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Annulation du Hadj 2020 : Un manque à gagner de 2,5 milliards de fcfa pour les agences de voyage

La Maison du Hadj, ainsi que les vendeurs d’objets divers et les guides de pèlerins sont aussi victimes de cette décision prise à cause de la pandémie du coronavirus

Le pèlerinage (Hadj ou Arafa) à la Mecque, Arabie saoudite, a lieu jeudi 30 juillet. Cela, sans les musulmans résidents hors du royaume. Les autorités saoudiennes ont décidé, le 22 juin dernier, à cause du coronavirus, d’exclure cette année les autres de l’accomplissent de ce pilier de l’islam. Cette décision fait suite à l’annulation, en mars, de la Omra (petit pèlerinage). Dans notre pays, l’industrie du pèlerinage est, aujourd’hui, dans la tourmente.

«L’avènement de la Covid-19, à l’origine de l’annulation du Hadj, a négativement impacté les agences de voyages», confirme Mme Cissé Fatimata Kouyaté, président de l’Association malienne des agences de voyage et de tourisme. Selon elle, ces structures opèrent dans le tourisme réceptif (recevoir les touristes et les faire visiter les sites touristiques du pays sur la base de programmes préétablis), la vente de billets d’avion et le pèlerinage.

L’activité touristique est grippée depuis les prises d’otages de 2009, rappelle la cheffe d’entreprise. S’en est suivie la crise politico-sécuritaire de 2012 qui a signé son acte de décès. «La Covid-19 a, déplore-t-elle, également signé l’arrêt de la vente des billets, à cause de la fermeture des frontières avec comme conséquence l’arrêt des vols commerciaux.»

Le pèlerinage restait la seule source de revenus pour les agences, notamment spécialisées dans ce domaine, précise Mme Cissé Fatima Kouyaté. L’annulation de la Omra par les autorités saoudiennes a été le coup de sommation. Pour la vice-présidente chargée des questions fiscales et environnementales de la Fédération des organisations patronales de l’hôtellerie et du tourisme de l’Uemoa (Fopaht), la récusation de la Omra était une alerte qui devait préparer les organisateurs du pèlerinage à une annulation du Hadj. à préciser que c’est pendant ce petit pèlerinage, que se prépare le pèlerinage avec la signature des contrats de prestations de services : hébergement, transport terrestre, phase rituelle, restauration, etc.

L’annulation du Hadj a enterré les maigres espoirs des agences de voyages. En la matière, le manque à gagner est estimé à environ 2,5 milliards de Fcfa pour les 363 agences de voyages qui organisent le Hadj au Mali, évalue la présidente. Sans compter les pertes non quantifiées pour les agences. Les contentieux entre les agences qui ont déjà fait des préfinancements de prestations en Arabie Saoudite et les pèlerins qui souhaiteraient des remboursements de frais de pèlerinage, sont aussi sources d’inquiétude, ajoute la directrice de Timbuctours.

Interrogé à ce propos, Diossé Traoré confirme que quatre à cinq personnes ont, parmi ses pèlerins, demandé à être remboursées. Certains ont préféré reconduire leur frais pour 2021 pour lequel ils seront prioritaires. D’autres n’avaient pas encore payé tout le tarif évalué à 2.950.000 Fcfa par personne pour la filière privée, précise notre confrère. Il ajoute qu’à l’annonce de la décision, certains ont refusé de payer le reliquat.

Cette situation met, selon lui, les agences de voyage dans une situation inconfortable. Elles emploient, presque toutes, entre quatre à une dizaine d’agents. Sans compter ceux chargés de l’encadrement des pèlerins à La Mecque et avant le Hadj, révèle le chef d’agence. «Tous ces travailleurs sont payés, grâce aux frais générés par le pèlerinage. La plupart des agences n’ayant pas de fonds de roulement», explique Diossé Traoré.

90 millions de Fcfa- Les hébergeurs exigent un préfinancement à hauteur de 50%. Ces frais pour 100 pèlerins coûtent par exemple 90 millions de Fcfa, soit 900.000 Fcfa par pèlerin. Pour avoir les visas électroniques, il faut d’abord payer la moitié (45 millions de Fcfa) au logeur, précise-t-il. Certains avaient avancé ces frais. «Si le pèlerin demande à être remboursé, cela pose problème», souligne notre interlocuteur.

