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Journée panafricaine des femmes au Mali : La célébration du courage au féminin

La célébration de la Journée panafricaine des femmes a été différée dans notre pays. L’événement qui sera commémoré, aujourd’hui, sous le thème national :

«Femmes et Covid-19 : défis, enjeux et perspectives pour un développement socioéconomique durable», offre une opportunité de rendre hommage à la gent féminine, notamment aux pionnières du continent qui étaient à l’avant-garde du combat pour l’émancipation de la femme africaine. D’autres femmes dignes continuent à leur façon le combat pour l’indépendance de la femme, notamment son autonomisation.

Ces actrices du développement évoluent dans les domaines de la couture, du maraîchage et dans d’autres secteurs. Ces femmes qui sont économiquement affectées vivent des difficultés réelles pour assurer leur autonomisation, mais elles ne crient pas sur les toits du monde leur désarroi. Elles font plutôt preuve de résilience. Malgré le contexte difficile, ces braves dames ne baissent pas les bras dans «leur combat de survie» ou d’acquisition d’une autonomie. Elles multiplient les initiatives et les actions en vue de répondre aux besoins de leurs familles et d’apporter leur contribution au développement durable de la patrie.

Mme Djiré Fatoumata Cissé est promotrice de «Création Yaoumi», situé à Magnambougou Projet. Drapée dans un hijab noir, cette couturière qui excelle dans la couture des vêtements pour enfants prend le temps de nous expliquer les péripéties de sa formation.

Elle s’est appliquée le principe : «À cœur vaillant, rien d’impossible». Pour elle, il est clair que les débuts ont été difficiles parce qu’elle devait parcourir, parfois étant enceinte, le trajet Hippodrome 2-Badalabougou où se trouve le centre de formation pour suivre les cours. Elle témoigne de sa reconnaissance à son époux, dont la compréhension et l’accompagnement ont été très précieux pour lui permettre de boucler une formation de deux ans. «Même après l’accouchement, j’allais travailler au centre avec mon bébé», rappelle-t-elle.

Mme Djiré Fatoumata Cissé a, aujourd’hui, de bonnes raisons d’être fière de son parcours parce qu’elle a pu créer son entreprise de couture qui prospère, reconnaît-elle. Elle emploie même cinq personnes actuellement pour satisfaire sa clientèle. Parfois, certains clients de l’extérieur la sollicitaient pour coudre des vêtements d’enfants. Mais depuis l’apparition de la pandémie de la Covid-19, il y a un ralentissement des activités. Pour elle, la fermeture des frontières terrestres et aériennes (les vols commerciaux ont repris maintenant) a eu un impact important sur les commandes qui lui étaient faites par la diaspora malienne dans certains pays africains et d’ailleurs.

À en croire la couturière, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la crise sanitaire a fortement réduit les commandes. Fatoumata Cissé explique que tout le monde vit des moments difficiles. Pour elle, l’acquisition d’une commande de fabrication de masques lavables dans le cadre du programme présidentiel : «Un Malien, un masque», a apporté à son entreprise un petit bol d’air frais. La patronne de «Création Youmi», ambitionne d’ouvrir une boutique de vente de vêtements pour enfants et de prêts-à-porter pour femmes.

Notre interlocutrice s’est dite convaincue que la promotion du métier artisanal est une solution envisageable pour la réduction du chômage au Mali. Elle invite les autorités à s’inscrire dans cette posture mais aussi à soutenir les femmes dans leurs activités génératrices de revenus.

À quelques encablures, Fanta Cissé officie dans le maraîchage. Celle qui semble avoir la main verte propose dans son jardin du céleri, de la salade, de la menthe verte et des feuilles comestibles ou (gnougou en bambara). C’est après avoir survécu à une méchante hypertension artérielle et des mois d’efforts de rééducation qu’elle a commencé à faire le maraîchage pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle fait ce travail depuis des années maintenant.

«Je suis devenue soutien de famille après le décès de mon mari. Je devais donc trouver une source de revenus pour assurer la popote», indique-t-elle. Grâce au maraîchage, Fanta Cissé assume dignement les charges essentielles de la famille. «J’ai pu payer les frais de scolarité de mes enfants et acheté les trousseaux de mariage pour mes trois filles qui vivent toutes avec leurs époux», se réjouit-elle. Elle précise aussi que ses deux garçons ont opté pour la migration. Elle ne sait pas où ils se trouvent mais espère qu’ils lui seront d’un grand soutien à l’avenir.

Mohamed D. DIAWARA

Source : l’Essor

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