkina Faso s’est engagé à renforcer la visibilité du cinéma africain. Compte tenu de l’importance de cet engagement historique vis à vis de la communauté internationale, le pays aux dates initialement retenues. Côté sécurité, nous ne saurons affirmer que le risque est zéro. Mais, les hautes autorités en charge de la sécurité n’ont pas lésiné sur les moyens pour mobiliser les Hommes et le matériel. S’agissant de la maladie d’Ebola, un certain nombre de dispositions pratiques de prévention ont été mise en place. Vous l’aurez constaté par vous-même.

L’organisation a-t-elle souffert d’un problème de financement ?

Je ne saurais le dire! L’Etat met à la disposition des organisateurs du FESPACO une subvention de 500 Millions F CFA pour faire face aux dépenses de l’organisation. C’est l’apport en numéraire du Gouvernement. La Direction du FESPACO est un Etablissement public de l’Etat. Les personnes qui y travaillent ont été recrutées par l’Etat. Voilà qui justifie le soutien de l’Etat.

Sinon le budget de l’évènement c’est autour de 1 Milliard de F CFA. Au-delà, l’évènement est soutenu par de nombreux partenaires dont l’Union Européenne, l’Union internationale de la francophonie, des ONG et certains pays amis comme la Chine, Taïwan, la France…

Les 1 Milliard ne suffisent pas pour l’organisation d’un évènement d’une telle envergure. Nous jouons sur la corde de l’ingéniosité pour réaliser certaines recettes nous permettant de faire face aux charges et remporter le pari de l’organisation.

Quelles sont les innovations cette année ?

Cette année, les innovations se situent principalement au niveau de la programmation. La sélection officielle du FESPACO a ouvert la compétions officielle aux films de la diaspora africaine. Au fait, depuis 1980, le FESPACO accueille la diaspora africaine mais cette dernière était dans une section spéciale. Leur revendication était de pouvoir intégrer la grande famille des cinéastes dans la compétition pour l’étalon d’or de Yennenga. A partir donc de 2015, les cinéastes africains des caraïbes… sont ainsi admis aux compétitions. Ils competissent au même titre que leur confrères africains.

La seconde innovation c’est le passage au numérique intégral. Cela avait été annoncé lors de la clôture du FESPACO 2013. Les longs métrages sont présentés au format. Idem pour les films des autres sections. Nous essayons de prendre le train de l’évolution technologique tout en avançant aussi au rythme du développement de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel africain. Le FESPACO ne laissera personne au bord du chemin. Nous avons un rôle de locomotive pour tirer l’industrie du cinéma vers le haut.

Par David Dembélé

Envoyé spécial à Ouagadougou pour depechesdumali.com

 

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