Samedi 07 Décembre 2019

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« Disservice public, Mali » | Trop affamé pour aller à l'école

Au Mali, un programme de cantine scolaire est détourné pendant que des enfants meurent de faim

Par David Dembélé

Plus d'un millier d'écoles au Mali devraient disposer de cantines scolaires, destinés à assurer aux enfants malnutris, au moins un bon repas par jour. Mais des maires de ville, des fonctionnaires, des directeurs d’école et d’autres, tout le long de la chaîne, font disparaître, nourriture et argent, sous l'œil peu vigilant d'un ami du président. 

Le soleil tape dur à Dianwély, un petit village du centre du Mali situé à huit cents kilomètres au nord de la capitale Bamako. La région, du nom de Douentza, subit les attaques de différentes milices depuis des années. Les éleveurs nomades Peulh et les agriculteurs Dogon se disputent les ressources et la terre; et puis il y a des djihadistes aussi : en l'absence d'un État efficient capable de créer des emplois ou même de fournir l'eau, chacun gère ses propres intérêts et ses priorités. Il existe tout de même quelques écoles délabrées et de nombreuses familles tentent de mener une vie tranquille et d’éduquer leurs enfants.

Mais Samerou (12 ans) ne va pas à l'école aujourd'hui. A 42 degrés Celsius, il fait beaucoup trop chaud pour parcourir la distance de sept kilomètres. Il se trouve que Samerou ne s’est rendu à l’école, aucune fois au cours des deux derniers mois. «Il est malade», dit sa mère. «Il ne peut pas physiquement marcher aussi loin, deux fois par jour et sans nourriture.»

La maman est jeune mais déjà veuve; elle l’est depuis deux ans. Sans emploi ou sans autre moyen de subvenir aux besoins de la famille, la nourriture n’est souvent pas en quantité suffisante chez Samerou. C'est pour cela que le gouvernement est censé lui fournir, à lui et aux autres enfants de la région, un repas quotidien à l’école. La nourriture, budgétée à 100 F CFA soit 20 centimes de dollars américains, est vitale à plus d'un titre: non seulement elle aidera le garçon à combattre la malnutrition et le risque de retard de croissance, autant qu’à avoir une éducation; cela pourrait aussi le préserver des "cris des sirènes" (1) de groupes qui ont opté pour la guerre et le pillage pour se prendre en charge.

Le président insiste sur l'importance des repas scolaires

Le projet de cantines scolaires, mené en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et un certain nombre d'organisations humanitaires, est censé offrir au moins une assiette de nourriture par jour et par enfant dans 2236 écoles au total à travers tout le Mali. Sur les 2236 écoles du programme, l'État est censé en prendre en charge 1301, soit un peu plus de la moitié; et le PAM avec d’autres organisations humanitaires s'occupent du reste.

Depuis vingt ans, le projet cible les régions de Bamako, Gao, Kayes, Koulikoro, Ségou, Sikasso, Mopti, Taoudeni et Tombouctou: la plupart de ces localités se trouvent au nord et à l'est du Mali, où sévissent le plus le chômage, la faim et les conflits armés. Dans son discours de Nouvel An à la nation en 2019, le président Ibrahim Boubacar Keïta a souligné l'importance des cantines scolaires et a annoncé qu'un millier d'écoles supplémentaires seraient équipé en cantines scolaires.

Cela n'est malheureusement pas arrivé, autant que le programme actuel n’est pas fonctionnel. «Mon fils ne reçoit pas de repas à l'école», répète tristement la mère de Samerou. «C'est pour cela qu’il n'y va pas.»

Trois cuillerées de bouillie

Dans l'espoir de pouvoir manger, les enfants ont continué à fréquenter l'école primaire de Youwarou, près de Mopti à six cents kilomètres au nord-est de la capitale. Assis à même le sol dans trois salles de classe délabrées, certains disent en avoir eu un peu aujourd'hui: trois cuillerées d'une légère bouillie de mil appelée gnêgnêkini. Les autres, non. “Les autres écoliers devraient être servis le jour ouvrable suivant. Ils seront alors prioritaires”, explique Ousmane Dicko, un enseignant en charge du programme alimentaire. Il agite un papier avec les noms des soixante-trois écoliers qui mangeront à midi le lundi. «La différence se voit clairement», déclare un collègue de Dicko, un enseignant de troisième année. "Ceux qui n'ont rien mangé sont beaucoup moins réceptifs que ceux qui ont quelque chose dans l'estomac."

