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Abdoulaye Wade au Sénégal: un retour à double tranchant?

De retour au pays en fin d’après-midi ce lundi 10 juillet, Abdoulaye Wade a sillonné Dakar pour saluer ses sympathisants. Une première action de campagne en vue des législatives du 30 juillet qui s’est terminée devant le QG de son parti, le Parti démocratique sénégalais.

Un QG devant lequel l’ex-président a pris la parole devant ses sympathisants. A 91 ans,— Abdoulaye Wade estime que sa carrière n'est pas terminée mais ce retour est néanmoins risqué.

Après la liesse à l’aéroport, la cohue et manque de discipline ont marqué l’arrivée d’Abdoulaye Wade au QG de son parti. L’ex-président a dû attendre longuement dans son véhicule pour accéder à la scène. C’est debout, dans son boubou bleu et jaune aux couleurs de son parti, avec une piètre qualité de son qu’Abdoulaye Wade a expliqué les raisons de son retour.

« J’ai entendu le message que le Sénégal va mal. Cette souffrance me fait mal, très mal. Ma famille politique s’est associée avec d’autres partis avec un objectif : faire partir Macky Sall », a affirmé l’ancien chef d’Etat.

Macky Sall « peut partir et aller où il veut »

Au milieu de ce discours improvisé, la sonorisation lâche. Abdoulaye Wade continue de parler mais devient inaudible pour ses sympathisants durant cinq longues minutes. Un nouveau micro est tendu, l’ex-chef de l’Etat sénégalais attaque à nouveau le président Macky Sall et l’invite à quitter le pays.

« L’avion qui m’a amené, s’il le souhaite, je lui prête. C’est pour lui montrer que je ne lui veux pas de mal, a lancé Abdoulaye Wade. Demain à 10 ou 11 heure, avec sa femme, ses enfants, ses partisans, il peut partir et aller où il veut ».

Visiblement fatigué après cette longue journée qui signe son retour dans l’arène politique, Abdoulaye Wade a refusé de s’exprimer en français et est parti récupérer. Un repos mérité et essentiel car une chose est claire : la majorité présidentielle prépare la contre-offensive.

A 91 ans, Abdoulaye Wade joue gros

Abdoulaye Wade opère donc un retour politique pour mener la campagne des législatives du 30 juillet prochain. L'ex-président est tête de liste nationale. L’ancien chef de l’Etat estime que sa carrière n'est pas terminée mais ce retour est néanmoins risqué.

S'il est quasi certain, en étant tête de liste nationale, d'être élu député, la victoire d’Abdoulaye Wade est assurée mais celle de son clan est loin d'être gagnée. En rentrant à Dakar, l'ex-président met en effet en danger le parti qu'il dirige depuis 1974. Un parti déjà divisé, avec différentes fratries qui ont toutes le même rêve : succéder au Gorgui, au doyen, qui lui ne pense qu'à un seul homme politique : son fils.

C'est un combattant. Wade, il est honnête, il est sérieux. On est avec lui jusqu'à la mort.

Karim Wade, invisible depuis son exil au Qatar, est pour le moment le grand absent de ces législatives mais il reste le choix de son père, le seul et unique candidat possible du PDS pour la présidentielle de 2019.

S'il espère une victoire aux législatives du 30 juillet, Abdoulaye Wade sait qu'un score correct mettrait justement son fils sur les bons rails mais il a aussi conscience qu'une défaite cuisante mettrait son parti le PDS dans une situation inquiétante et signerait aussi la fin de sa carrière, mais surtout celle de son fils. Abdoulaye Wade n'a donc pas le choix, à 91 ans, il engage son combat politique le plus difficile.

Source : RFI

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