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Lutte contre l’insalubrité : Le salut par la taxe de voirie

Les Bamakois rechignent à s’acquitter de leur devoir de citadins c’est-à-dire payer la taxe de voirie. Pourtant, son paiement est incontournable si l’on veut vivre dans un environnement assaini

Aujourd’hui, Bamako est envahie d’ordures et de plastiques. Des endroits stratégiques comme des marchés, des hôpitaux, des abattoirs, des artères principales sont insalubres et presque inondés de débris. Marchands, soignants, patients, accompagnants, usagers et déchets cohabitent sans gêne. À l’intérieur de la plupart de nos quartiers, coulent des eaux usées et de ruissellement, des déchets solides sont entassés, formant souvent des montages et dégageant une odeur nauséabonde.

Pour y faire face, les ménages sont tenus de débourser 2.000 à 2.500 Fcfa/mois aux Groupements d’intérêt économique (GIE) de ramassage des ordures. Mais cela ne semble pas suffire. Conséquence : des maladies parasitaires comme le paludisme, la diarrhée mettent à rudes épreuves les maigres ressources des citoyens.

Que fait ou peut faire l’État pour assainir le cadre de vie des populations ? Quid des collectivités à qui ces compétences ont été transférées ? Les citoyens s’acquittent-ils de leur devoir en la matière ?

Depuis quelques années l’État a, en ce qui le concerne, employé Ozone Mali pour nettoyer les grandes artères et des coins stratégiques. En dépit de ses moyens matériels, humains et les efforts énormes qu’elle déploie, l’entreprise marocaine payée à coût de milliards de Fcfa, semble débordée par l’énormité de la mission à elle confier.

La taxe de voirie, qui vise à contribuer à l’assainissement de nos villes, pourrait être une alternative pour débarrasser Bamako des déchets ménagers. Cet impôt apparaît comme l’un des prélèvements fiscaux qui enregistre un taux d’acquittement très faible dans notre pays. Selon le Code général des impôts, cette taxe est due par les personnes physiques ou morales assujetties à la patente et les familles vivant à l’intérieur d’une concession (ménages). Dans le district de Bamako, elle coûte 3.000 Fcfa par an et par famille vivant à l’intérieur d’une concession alors que, dans les autres localités du pays, ce montant s’élève à 2.000 Fcfa par an et par famille vivant à l’intérieur d’une concession.

Interrogée à ce propos, la directrice des finances et du matériel de la mairie du district de Bamako confirme que la taxe de voirie est utilisée pour appuyer la mairie du district dans l’assainissement de la ville de Bamako. Les recettes de cette taxe, explique Mme Diawara Jeannette Ba, reviennent à 100% à la mairie du district. Mais, regrette-t-elle, aujourd’hui la mairie peine à recouvrer la taxe de voirie. « On a beaucoup de difficultés. Tout le monde aime vivre à Bamako, mais les gens ne font rien pour embellir et rendre Bamako propre », déplore-t-elle, ajoutant que les populations qui vivent dans la capitale malienne et environnants viennent y exercer leurs activités. Toute chose qui augmente l’insalubrité, récrimine-t-elle.

Pour elle, le payement correct de la taxe de voirie sera déterminant dans la lutte contre l’insalubrité, source de maladies et de la dégradation des routes. « Il faut que nous nous mettions tous ensemble pour trouver les moyens de relever ce défi-là pour rendre Bamako plus propre. La population aime réclamer ses droits, mais l’incivisme est grandissant au Mali. Si tu réclames tes droits, dis toi que tu as aussi des devoirs vis-à-vis de ton État, vis-à-vis de ta collectivité, personne ne viendra faire ce travail à notre place. Le développement, c’est nous et ça commence par nous d’abord », interpelle la directrice des finances et du matériel de la mairie du district de Bamako.

Selon elle, la ville de Bamako comprend une population estimée à près de quatre millions d’habitants. Si un million d’entre eux payent leurs taxes, poursuit notre interlocutrice, cela fait 3 milliards de Fcfa. « Si nous regardons nos recouvrements par rapport à 2018, on n’a pas dépassé 200 millions de Fcfa, pratiquement insignifiantes comme si ça n’existe même pas», précise-t-elle. Avant d’annoncer que la mairie du district de Bamako est en train de voir avec les prestataires, les services des impôts et du trésor dans quelle mesure elle peut faire le recensement pour que chacun s’implique dans le recouvrement de la taxe de voirie. Par ailleurs, Mme Diawara Jeannette Ba invite tous les contribuables à payer leurs taxes et à être disponibles quand les agents de collecte passeront dans leurs familles pour les recensements. Elle les prie à se prêter à ce jeu en évitant toute discordance.

Pour sa part, le directeur des services urbains de voirie et d’assainissement de la mairie du district de Bamako (DSUVA) a, pour sa part, souligné l’importance de cette contribution pour sa structure. « Cette taxe est très importante pour nous, si on arrive à la recouvrer, ça va augmenter la capacité financière de la mairie du district et surtout celle de la DSUVA qui a la charge de l’assainissement de la ville de Bamako à travers le renforcement des capacités des ressources humaines et celui des capacités matérielles », souligne Modibo Zerbo. Selon lui, un autre avantage du bon recouvrement de la taxe de voirie pour la mairie du district de Bamako est la réduction des inondations. « Les immondices peuvent être entraînées par les eaux diluviennes dans les caniveaux qui sont à leur tour bouchés. Quand l’eau n’arrive pas à trouver une issue, cela peut provoquer une inondation », explique M. Zerbo, exhortant les ménages à aider la mairie du district à rendre notre capitale plus coquette qu’auparavant.

Drissa Diawara, citoyens à Torokorobougou (Commune V), travaille pour une assurance. Comme lui, beaucoup d’autres chefs de ménages rencontrés disent ignorer l’existence de la taxe de voirie. Ils sont nombreux à penser que la somme forfaitaire qu’ils payent aux éboueurs est la taxe de voirie. « Je n’ai pas connaissance de l’avoir une fois payé, mais chaque mois je paye une somme forfaitaire aux éboueurs », révèle-t-il, ajoutant qu’il est prêt à s’acquitter de cette taxe à condition que la mairie installe une bonne voirie dans nos quartiers. Notre homme soutient que si les autorités municipales font montre d’initiatives et œuvrent pour le bien être des habitants de leurs communes, les contribuables ne seront pas réticents face aux payements de la taxe de voirie.

Amadou

GUÉGUÉRÉ

Source : l’Essor

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