Ceux qui n'ont rien mangé sont beaucoup moins réceptifs

Lorsqu'on lui demande pourquoi certains enfants ne mangent pas, Ousmane Dicko répond que la mairie de Youwarou livre cinquante sacs de mil de cinquante kilos par trimestre au lieu des quatre-vingt-dix sacs prévus. «Nous devons donc nous débrouiller comme ça jusqu'à ce que la situation s'améliore." Mais quand cela arrivera-t-il? Une visite à la mairie de Youwarou pour chercher une explication s’est avérée infructueuse: pas un seul responsable municipal n'est disponible pour s’exprimer à ce sujet. "Trois lettres ont été envoyées au maire pour se renseigner à ce sujet depuis octobre dernier. Plus récemment, nous avions écrit en février de cette année 2019. Nous n’avons reçu aucune réponse ", a déclaré Ousmane Dicko.

À environ trois cents kilomètres vers le sud, dans le groupe scolaire Macina, dans la région de Ségou, les enfants ne mangent que trois jours par semaine. Les mardis et les jeudis, il n’y a rien. Alors Modibo Cissé (10 ans) et sa soeur Anna (7 ans) restent à la maison ces jours-là: "Ils parcourent une dizaine de kilomètres pour venir et c’est trop, explique l’enseignant Arsène Kamaté. L'école, qui accueillait autrefois plus de deux cents enfants, risque aujourd'hui de fermer ses portes. «De moins en moins d'enfants viennent», déclare un membre du comité des parents. «Environ quatre-vingt pour cent restent à la maison à cause du manque de nourriture. Seuls les parents qui ont les moyens de donner de l'argent à leurs enfants continuent de les envoyer ici.»

Des fonds détournés et des céréales qui manquent

Le problème se situe au niveau des maires des municipalités, affirme un responsable du département de l'éducation, Moussa Fofana. «Les maires nous disent régulièrement qu'ils n'ont pas de compte à nous rendre. Ils gèrent l'argent à leur guise, passent des contrats avec des fournisseurs locaux, sans fournir les rapports financiers». L'ancien directeur financier du ministère de l'Éducation, Aliou Coulibaly, confirme que l’appui apporté au comité de gestion de l'école à travers la municipalité de Douentza, où vivent Samerou et sa mère, a été suspendu depuis mars de cette année. «Douentza recevait cinq millions de F CFA (8 500 dollars américain) par an pour les repas scolaires. Mais personne ne savait comment ces fonds étaient gérés. Nous ne recevions aucun rapport». D'où la suspension. «Rien qu'en 2017, huit cent millions de F CFA (près de 1,4 million de dollars américains, soit plus du cinquième des 6,3 millions de dollars américains de budget annuel total pour les repas scolaires au niveau national) ont été détournés et utilisés à d’autres fins», ajoute-t-il.

Il est cependant difficile de déterminer le taux de la nourriture et de l’argent qui manque du programme. Dans une situation où peu de municipalités rendent même compte et où il n’est pas possible de retracer les livraisons aux écoles, comment peut-on affirmer avec certitude que seulement un cinquième du budget a disparu? Quand on lui a demandé comment avaient été calculé les huit cent millions et s'il était certain que les quatre-vingt pour cent restant avaient effectivement été utilisés pour les repas scolaires, le directeur financier a détourné la conversation.

Retracer les quantités réelles de la nourriture dans le programme est également un grand défi. Moïse Togo, responsable des achats au ministère de l'Éducation, a déclaré que, selon un rapport rédigé récemment par son ministère, soixante-huit tonnes de céréales ont disparu en 2017. Mais Togo a également reconnu qu'il ne savait pas quelle était la quantité qu’il était censé y avoir. Il soupçonne des “tricheries” dans un nombre considérable de cas, soulignant que «le ministère de la Justice devrait se pencher sur ce qu’il se passe avec les ressources affectées au programme de cantines scolaires». Mais comment la police pourrait-elle constituer un dossier de vol si on ne sait même pas la quantité de ressources qui avaient initialement été  allouées par région?

Personne ne connaît la quantité de céréale achetée chaque année

Trois jours passés à téléphoner des responsables du ministère de l'Education ont été en vain. Personne ne sait quelle quantité de céréales, de poissons séchés, de légumes ou d’un quelconque aliment est censée être achetée chaque année, par qui ou dans quelle région. Ce qui est surprenant, car au niveau des mairies, il semble que les écoles aient été informées de la quantité de nourriture qui leur serait fournie. Si le professeur Ousmane Dicko de Youwarou savait que son école était censée recevoir, par trimestre, quatre-vingt-dix sacs de mil de cinquante kilos chacun - ce qui correspond à 18 000 kg de mil par an pour son école - comment se peut-il que le gouvernement ne sache pas quelle quantité de nourriture doit être distribuée dans chacune des 1301 écoles dont il est censé s’occuper? 

