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La fortune d’un homme d’affaires proches du régime défunt, ayant fui le Pays à la chute d’IBK: 20 milliards FCFA dans des banques maliennes ; 107 milliards FCFA de chiffre d’affaires

L’audit de la Douane, des Impôts, du Trésor et des Domaines s’imposent durant la Transition !

Cet homme d’affaires, comme tous les hommes de paille, qui  » fut créé de toutes pièces  » sous le régime IBK, roulait sur l’or des marchés publics attribués au gré à gré voire des marchés fictifs qui lui rapportaient plusieurs milliards FCFA chaque année. L’opérateur économique dont il est question agissait et travaillait en toute discrétion même si, pour l’homme de rue et les très nombreux véritables opérateurs économiques, sevrés de marchés publics, le personnage en question demeure, jusqu’à preuve du contraire, l’une des plus grosses fortunes de ce pays.

Incontournable dans le domaine des transports, notamment des hydrocarbures et du coton et, d’une manière générale, dans le monde des marchés publics, cet homme d’affaires, qui était attendu  » au tournant « , a aussitôt fui le pays après les événements du 18 août, qui ont poussé à la démission l’ex-président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta. A se demander maintenant que sont devenues ses nombreuses sociétés et s’il a pu transférer dans des banques hors du Mali les quelque 20 milliards FCFA dont il disposait, jusqu’à la chute d’IBK et selon des sources bien informées, dans des banques maliennes. Lesquelles ? Allez-y savoir.

Voilà des interrogations qui ne doivent pas laisser indifférentes les nouvelles autorités, qui se sont donné pour crédo la lutte contre la corruption, les détournements de deniers publics, le népotisme, le favoritisme, entre autres. Déjà, quatre mois qu’elles sont aux affaires, l’on assiste, certes, à un défilé de personnalités mises en cause dans les différents rapports du Bureau du Vérificateur Général. Mais il n’a jamais été question, pour le moment, du moins, pour le président de la Transition, Ba N’Daw et son gouvernement de procéder à un audit des services de l’assiette, des fonds de la Présidence, de la Primature et des budgets des départements ministériels et des grands projets pour lesquels l’Etat s’est endetté à coup de centaines de milliards FCFA en vue de pouvoir apporter un léger mieux-être aux populations.

Au moment où la justice est en train d’interpeller tous les mis en cause dans les différents rapports du Bureau du Vérificateur général (BVG), l’on se demande quel sort sera réservé à ces hommes et femmes d’affaires dont ledit Bureau ne pouvait contrôler, encore moins épingler les sociétés et entreprises qu’ils dirigent. En dépit du fait que cela saute à l’œil nu que lesdits dirigeants d’entreprise, tous des proches, sinon des très proches du pouvoir défunt, étaient tous en train de s’enrichir impunément sur le dos du contribuable malien.

Dépoussiérer le Rapport 2015 du Vérificateur Général sur la cession à vil prix par l’ACI des bâtiments publics

A la tête de sociétés et entreprises créées de toutes pièces, ces hommes et femmes, proches du pouvoir, avaient droit à tous les gros marchés publics du pays, qu’ils obtenaient sans concurrence aucune, alors même que la législation impose le plus souvent la publication d’avis d’appels d’offres ouverts. Cela, pour plus de transparence. Sinon, à voir seulement la liste des dix gros marchés de l’Armée, qui ont été attribués gré à gré, courant 2016-2019, à un même opérateur économique, détenteur de plusieurs sociétés, l’on comprend aisément qu’il s’agit d’intermédiaires voire de prête-noms qui jouent tout simplement le jeu de l’arnaque et du partage des bénéfices. Cela sur des marchés amplement surfacturés, sinon purement fictifs.

