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Cernage des arbres de karité au Mali : Comme une mine d’or

Les femmes de la Commune de Dialakoroba sont rassurées. La nouvelle technique a apporté une bouffée d’oxygène dans la transformation du beurre de karité

La déforestation est le phénomène de réduction des surfaces de la forêt. Elle résulte de l’activité humaine, notamment, de la coupe du bois et de la production du charbon. Elle détruit le sol, fragilise et rend l’écosystème vulnérable aux catastrophes naturelles. Les inondations, les crises alimentaires sont fréquentes dans les pays en voie de développement, comme le Mali. L’activité agricole représente le principal moyen de subsistance en milieu rural dans notre pays.

Cette menace ne laisse pas les paysans indifférents. L’organisation non gouvernementale (ONG) « Mali Folkecenter » est l’organisatrice de la formation de cernage. Cette ONG a pour mission de protéger l’environnement. Nos forêts sont pleines de richesses, notamment de plantes alimentaires et médicinales. En collaboration avec la population, « Mali Folkecenter » œuvre pour la protection de la forêt et la lutte contre la déforestation. Aujourd’hui les populations de la Commune de Dialakoroba Sanakoroba et Safi Bougoula fondent beaucoup d’espoir pour l’avenir du karité dans ces zones.

PARTAGER SON SAVOIR. L’exploitation de karité passera du stade de survie au niveau d’opulence dans un avenir proche grâce à la technique du cernage. Elle consiste à tailler le tour de tronc de l’arbre à 10cm du sol, et à couper le gui du haut de karité avant qu’il ne fleurisse. Les agriculteurs de certaines zones sont décidés à renverser la tendance. Ainsi, 500 pieds d’arbres ont fait l’objet de cernage dans le village de Diorila. La même quantité est cernée à Kandian , localité située dans la Commune de Dialakoroba.

La courageuse Setou Doumbia est l’une des épouses de la famille Doumbia. Elle est la seule femme du village de Diorila à suivre une formation sur le cernage . Depuis lors, elle a mis cette technique en œuvre sur tous les karités de la forêt et ceux qui ont poussé dans le champ familial. Mais elle a pris soin d’ajouter sa marque. Dans les différents villages de la commune, Sétou se donne le plaisir de partager son savoir. Mariée et mère de 5 enfants, cette mince dame de 40 ans jouit de l’estime de la population. Ce matin, elle nous accueille, dans sa cour, souriante et entourée de ses voisins. Elle a exprimé sa satisfaction et sa reconnaissance envers les formateurs dans les propos suivants : « Moi, je suis fière d’être la voix de l’espoir dans ma communauté.

Depuis quelques mois nous avons commencé à pratiquer la technique du cernage, après un jour de formation. Aujourd’hui, tous les karités concernés ont fleuri comme jamais. C’est notre première fois de pratiquer cette méthode. Le résultat est spectaculaire ». La transformation du karité est une activité pénible. Le rendement est faible. Surtout pour les femmes qui n’ont pas d’autres sources de revenus et qui doivent vivre de leur production. Notre interlocutrice travaille en collaboration avec 4 autres épouses de la maison. Cette union fructifie le profit de leurs activités pour assurer la popote.

D’après les explications de Sétou, le village produit deux qualités de beurre. La première est préparée avec les fruits frais ramassés dans les champs et dans la forêt en saison pluvieuse. Les noyaux sont consommés et séchés. Les écales seront conservées dans un environnement sain. L’étape de la production débute après la saison. Les intempéries ne détérioreront pas le produit, surtout que la première qualité est fabriquée avec cet extrait.

La seconde qualité n’a pas besoin d’autant de soin. Les noyaux sont ramassés dans la forêt, après la saison des pluies. Ils sont séchés, pilés et subissent les procédures de transformation avant 
d’être vendus sur nos marchés. La paysanne Setou précise que l’exploitation du karité s’étend sur toute l’année. La collecte et la production couvrent la saison des pluies. La vente est organisée après l’hivernage. Le travail dure toute la semaine pour un profit insuffisant. Les villageoises se frottent les mains après la vente d’une partie de leur récolte d’amandes à la coopérative Sinsibéré de Safi Bougoula.

SATISFACTION TOTALE. Cette organisation , dont elles sont membres achète à chacune de ses adhérentes 30 kg de meilleures graines, à 150 Fcfa le kg. Notre interlocutrice garde jalousement son lot d’amandes dans un sac en plastique. Ce trésor est déposé dans un coin de la case qui sert de magasin. Les graines rapportent 4.500 Fcfa de profit annuel. Il faut noter qu’en milieu rural, la richesse se mesure en terme de têtes de moutons, de chèvres, de vaches ou même de poulets.

L’ambitieuse Sétou rêve d’entrer dans ce cercle. Mais c’est difficile d’économiser sur un bénéfice de moins de 5.000 Fcfa par an. Les poules pourraient se multiplier. Elles pourraient assurer l’avenir des enfants. « Mais je ne désespère pas. La technique du cernage fait fleurir le karité dans des proportions inimaginables. Nous oublierons vite ces années de souffrance », espère-t-elle.

Le cernage suscite l’espoir dans la Commune de Dialakoroba. Aujourd’hui plus de 500 pieds d’arbre ont été traités, affirme Setou. La population de cette commune a vite fait d’adopter la technique. Dans cette communauté au seuil de la pauvreté, cette innovation dans l’histoire de l’exploitation de karité est la bienvenue. Les hommes comme les femmes attendent le cœur plein d’espoir une bonne récolte dans les mois à venir.

Les villageois de Kandian ne disent pas le contraire. Kiatou komakara est actrice de protection de l’environnement de la commune et membre de la coopérative Sinsibéré. Elle a été formée à la technique de cernage des arbres de karité. Cette mère et les siennes ont accepté de nous conduire en forêt pour constater l’état prometteur de la forêt. Le commentaire est sans appel :« vous avez vu comment ils fleurissent, même ceux qui donnaient pas de fruits des années durant, ne font pas l’exception. Nous n’avons jamais été aussi rassurées dans l’exploitation de karité », assure la paysanne le sourire aux lèvres.

Cette cinquantenaire n’a jamais exercé d’autres métiers que de cultiver son champ et produire le beurre de karité. Elle ne cache pas sa satisfaction d’avoir adopté cette technique de soin des arbres, qui est une innovation. Le karité donne des fruits une année sur deux. Certains même peuvent rester deux ou quatre ans sans donner de fruit.

Ce rythme, constituait une menace de disparition des arbres de karité dans l’avenir. La situation inquiétait les exploitants du secteur. Les trois communes voisines ( Sanankoroba, Dialakoroba et Safi Bougoula) ont conjugué leurs efforts pour interdire la coupe de bois, la vente du charbon afin de préserver la nature. Le village de kandian ne vit que de l’exploitation de karité et la culture de l’arachide.

Maïmouna SOW

Source : l’Essor

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