Selon le directeur général du Centre national des cantines scolaires (CNCS), Sarmoye Boussanga, la question ne se pose pas. "En 2018, l'Etat a effectivement suspendu le transfert de fonds (pour le programme) en raison de dysfonctionnements dans de nombreuses cantines", a déclaré Boussanga au téléphone. "Mais cette année, les 1301 cantines financées par le budget national fonctionnent correctement." Informé que d’après des observations sur le terrain, ce n’était vraiment pas le cas, Boussanga a refusé de répondre à de nouvelles questions et n’a plus répondu aux appels téléphoniques par la suite.

Le chef du Service de la planification et de la communication du CNCS, Nouhoum Doumbia, a néanmoins admis que tout n’allait pas bien. "Non, nous ne sommes pas satisfaits de la gestion des cantines scolaires. Les enfants souffrent. Les fonds alloués ne sont pas utilisés comme il faut», a-t-il dit. Il a suggéré que l'État «assume ses responsabilités et agisse».

Le directeur affirme que toutes les cantines scolaires fonctionnent correctement

Mais n'est-ce pas lui, ou plutôt son institution, le CNCS, qui est censée être en charge? L'État devrait-il prendre des mesures contre le CNCS? Non, a répondu Doumbia. "Ici, nous ne nous occupons que de la paperasse. Nous ne gérons pas l'argent. Il est directement versé dans le budget des municipalités dans lesquelles se trouvent les cantines scolaires." Lorsqu'on lui a demandé si le CNCS n'était pas responsable de faire le suivi de l'utilisation des fonds par les municipalités en question en exigeant des rapports et des factures, et en évaluant les taux de succès et d'échec sur cette base, il a répondu “nous allons en fait procéder à un audit " dans un futur proche.

Le Bureau d’audit des services publics se dit qu'il est trop occupé pour auditer les fonds destinés au programme de cantines scolaires ou au fonctionnement du CNCS. «Nous sommes une petite équipe et nous ne pouvons pas tout contrôler en même temps», a déclaré le directeur général, Mamoutou Traoré. Bandiougou Diawara, chef du Pôle économique chargé de la répression de la corruption et de la préservation des biens de l’Etat accuse également "des moyens trop limités pour couvrir toutes les structures de l'Etat". Il a ajouté néanmoins, que son bureau "ne peut exclure que l'ensemble la chaîne de gestion des cantines scolaires fera l’objet d’un audit financier (à un moment donné.) » Mais il n’a pas précisé quand.

Les services publics maliens étant quelque peu déficients à la base - le Mali se classe au 120e rang sur 180 pays, sur l'indice de perception de la corruption de Transparency International - les problèmes liés au programme de cantines scolaires peuvent être symptomatiques du fonctionnement de l'État en général. «Les programmes d'aide aux régions rurales vont toujours de travers», a déclaré un ancien responsable de l'État malien qui a contribué dans les efforts de l'État et des programmes d'aide pour apporter des services, de la nourriture et d'autres formes d’aide dans les zones défavorisées du pays. «Parce que, en dehors des emplois de l'État, il n'y a pas de travail. Alors, chaque programme d’aide est utilisé pour créer des emplois, de l’argent et des biens aux personnes qui participent au circuit (de l’État et des partenaires de développement). Les bénéficiaires ultimes sont le cadet des soucis de tout le monde».

Les préoccupations des bénéficiaires ultimes sont le cadet des soucis

La manière dont les organisations humanitaires indépendantes sont également touchées par ce qui se passe dans les «circuits», est illustrée par une visite à la communauté scolaire de Zantiébougou, un hameau situé à l'extérieur de la capitale Bamako, qui était censé être pris en charge par le Programme alimentaire mondial. Un membre du comité des parents dans la région a dit que la nourriture a effectivement été apportée par le PAM, mais que le directeur «l’a fait livrer à son domicile tout au long de l’année 2018, dépouillant ainsi nos deux cents écoliers». Contacté à ce sujet, Virgo Ngarbaroum, du PAM, a déclaré qu'elle allait examiner l’affaire puis revenir vers nous à ce sujet, mais également sur des questions d'ordre général concernant les taux de réussite et d'échec du PAM. Au moment de passer en production, aucune réponse ne nous était encore parvenue.

Donnant son avis sur la façon d'améliorer la gestion du projet de cantines scolaires, l’expert en éducation Augustin Poudiougou a suggéré que l'État Malien renforce le CNCS, “pour gérer la chaîne du début à la fin, pendant qu'il serait régulièrement audité pour une plus grande efficacité”. Mais, las, il s’est aussi dit, qu'il serait peut-être préférable que l'État ne soit pas impliqué du tout et que "les cantines scolaires soient (plutôt) gérées par un organisme indépendant pour garantir la livraison et la qualité du suivi".

L'ancien Premier ministre et ancien maire de Bamako, Moussa Mara, devenu politicien de l’opposition, pense que les défaillances du système - qui sont souvent maintenues précisément parce qu’elles offrent des possibilités de corruption - peuvent être traitées. «Les régions et les municipalités peuvent et doivent être tenues responsables. Travailler de manière plus structurée avec la société civile et les écoles elles-mêmes serait également utile. Les parents et les comités de gestion des écoles devraient être impliqués dans la sélection des fournisseurs de la nourriture dans la région, et aussi dans les rapports de livraison. Les rapports des municipalités devraient être co-signés par les comités de gestion des écoles».