Durant des années, ou plutôt plusieurs décennies, ce pays a fonctionné ainsi. Le cas de cet homme d’affaires, cité plus haut, est révélateur : au moment où il fuyait le pays, après la démission d’IBK, suite au coup de force du 18 août 2020, l’opérateur économique disposait de quelque 20 milliards FCFA sur différents comptes dans les banques de la place. Grâce à sa proximité avec le régime, les trois sociétés, qu’il dirigeait directement ou indirectement, affichaient au tableau 107 milliards FCFA de chiffre d’affaires annuel. Qui dit mieux ? Encore qu’il ne serait pas le seul dans ce cas ? Où va le Mali qui demeure l’un des rares pays dans le monde où l’on compte des dizaines de fonctionnaires multimillionnaires sinon milliardaires? Ce qui ne les empêche pas d’être nommés au Gouvernement où, apparemment, aucune  enquête de moralité n’a lieu au préalable. Les choses ont-elles maintenant changé? Allez-y savoir.

En tout cas, malgré la volonté de changement exprimée depuis des années par différentes couches de la population, à travers notamment des marches et des meetings de protestation contre les autorités du jour, le président de la Transition et son gouvernement trainent les pieds, sinon continuent d’ignorer superbement cette volonté populaire qui devrait passer par le changement des hommes et femmes qui ont plongé, certes à des degrés divers, ce pays dans la déchéance, le désarroi et dans la misère. Alors même qu’il recèle d’immenses réserves minières et des potentialités agricoles qui ne demandent qu’à être exploitées.

Le peuple attend d’ailleurs que toute la lumière soit faite sur la part de l’or – si le pays en bénéficie totalement ou si les recetLA FORTUNE D’UN HOMME D’AFFAIRES PROCHE DU RÉGIME DÉFUNT, AYANT FUI LE PAYS À LA CHUTE D’IBK tes versées par les sociétés minières prennent une autre direction – dans le budget d’Etat. Cela d’autant plus que, même la Douane, grosse pourvoyeuse de recettes, a été, un moment, supposée partager ses recettes entre l’Etat, certains individus au cœur du régime et des opérateurs économiques. D’où la nécessité de l’audit de la Douane durant la Transition, afin que le contribuable malien soit mieux édifié sur des détournements supposés de recettes. Il en va de même pour tous les autres services de l’assiette, à savoir le Trésor, les Impôts, les Domaines. Un autre dossier, qui a mérité un contrôle du Bureau du Vérificateur Général, est relatif à la vente à vil prix par l’ACI des bâtiments publics, notamment à des prête-noms, alors que lesdits terrains, sur lesquels des immeubles modernes ont depuis poussé, étaient visités nuitamment par les vrais acquéreurs. Le Rapport 2015 du BVG sur ce dossier a besoin d’être dépoussiéré, comme cela a été récemment réclamé par des associations de commerçants détaillants qui ont été lésés dans cette opération qui sent une forte odeur nauséabonde de corruption et de népotisme. Lors d’une récente rencontre avec le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements, Harouna Niang, les mêmes commerçants détaillants ont demandé que les neuf bâtiments publics restants ne subissent pas le même sort que ceux qui ont été vendus à vil prix à des opérateurs économiques, dont personne ne connait, d’ailleurs,  » les véritables et heureux acquéreurs « . C’est vrai que sur la question, les langues commencent à se délier et que certains noms de réels acquéreurs desdits bâtiments commencent à être connus.

En effet, dans son Rapport 2015, le Vérificateur général avait épinglé l’Agence de Cessions Immobilières (ACI) pour  » mauvaise gestion  » de ce dossier, qui avait occasionné une perte de 4,2 milliards FCFA, suite à la  » vente non transparente  » desdits bâtiments. En un mot, pour le BVG, ces bâtiments avaient été cédés de manière illégale…sans concurrence. Certainement que des potsde vins ont été servis à l’occasion. Lors de notre rencontre avec le P-DG de l’ACI, à l’époque, celui-ci n’avait, en effet, donné aucune preuve pouvant contester l’avis du BVG sur la question. Il va appartenir maintenant à la Justice de rendre justice à l’Etat, en réclamant le juste prix aux nouveaux propriétaires ou, à défaut, annuler la ou les ventes. Car, il y a le risque que cette affaire, comme bien d’autres, risque d’être  » classée sans suite « …pour l’éternité. En tout cas, les Maliens observent le président de la Transition et son Gouvernement, ne parlent pas trop mais notent tout. En espérant que le temps du vrai changement viendra. Un jour ou l’autre…

Mamadou FOFANA

Source: L'Indépendant

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