Une vingtaine de pèlerins inscrits au compte de la filière gouvernementale a demandé à être remboursés, révèle le chargé de communication de la Maison du Hadj. Selon Seydina Oumar Diarra, la Maison du Hadj a enregistré près de 300 candidats à ce jour. établissement public à caractère administratif, la structure publique chargée du Hadji dit avoir perdu 95% de ces ressources à cause de l’annulation du Hadji, ajoute le chargé de communication. Estimés à plus de 300 millions de Fcfa dont 5% de subvention de l’état, ces fonds proviennent essentiellement des ristournes payées par les agences de voyages, environ 15.000 Fcfa par pèlerins, précise Seydina Oumar Diarra.

à rappeler que la Maison du Hadj encadre les pèlerins de la filière gouvernementale, estimés à 1.500 cette année sur un total de 13.323 (reconduit pour 2021 avec les mêmes quotas par filière) pour l’ensemble du pays. Le reste des 11.823 pèlerins payent les services des agences de voyages. Spécialisées dans l’organisation du Hadj, celles-ci demandent aux candidats près de 2.950.000 de Fcfa par pèlerin, contre 2.747.815 Fcfa pour la filière gouvernementale. Ces sommes prennent en charge le billet d’avion, la restauration, l’hébergement, le transport, les vaccins, les assurances, etc.

Ces demandes de remboursement et les pertes de recettes sont certes handicapantes, mais cette annulation est perçue à la Maison du Hadj comme une occasion historique de rattraper le retard que le Mali avait sur les autres pays. «Beaucoup de pays finissent la préparation administrative du Hadj six à 12 mois avant le voyage des pèlerins. Nous avons fixé le 31 décembre 2020 comme date butoir pour les inscriptions. Passé ce délai, aucune inscription ne sera acceptée», prévient le chargé de communication.

Les temps sont très durs- Comme la Maison du Hadj, des centaines de personnes physiques tirent l’essentiel de leurs revenus des agences de voyage. C’est le cas de Moualimatou Sira Sylla. Rencontrée samedi 25 juillet dans la cour de la Maison du Hadj, celle qui se présente comme guide-pèlerins venait participer à une formation de formateurs. «Elle avait lieu chaque samedi. C’est ramené à chaque premier et dernier samedi du mois depuis l’annulation du Hadj», murmure Moualimatou Sira Sylla.

Elle devrait être à La Mecque en ce moment pour encadrer les clients de Bamako Voyage, une agence implantée à Sogoniko, en Commune VI. «Des centaines de Maliens vivant en Arabie Saoudite profitent beaucoup des activités qui tournent autour du Hadj», confirme celle qui accompagne les pèlerins depuis 16 ans. La prêcheuse explique qu’ils sont plusieurs guides qui arrivent à subvenir à leurs besoins grâce au pèlerinage. «Mais, les temps sont très durs pour nous. Dieu en a voulu ainsi. Cette mesure aura permis à certains chefs de ménage de fêter en famille pour la première fois depuis plus de dix ans», souligne-t-elle, citant des versets coraniques qui insistent sur l’avantage de la fête de la Tabaski en famille.

Les pèlerins, en allant ou à leur retour de La Mecque, achètent des nattes de prière, des écharpes, des tenues arabes aux vendeurs installés devant la Maison du Hadj. Établi devant l’entrée de cette institution, Ali Bah est vendeur de sacs, de valises, de lunettes, etc. Il mène cette activité depuis près de 15 ans. Il est 7 h 30 mardi 28 juillet. Ce père de famille arrange petit-à-petit ses marchandises. «L’annulation du Hadj est une énorme perte», confirme le commerçant. Habituellement, les 30 derniers jours avant le départ des derniers pèlerins, il fait de très bonnes affaires. «Il arrivait que j’épuisais le stock que j’amenais le matin. J’appelais mon fournisseur qui m’envoyait d’autres marchandises», rappelle-t-il, sans vouloir donner des estimations en termes de chiffres.

Comme lui, ils étaient des dizaines de petits vendeurs qui élisaient domicile devant la Maison du Hadji, surtout les dernières semaines précédant le départ des pèlerins, ajoute-t-il. Nostalgique de la période faste, il témoigne, en regardant le vide autour de lui. «Tout au long de la route, il était difficile de se frayer un chemin. La foule dense et compacte allait et venait de jour comme de nuit», décrit Ali Bah. Aujourd’hui, seuls quelques vendeurs sont visibles. Dans la cour de la Maison de Hadj règne un calme plat.

Cheick M. TRAORÉ

Source : l’Essor

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