Mais est-il possible de mettre en place de tels mécanismes dans un État dysfonctionnel comme le Mali? Mara concède que ce sera difficile. «Lorsque j'étais ministre, pendant neuf mois d'avril 2014 à janvier 2015, dans le contexte d’une grave crise de sécurité, je n'avais pas le temps de suivre ce que faisaient les autres ministres, même si je les encourageais toujours à être en contact avec la société civile dans leurs portefeuilles. Mais nous avons obtenu des résultats dans le programme de cantines scolaires lorsque j'étais maire de Bamako, en relation avec les comités de gestion des écoles. C'est pourquoi je dis que la responsabilité locale est cruciale».

Un membre au moins, du conseil municipal local à Youwarou, Amadou Bah, a déclaré qu'il jouerait volontiers un tel rôle dans le suivi des livraisons de la nourriture dans les écoles de sa région. Les parents des comités d’école que nous avons visités ont tous affirmé attendre avec impatience une telle collaboration. Mais la question demeure de savoir si les responsables actuels du programme de cantines scolaires verront la nécessité de s’améliorer, aussi longtemps que le directeur Boussanga estimera qu’il n’y a pas de problème et que «toutes les cantines scolaires fonctionnent bien».

Et Boussanga n’est pas une personne quelconque. «Il milite de longue date pour le président Keita», a déclaré une source avisée. «Il portait le portrait d’IBK partout avec lui et d’autres militants lors de la campagne de l’année dernière. C'est un grand ami de l'administration actuelle. C'est comme cela qu'il a obtenu ce poste».

ENCADRé

L'importance des repas à l'école

Un peu plus de cinq cent mille écoliers (moins de cinq pour cent des dix millions d'enfants en âge d'aller à l'école au Mali) bénéficient du programme de cantines scolaires. Plus de quatre-vingt pour cent des neuf mille écoles du pays ne disposent même pas d'installations adéquates pour la préparation des repas. Le programme de repas à l’école n’est donc guère plus que la goutte d'eau dans l’océan.

Cependant, il a été démontré que lorsque la sécurité alimentaire s'améliore grâce aux repas scolaires, la fréquentation scolaire augmente également. Une étude de l'impact des cantines scolaires réalisée conjointement par l’Imperial College Consortium de Londres l’Imperial College Consortium de Londres (Royaume-Uni) et l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires du Washington (États-Unis) indique qu'entre 2012 et 2017, les repas scolaires pris en charge par le PAM au Mali ont entraîné une augmentation du taux de scolarisation de onze pour cent et une réduction du travail des enfants. L’effet était encore plus marqué dans les zones à plus forte intensité de conflit. "Les repas à l’école ont permis (en moyenne) d'augmenter la durée de scolarisation de 0,5 ans pour les garçons et de 1,1 ans pour les filles", indique le rapport.

 

(1)    Le rapport d'enquête transnational "The Siren Call" de l’AIPC et ZAM en 2015, a démontré la manière dont la mauvaise gestion et l’exploitation poussent les jeunes dans les bras de djihadistes et autres militants de l’Afrique de l’Est et de l’Ouest. David Dembélé a présenté le chapitre consacré au Mali dans le cadre de cette enquête. Voir : https://www.zammagazine.com/chronicle/chronicle-19/316-the-siren-call

 

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Les pays africains pauvres gaspillent des milliards pendant que les citoyens manquent de tout

Le manque de service public et de protection de l'État pousse au désespoir et au militantisme

AIPC / ZAM

Une enquête transnationale menée par l'AIPC (African Investigative Publishing Collective) sur la capacité des État dans six pays africains, a révélé que la négligence de l'État et le gaspillage des budgets consacrés aux services publics entrainaient le désespoir, l’aliénation et, dans le pire des cas, poussaient les jeunes hommes à prendre les armes contre leur gouvernement. En Somalie, Muno Gedi, membre de notre équipe, a interviewé plusieurs soldats qui envisageaient de rejoindre les «terroristes» ou qui l'avaient déjà fait. Ce n'était pas parce qu'ils étaient d'accord avec les insurgés mais parce qu'ils estimaient que leur gouvernement les avait abandonnés.

