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Secteur bancaire et financier malien : LES PROFESSIONNELS FONT LE POINT

La direction nationale de la BCEAO pour le Mali et l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF) ont tenu, vendredi denier, leur deuxième rencontre trimestrielle au titre de 2018.

Ce forum d’échanges et de partage d’informations a enregistré la participation des premiers responsables de ces deux organisations, respectivement Konzo Traoré et Mme Touré Coumba Sidibé.

Etaient à l’ordre du jour de cette réunion, le fonctionnement du système bancaire, l’évolution du bureau d’information sur le crédit, la transposition des normes de Bâle II à III, l’examen de la mise en œuvre du fonds de garantie des dépôts. Créé depuis deux ans, ce fonds qui vise l’indemnisation des déposants en cas de faillite d’un établissement de crédit, est entré dans sa phase opérationnelle, a indiqué le directeur national de la BCEAO pour le Mali.

Selon Konzo Traoré, l’examen du fonctionnement des bureaux d’information sur le crédit a révélé que ce chantier évolue favorablement. «Les recueils des consentements des clients, point faible de ce chantier, se font à un rythme satisfaisant. Nous sommes aujourd’hui en bonne position comparée à d’autres pays de l’UEMOA», s’est réjoui le régulateur en chef, avant d’encourager les banques à consulter les rapports de crédits afin de mieux cerner le niveau de solvabilité des clients qu’elles ont en face.

Abondant dans le même sens, la présidente de l’APBEF dira :«nous avons évolué par rapport au recueil de consentement». Le défi majeur portera, selon Mme Touré Coumba Sidibé, sur les personnes qui étaient engagées avant la mise en place, en mai 2015, du bureau d’information sur le crédit. Car, au moment de leur engagement, elles n’avaient pas l’obligation de signer le consentement. Alors qu’aujourd’hui, tous les clients consentent avant de signer, précisera-t-elle, indiquant que «ces problèmes doivent être réglés par les autorités comme c’est le cas dans d’autres pays».

Parlant de la revue d’une circulaire sur la gouvernance des établissements de crédit, autre point au menu des débats, Konzo Traoré expliquera qu’elle définit des normes se rapportant au choix des administrateurs, aux questions d’éthique et de déontologie au niveau du personnel des instances de crédit.

Tout en faisant remarquer à ce propos que le système bancaire a des appréhensions sur l’application de toutes ces normes d’ici le 2 juillet prochain (date d’entrée en vigueur de la circulaire). Il a informé les banques du maintien du taux d’intérêts directeurs de la BCEAO, conformément aux dernières décisions de la dernière réunion du Comité de crédit monétaire tenue le 6 juin.

Par ailleurs, la présidente de l’APBEF a relevé que les réflexions du secteur porteront sur deux préoccupations majeures : les immobilisations hors exploitation et les règles régissant la gouvernance des banques. Le premier concerne «tous les immeubles que nous avons pris en garantie et qui sont dans les bilans des banques», a élucidé la présidente qui «sert d’intermédiaire entre ses membres et les Autorités monétaires et financières».

Mme Touré Coumba Sidibé a rappelé qu’une banque n’est pas une agence immobilière. Ainsi, ces immeubles qui font partie des bilans, entachent les performances financières des banques, a-t-elle déploré, avant de rassurer que les autorités se sont saisies de la question pour que les banques puissent trouver une solution.

Parlant de la gouvernance, Mme Touré Coumba Sidibé a insisté sur l’importance des Conseils d’administration et leur capacité d’anticiper les problèmes auxquels les banques pourront faire face afin de les prévenir.

Cheick M. TRAORÉ

Source : l’Essor

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