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Kayes : La colère des anti-esclavagistes

Le phénomène de l’esclavage par descendance a fait beaucoup de victimes dans la première région administrative du pays. On assiste ces temps-ci à une mobilisation de plus en plus forte des anti-esclavagistes dans la Région de Kayes.

Regroupés au sein du Rassemblement malien pour la fraternité et le progrès (RMFP), CSPACD, Gamba Labou International («An bey e kelen» ou «Nous sommes tous égaux» en français) et Salafoutou Banda, ces groupements ont organisé le 20 octobre 2020 une marche à Kayes pour dénoncer la pratique de l’esclavage par descendance dans la région. Ils ont invité les pouvoirs publics à prendre des mesures fermes pour éradiquer ce phénomène qui a déjà fait beaucoup de victimes dans la région.

Brandissant des pancartes portant des photos de certaines victimes de l’esclavage, les marcheurs n’ont cessé de scander le slogan «An tè djiongna fe (nous ne voulons pas de l’esclavage)» tout au long de leur trajet. Ils se sont arrêtés devant des services publics et au niveau de certains carrefours pour attirer l’attention de la population sur la gravité de la situation.

Les marcheurs ont également dénoncé l’assassinat de quatre chefs de familles dans le Cercle de Nioro. En effet, d’après nos informations, dans la nuit du 1er au 2 Septembre dernier, une foule de gens armés de bâtons et de couteaux a tué quatre personnes et blessé plusieurs autres dans le village de Diandioumé (Commune de Gogui) situé sur la route internationale entre le Mali et la Mauritanie, à une trentaine de km à l’est de Nioro.

Les marcheurs ont remis leur manifeste au gouverneur Mahamadou Zoumana Sidibé

La foule a aussi saccagé les maisons des victimes (Mamadou Diarrisso, Youssouf Sissoko, Mamadou Sylla et Mamoudou Sissoko). Ces derniers étaient accusés d’être de connivence avec la justice pour reporter un procès d’expropriation de terrains cultivables. Cette affaire oppose deux des victimes (Youssouf et Mamoudou Sissoko) considérées comme des esclaves du clan de Fadé Sylla et Mamadou Sylla.

D’autres attaques sont survenues le 2 octobre 2020 dans la Commune de Tomora, Cercle de Bafoulabé, contre des membres anti-esclavagistes du CSP, ACDE. Il y aurait eu aussi des tentatives de destitution du maire de ladite commune. Puis, s’y ajoutent des incidents meurtriers qui ont eu lieu du 5 au 7 avril 2020 à Lani Tounka, dans la Commune de Soni. Lors de ces attaques, un homme a perdu la vie et deux femmes ont fait de fausses couches suites aux coups et blessures.

Des maisons ont été vidées, saccagées et brûlées. Une femme a été ligotée et traînée par des «barbares». Selon les organisateurs de la marche, plus de 66 villages ont été touchés par ces conflits qui menacent sérieusement la cohabitation pacifique, la stabilité et le développement de cette partie de notre pays.

Après avoir reçu la déclaration des initiateurs de la marche, le gouverneur Mahamadou Zoumana Sidibé a remercié les participants à cette marche qui s’inscrit dans le cadre de l’exercice des droits démocratiques. Il a souligné que n’eut été la grève des administrateurs civils, le gouvernorat s’apprêtait à organiser ce 20 octobre 2020 un forum régional sur l’esclavage. «L’Etat, en aucun cas, n’a vocation à opposer ses fils les uns contre les autres. Malgré que certains font souffrir d’autres, nous voudrions les mettre ensemble pour que l’État puisse prendre ses responsabilités, mais dans l’entente, sans briser la stabilité sociale qu’on avait et sans briser le tissu social », a déclaré le gouverneur.

Dans une déclaration commune lue par Diaguili Kanouté, les 4 associations organisatrices de la marche s’indignent du mutisme des autorités par rapport à l’esclavage qui prend une tournure inquiétante dans notre pays. «Cela fait quatre ans que nous nous battons contre les coutumes esclavagistes dans les Cercles de Diéma, Nioro, Yélimané, Kita, Nara, Bafoulabé et Kayes. Cela fait quatre ans que nous sommes chassés, ligotés, traînés, humiliés, maltraités, lynchés, tués et jetés comme de la merde. Nous avons actuellement plus de 3.000 déplacés et de réfugiés à travers les Mali.

Ils ont fui les violences car, il y a une anarchie totale dans les zones esclavagistes et nous avons l’impression que l’État n’existe pas dans ces localités. Certains procureurs n’osent même pas envoyer une convocation dans certains villages par peur de voir une horde de jeunes à leurs portes, prêts à tout », ont-ils dénoncé.

Les organisateurs ont réaffirmé leur détermination à poursuivre la lutte jusqu’à ce que justice soit faite, depuis les faits de 2018 jusqu’à nos jours.

Bandé Moussa

SISSOKO

Amap-Kayes

Source : l’Essor

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