La raison pour laquelle Ali, un soldat somalien de 20 ans, envisage sérieusement de rejoindre les "terroristes" d'Al-Shabab qui mènent une violente insurrection dans son pays, souvent avec des méthodes terroristes, est qu'il ne reçoit pas de salaire de son gouvernement. Il n'en n’a pas reçu depuis des mois. «Nous n’avons même pas d’arme. Le gouvernement ne s'est pas fermement engagé à nos côtés dans cette guerre. Ce serait plus facile pour moi d’être avec les « garçons » jargon habituel pour désigner  Al-Shabab, a-t-il déclaré, une cigarette pendante sur les lèvres et l’uniforme sale, pendant notre rencontre, à un barrage sur la route vers la région du Middle Shabelle partiellement contrôlée par Al-Shabab. «Mes parents n’habitent pas loin d'ici. Si je rejoignais « les garçons », je pourrais au moins leur rendre visite sans me faire tuer. »

« Les Al-Shabab ne sont pas saints, mais au moins, je ne vivrai pas dans la peur »

En revanche, les militants étaient perçus comme plus «organisés». «les Al-Shabab ne sont pas saints, mais au moins, je ne vivrai pas dans la peur», a déclaré Abdinur, un soldat de 27 ans, interviewé dans un camp militaire à Middle Shabelle. Un certain nombre d’interviewés, occupant des postes élevés dans l'armée, parmi eux, Abdi, commandant adjoint d'un bataillon dans la capitale Mogadiscio et personne ressource à l’agence somalienne de renseignement (NISA), ont exprimé leur mépris pour le gouvernement, affirmant qu'ils étaient au courant que l'armée recevaient des millions de dollars de soutien de la part des pays donateurs, mais que seuls "le président et le premier ministre savaient où allait tout cet argent" et qu’il était utilisé pour "leurs projets privés".

Nous avons rencontré un ancien soldat de l'armée nationale somalienne à Middle Shabelle, qui a récemment rejoint les insurgés. Bien vêtus, chemise bleue et pantalon vert foncé, il a affirmé être beaucoup plus heureux depuis qu'il avait déserté. «Tous les lieux les plus sûrs sont sous le contrôle d'Al-Shabab. C’est seulement ici que je peux être en sécurité et avoir un petit salaire », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il «avait perdu ses deux meilleurs amis parce que le gouvernement ne nous donnait pas d’équipement».

Les parrains habituels

L’équipe transnationale a constaté que la négligence de l’État et un service public médiocre étaient également un facteur de militantisme et d'insurrection au Cameroun et au Mali, en Afrique de l'Ouest. Au Cameroun, une insurrection armée réclamant l’indépendance de la région occidentale du pays, a récemment émergé après des années de négligence de la part du gouvernement central. Chief Bisong Etahoben, membre de l’équipe qui a travaillé sur le Cameroun, a identifié un ensemble de projets destinés aux populations et qui ont été menés à la faillite par l’Etat, au cours des vingt dernières années. Ceux-ci incluent un projet de développement de la culture de céréales qui, selon d’anciens employés, avait financé des «voyages, mariages et baptêmes» de dirigeants du parti au pouvoir; la compagnie aérienne nationale (où, d’après d'anciens employés également, les «parrains habituels» ont «donné tous les emplois à des parentés non qualifiés» et «se sont octroyés des billets d'avion gratuits pour eux-mêmes et pour leurs familles») ainsi que deux programmes de crédit aux agriculteurs. Dans ce dernier cas, d’après un cadre du ministère des Finances qui s'est entretenu avec Chief Etahoben, «des responsables de l’Etat et du parti au pouvoir ont emprunté de grosses sommes d'argent en sachant qu'ils ne rembourseraient jamais». Très récemment, le Cameroun a également raté l'opportunité d’abriter la Coupe d’Afrique des Nations après que les budgets des stades et des hôtels ont été dépensés sans toutefois bâtir l’infrastructure exigée.

« Les enfants ne reçoivent que trois cuillerées de bouillie tous les deux jours »

Pendant ce temps, au Mali, un programme de cantines scolaires spécialement conçu pour maintenir les enfants à l'école et les éloigner des milices armées qui recrutent dans la population au chômage (1), est un échec total. Ousmane Dicko, un enseignant interviewé par le journaliste David Dembélé dans l'une des écoles délabrées de Youwarou dans le nord-est, où les enfants ne reçoivent que trois cuillerées de bouillie tous les deux jours, a déclaré que "des écoles en arrivaient même à fermer" puisque "la municipalité gardait la moitié des céréales pour elle-même». A Douentza, dans le nord du Mali, la mère de Samerou, un garçon de 12 ans désespère sur l'avenir de son fils s'il restait sans instruction. Mais, elle estime que son garçon est tout simplement trop affamé pour «aller à l’école et ne pas trouver de nourriture là-bas non plus». 

