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Algérie: une foule immense et déterminée pour le 31e vendredi de manifestations

En Algérie, la contestation se poursuit avec, comme pratiquement tous les vendredis, une manifestation dans la capitale. Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre d'Alger.

Malgré l'annonce d'une élection présidentielle en décembre et malgré les mises en garde de l'armée. Plusieurs chefs de file de la contestation ont été arrêtés ces derniers jours.

Venus de Bab-el-Oued, de la place du Premier-mai, des hauteurs d’Alger, ils étaient très nombreux à converger vers le centre-ville. Un nombre que l’on n'avait pas vu depuis plusieurs mois, et une foule qui répétait qu’elle refusait d’aller aux élections dans ces conditions, des élections dont l’annonce a été faite dimanche 15 septembre.

Ce vendredi après-midi, si les forces de l’ordre étaient très nombreuses et qu’elles ont procédé à des interpellations dans la matinée, il n’y a pas eu d’autres problèmes, alors que l’on craignait un durcissement sécuritaire.

Dans la foule, toujours beaucoup de femmes, d’enfants, de jeunes, des groupes de supporters de football, des personnes âgées et quelques personnalités comme l’avocat Mustapha Bouchachi ou l’ancienne combattante de la guerre d’indépendante Louisette Ighilahriz.

Mercredi, le chef d’état major annonce qu’il interdit l’entrée dans la capitale aux algériens des autres régions qui souhaiteraient y manifester et déclare qu’il n’y a pas lieu de remettre en cause le scrutin ou de l’entraver. Depuis plusieurs semaines, Ahmed Gaid Salah répétait que l’élection ne pouvait plus attendre. Le gouvernement répétait qu’elle était la volonté de tous les Algériens. Qui ne l'ont pas entendus de cette oreille.

«Ne fermez pas la capitale. C’est interdit. On est libres, C’est impossible et ce n’est pas bien. Pourquoi vous fermez la capitale ? L’article 155 dit que le citoyen circule où il veut. Regarde ! Regarde la réponse! C’est le peuple qui décide, c’est le peuple qui décide qui sera son président, ce n’est pas l’état militaire qui décide pour nous.»

Des jeunes chantent : «on est venus, comme des migrants, dans la capitale»

La hausse de la mobilisation ce vendredi, dans tout le pays, alors que les Algériens sont particulièrement attachés à leur armée, semble montrer que le discours du chef d’état-major n’est pas audible. Les slogans des manifestants le visaient cette fois particulièrement : « Le peuple veut la chute de Gaid Salah », ou encore « Ecoute Gaid Salah, on a dit état civil pas militaire ».

Le fait que la contestation soit dirigée principalement contre le chef d’état-major, montre qu’il est affaibli, au sein d’une opinion publique qui pourtant soutient l’armée. Or, depuis le début du mouvement, lorsque des personnalités étaient critiquées de façon virulentes par la rue, elles ont perdu leur poste, et pour certaines, été incarcérées.

Source : RFI

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