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Baisse du niveau du fleuve Niger : La CGESM déconseille la culture du riz en contre-saison

Eu égard à la baisse du niveau du fleuve Niger, la Commission de gestion des eaux des retenues de Sélingué et de Markala (CGESM) tire la sonnette d’alarme. Elle demande à l’Office du Niger, à l’Office du Développement rural de Sélingué… de surseoir pour cette année aux cultures de contre-saison notamment la riziculture.

La Commission de gestion des eaux des retenues de Sélingué et de Markala  (CGESM) était en conclave jeudi  courant à Sélingué pour faire le point sur les différentes recommandations de leur session précédente ; à savoir : le rapport de suivi du barrage hydroélectrique de Sélingué de la période du 1er au 20 janvier 2018 et les résultats de simulation de stockage et de remplissage 2018 de ce barrage ainsi que  le suivi de la gestion du barrage de Markala face au déficit hydrique cette année.

A ce conclave, une recommandation forte s’est dégagée : Surseoir cette année aux cultures de contre-saison dans le domaine de la riziculture. Cette demande est adressée comme une alerte l’Office du Niger, à l’Office du Développement rural de Sélingué.

La rencontre était présidée par le directeur national de l’hydraulique, Yaya Boubacar, représentant le ministre de l’Energie et de l’Eau et président de la Commission de gestion des eaux de la retenue de Sélingué et de Markala  (CGESM). Etaient présents, les acteurs des services étatiques  et partenaires intervenant  dans le secteur de l’eau, de l’environnement et de l’assainissement.

L’ordre du jour a porté, entre autres, sur l’état de mise en œuvre des recommandations de la dernière session tenue en décembre 2017, le suivi de la gestion rationnelle des eaux des barrages de Sélingué et  Markala.  Ce dernier point était adressé à l’Energie du Mali et à l’Office du Niger, principaux consommateurs des eaux fluviales.

Le représentant de l’EDM-SA, Amadou Coumaré, a dépeint la situation hydrique du bassin du Niger notamment au niveau du barrage de Sélingué qui se caractérise par une baisse significative du niveau  des cours d’eau à cause de la faible pluviométrie enregistrée en Guinée et au Mali l’année dernière.

A l’en croire, c’est une situation jamais enregistrée depuis trois ans dans notre pays.  L’écart du niveau d’eau entre 2018 et les trois dernières années est de 75 cm soit moins d’un mètre, indiquera-t-il. Le chef des centrales de l’EDM-SA d’assurer que suivant les stimulations, la situation est sous contrôle tout en souhaitant une saison pluvieuse abondante cette année pour la pérennisation des acquis.

Pour l’ouvrage de Markala, dédié à l’irrigation des périmètres rizicoles, estimés à plus de 16 000 ha, et de la canne à sucre, etc., la mission de la CGESM a informé des difficultés enregistrées dans les irrigations cette année, liées aux difficultés d’atteinte des côtes consignées au niveau des principaux ouvrages.

Les débits du mois de janvier des trois dernières années sont largement supérieurs à celui de 2018, estimé à 50,15 m3/seconde  contre 72 m3/seconde  en 2017, 62 m3/seconde au compte de l’année 2016 et 2015 au niveau du Point A du barrage de Markala. Au mois d’août 2017, ce débit était estimé à seulement  33 m3/seconde  contre 63 m3/seconde à la même période en 2016. Cette baisse du débit a fortement joué sur les rendements à l’Office du Niger, a souligné le rapporteur.

Le forum a été informé des dégradations et des dysfonctionnements observés par la mission  sur les deux ouvrages. Au barrage de Markala, mis en service en 1947, le problème se trouve au niveau des passes, des accotements avec les fissures et du transport.

A Sélingué, les difficultés sont le dysfonctionnement des drains d’évacuation.  La mission a invité le Comité de gestion des ouvrages à souffler ces drains et à réguler le trafic sur le pont de Markala pour la pérennité de l’ouvrage. Cette rencontre a permis également au CGESM d’interpeller les autorités face à la recrudescence de l’orpaillage sur le fleuve Niger qui contribue fortement à sa pollution.

Il suggère la mise en place des comités de veille locaux et des brigades pour la surveillance des cours d’eau en vue d’éviter la dégradation de sa biodiversité. Il recommande à l’Office du Niger le respect de la prise du volume d’eau  autorisé et à l’EDM-SA le respect strict de la côte cible indiquée par le Comité pour une utilisation rationnelle des cours d’eau.

Le CGESM a demandé aux Offices de surseoir pour cette année aux cultures de contre-saison notamment la riziculture à cause du faible niveau des cours d’eau qui pourrait entacher l’irrigation correcte des champs.

Les objectifs de la CGESM sont, entre autres, veiller à l’optimisation de la gestion de l’eau de la retenue de Sélingué et du barrage de Markala pour la promotion  des techniques d’économie d’eau dans les périmètres irrigués et d’assurer  le maintien en bon état des différents ouvrages.

Ousmane Daou

Source: L'Indicateur du Renouveau

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