Interviewés, les habitants et les enseignants dans trois régions différentes du Mali ont accusé les responsables de l'administration locale de s’accaparer de l'argent et de la nourriture ou de la vendre pour leur compte personnel, au lieu de la distribuer aux écoles. En tentant de suivre la trace du budget et de la nourriture, Dembélé a constaté que les fonctionnaires régionaux ne souhaitaient pas répondre aux questions concernant les disparitions, pendant que l'administration centrale elle, n'exerçait aucun contrôle sur la répartition des budgets et des aliments. Le Centre national des cantines scolaires (CNCS), qui gère officiellement le programme, a déclaré à Dembélé qu'«ils ne font pas le suivi» de la nourriture ou de l'argent. Dembélé n'a également trouvé personne dans le département de l'éducation qui sache quelle quantité de nourriture était achetée ou distribuée dans les écoles. Sarmoye Boussanga, le directeur du CNCS, connu pour sa loyauté envers le président du pays, a quant à lui, insisté en disant que tout fonctionnait bien.

Le désespoir

Au Kenya, l'équipe transnationale n'a pas trouvé de militantisme, mais du désespoir, en interrogeant des patients incapables de payer les soins médicaux dont ils ont besoin. Esther Wambui, une patiente de l’hôpital Kenyatta de Nairobi, a déclaré à notre consoeur Joy Kirigia, qu'elle ne pouvait pas se payer une chimiothérapie pour son cancer du col de l’utérus. La soeur de Wambui, Gladys Mwihaki, qui gagne quatre dollars américain par jour comme nettoyeuse, a dit à Kirigia que « Esther ne fait que pleurer toute la nuit, mais nous n'avons pas l'argent». 

L'Etat kenyan a cependant dépensé des sommes importantes sur des équipements médicaux, en grande partie superflus, comme des appareils de radiographie et des scanners pour certains hôpitaux. Les machines, achetées à de grandes sociétés para-pharmaceutiques dans le cadre d’un programme de «fournitures d’équipements médicaux» - à un coût de 257 millions de dollars américains à ce jour - sont devenues notoires au Kenya pour l’opacité, le manque de concertation et les soupçons de pots-de-vin entourant l’affaire. La Commission des finances du Sénat kenyan a constaté l'an dernier, qu'au moins «la moitié des (…) hôpitaux (figurant sur la liste des bénéficiaires, mais qui n'avaient jamais été consultés) dans le contrat, n'ont jamais utilisé l'équipement», soit parce qu'ils n'avaient pas le personnel qualifié ou même l'électricité pour les utiliser, soit parce qu’ils possédaient déjà des équipements similaires. L’auditeur général du Kenya, Edward Ouko, a dit à notre reporter Joy Kirigia que « dans certains cas nous nous sommes rendus dans les régions qui ont été livrées pour constater que rien ne s’y trouve ou qu’il s’y trouve quelque chose mais emballée dans des boîtes».

« Il n’y a rien là-bas ou alors c'est emballé dans des boîtes »

Les tentatives répétées de Kirigia pour obtenir les commentaires du ministère de la Santé ont été infructueuses et le contenu des contrats avec les sociétés para-pharmaceutiques reste inconnu. Le paiement de compagnies para-pharmaceutiques avec l’argent des contribuables kényans continue cependant : au moins 118 millions de dollars américains supplémentaires doivent de nouveau être dépensés pour du matériel similaire. Selon les chiffres du plan stratégique de ressources humaines du ministère de la Santé du Kenya, environ 165 000 patients meurent chaque année au Kenya de maladies comme le cancer, la tuberculose, le sida et la pneumonie, dont beaucoup dans des conditions similaires à celle d’Esther Wambui, sans recevoir les traitements nécessaires.

Des milliards pris au piège

De manière similaire, au Nigéria, des budgets destinés à fournir les soins de santé de base, l’éducation et d’autres services au niveau local, ont été retrouvés «pris au piège» dans une gigantesque bureaucratie. Au cours des douze dernières années, près de quatre milliards de dollars américains d’allocations annuelles n’ont pas été versés par les autorités fédérales nigérianes aux municipalités locales.

Un porte-parole du gouverneur de l'État de Kogi, Attai Aidoko, contacté par le journaliste Theophilus Abbah pour commenter l'état de délabrement d'un dispensaire de sa région, a déclaré que le gouverneur "avait fait de son mieux pour amener ce projet à ses électeurs" et a accusé l’administration locale pour le fait que la clinique n'ait jamais traité aucun patient. Plus tard, lors d'un autre appel téléphonique, lorsque le journaliste a voulu se renseigner sur les allocations qui auraient dû être versées au niveau local par le gouverneur de l’État de Kogi, l'assistant n'a pas décroché le téléphone ni répondu aux SMS. On ignore encore ce qu’il est advenu du montant estimé de 42 milliards de dollars américains non redistribués par les États du Nigéria au cours des douze dernières années.

L'équipe s’est rendu compte que la corruption n'était pas toujours à l'origine du gaspillage de l'argent; il s’agissait souvent aussi d’une question de dysfonctionnement du système et de mauvaise gouvernance, ce qui, comme on l'a également noté, crée davantage d'opportunités pour ceux qui veulent voler. Le Ghana, par exemple, a à plusieurs reprises investi des millions de dollars dans des conserveries de tomates destinées à transformer les récoltes des célèbres producteurs de tomates du pays, qui représentent 70% de la population active dans les régions du nord. Cependant, la mauvaise gestion des projets de mise en conserve a conduit à des faillites et à l’arrêt des opérations à chaque fois. Une étude réalisée en 2010 par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) à Washington, aux États-Unis, mentionne «des pannes fréquentes résultant d'un manque de pièces de rechange et de machines obsolètes, d'un manque de compétences techniques, d'une mauvaise gestion financière et d'un marketing médiocre» comme les causes de ces échecs.

La frustration pousse au suicide

Le manque ou la médiocrité du soutien de l’Etat aux producteurs de tomates, a donné lieu à des suicides depuis au moins 2007.  Contacté par le journaliste Zack Tawiah, le directeur municipal de la région de Tano au Sud du Ghana, Collins Offiman Takyi, a confirmé que deux agriculteurs - seulement identifiés comme Abuu et Appau - se sont donné la mort l'année dernière en buvant un «pesticide appelé Aerocon». «Deux d'entre eux l'ont bu et ils sont morts parce qu'ils avaient emprunté une somme énorme à des créanciers», a déclaré Takyi. Kwabena Asante et Issahaku Ayama, des agriculteurs interrogés par Tawiah, ont confirmé être au bord du désespoir. Asante a déclaré que le gouvernement « négligeait » les agriculteurs alors qu’Ayama, un ancien lauréat du prix “meilleur producteur de tomates” deux années consécutives au niveau régional, affirme qu'en effet «la frustration pousse à se suicider avec du poison».

Comme mentionné plus haut,  rien n'indique que la corruption ait contribué à la mauvaise gestion des conserveries de tomates ou au manque de soutien aux agriculteurs en général. Cependant, au Ghana, comme dans les autres pays où l'équipe a enquêté, des fonctionnaires de l'État ont refusé de répondre au sujet de leurs responsabilités et de leurs portefeuilles. Aucune réponse n’a été reçu du ministère du Commerce du Ghana, au bout d’une semaine d’appels téléphoniques répétés. Les téléphones étaient soit éteints, soit sonnaient à vide, soit on y répondait en promettant de rappeler, ce qui n’arrivait pas.

Partant du constat que de l’argent est souvent disponible pour fournir des services aux citoyens et que la bonne gestion de ces budgets semble cruciale, l’équipe de l’AIPC recommande dans ses conclusions qu’un dialogue devrait avoir lieu sur les moyens d'améliorer la situation en impliquant la société civile et des pionniers de la bonne gouvernance au sein des structures de l’État (des six pays), ainsi que les pays donateurs et les partenaires de développement.

Cette enquête a été menée par une équipe de l'AIPC composée de David Dembélé (Mali), Muno Gedi (Somalie), Zack Ohemeng Tawiah (Ghana), Theophilus Abbah (Nigéria), Chief Bisong Etahoben (Cameroun) et Joy Kirigia / Africa Uncensored / (Kenya ). Le projet a été coordonné et édité par Evelyn Groenink (ZAM). Le rapport complet sur le « Desservice public » est disponible sur www.zammagazine.com.

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Projet « Public Disservice »

Comment nous avons fait

Comment enquêter sur l'eau quand on est un poisson? Voilà une question que les membres de notre équipe se sont posé mutuellement et à eux-mêmes, encore et encore au cours des neuf mois que nous avons consacrés à l’enquête sur les mécanismes des État défaillants et mal gouvernés. La seule chose que nous savions depuis le début - parce que nous avions tous lu les budgets de nos États et, dans le cas de pays très pauvres comme le Mali, les budgets de nos donateurs - était qu'il y avait de l'argent. Il y en avait beaucoup. Peut-être pas assez pour des soins de santé premium et moderne gratuitement pour tous nos citoyens, mais des soins de santé de base étaient, eux, réalisables dans presque tous nos pays. Il y avait de l'argent pour les routes, pour les cantines scolaires dans les zones où le besoin existait et de l’argent pour une production agricole qui approvisionne les marchés de nos propres pays.

Nous nous sommes alors posé une question très claire: pourquoi ces services (soins de santé, routes, cantines scolaires, soutien aux agriculteurs) n’existaient-ils pas?

Nous avons d'abord cherché à identifier les voleurs, qui ont simplement détourné de l'argent destiné aux services de l'État et l’ont utilisé pour eux-mêmes. Nous en avons trouvé quelques-uns, ainsi que leurs complices locaux et internationaux, qui les ont aidés à s’approprier les fonds ou à les détourner vers l’étranger. Nous avons publié un article à leur sujet dans «The Associates», la première enquête de cette série.

La conserverie de tomates n'a jamais fonctionné

Mais la corruption et le détournement n'expliquaient pas tout. Il y avait plus. Les membres de l’équipe savaient où de sommes importantes d’argent se trouvaient : pas volés, mais «coincées» quelque part dans la bureaucratie nigériane, ou dépensées pour des équipements (appareils médicaux, machine de mise en conserve de tomates) qui ne servaient à rien. Ils se sont rendus compte que, dans le cas d’équipements médicaux, un appareil de radiographie ne peut pas servir à grand-chose si elle n’est pas alimentée en électricité ou si les patients ne peuvent pas en profiter parce qu’ils sont déjà morts de maladies qui auraient pu être évitées avec des soins de santé de base. Ils savaient qu'il y avait déjà quatre projets de mise en conserve de tomates et que ceux-ci n'avaient jamais fonctionné.

C'est là que les choses deviennent sérieuses. Si vous vivez dans un pays où les usines de transformation ont rarement fonctionné, voire jamais, vous avez tendance à ne plus vous demander pourquoi. Vous vous dites que vos politiciens et vos fonctionnaires ne sont tout simplement pas à la hauteur, et vous passez à autre chose. Si vous vivez dans un pays où les dépenses de l’État sont, comme l’a dit un responsable politique kényan, "orientées par les fournisseurs", vous voudrez peut-être découvrir un pays - où qu’il en existe - où les responsables des budgets demandent d’abord ce dont les citoyens ont besoin avant de dire "oui" à un fournisseur plein de convoitise. Mais que se passe-t-il si vous n'avez même jamais osé imaginer vivre dans un tel pays?

De même, souvent, ceux d'entre nous qui vivent dans des pays mieux organisés dont les Etats sont structurés pour servir les citoyens, ne voient pas ce qui ne va pas ailleurs; dans les anciens Etats colonisés dont les systèmes étatiques avaient été conçus pour le pillage. Il est alors facile de se dire "Eh bien, oui, ils sont corrompus et incompétents là-bas". Mais en faisant cela, on passe à côté de la façon dont un ministre nigérian tente, malgré tout, de faire fonctionner les choses.

Barrage de mensonges

Mais lorsque les membres de l’équipe qui vivent dans des contextes différents de développement, discutent sur le fonctionnement des services publics pour l’intérêt général, quelque chose se produit. Un écolier du centre du Mali ignore qu’il a droit à au moins un bon repas par jour. Mais un journaliste malien en réseau avec d’autres, qui examine le budget, sait que non seulement l’enfant a ce droit, mais que les fonds nécessaires pour cela sont également disponibles. Il sait également que la plupart des enfants ailleurs sont mieux pris en charge. C’est aussi le cas au Kenya, qui a par ailleurs, d’autres problèmes: le membre de notre équipe, là-bas, vient de découvrir que la liste d’achat d’équipements de santé avait été finalisée avant même de poser la moindre question sur les besoins du pays en matière de soins de santé. En même temps, notre confère au Cameroun, découvre que certains responsables de l'État se sont soudainement mis à faire leur travail avec frénésie (qu’est-ce qu’il pourrait bien être entrain de se passer?) Et notre consœur dans une Somalie déchirée par la guerre découvre qu'un expert en Afrique du Sud a ouvert des perspectives de paix que son propre gouvernement a enterrée dans un barrage quotidien de mensonges. 

C'est dans ce dialogue intra-équipe que d'importantes observations sont faites. En tant que collectif, on découvre qu'il y a des choses que non seulement on ignorait, mais qu’on n’a même jamais soupçonnées. Par exemple, qui savait que la corruption et le détournement de fonds ne sont souvent pas la cause d'une mauvaise gouvernance, mais un symptôme? Les systèmes qui fonctionnent bien créent beaucoup moins d’opportunités pour de telles choses. D'autre part, les défaillances du système sont également parfois conçues exprès pour créer des failles pour permettre le vol. Nous venons tout juste de commencer à étudier les tenants et les aboutissants de nos systèmes - l'eau dans nos bocaux de poissons -, mais les découvertes troublantes et exaltantes ont déjà fini de nous convaincre qu'il reste encore beaucoup, beaucoup à faire. 

Ceci est très différent d’aller à la chasse au «méchant» et de dénicher des preuves pour l’«épingler». Nous faisons cela aussi bien sûr; et avec enthousiasme. Mais il y a quelque chose à dire au sujet de cette quête de l’inconnu. On découvre des choses qu’on n’a jamais su qu’on ignorait. Et les résultats de cette quête pourraient simplement aider les citoyens de nos pays à se doter d’une usine de conserves de tomates qui fonctionne.

 

Le 2 juillet/ Par le Collectif Africain d’Investigation (AIPC) avec ZAM

 

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