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Covid-19 et patrimoine culturel : La pandémie fragilise davantage la situation des sites et monuments

L’arrêt de la fréquentation des musées et autres monuments entraîne des pertes de recettes préjudiciables à l’entretien courant. Aussi, à l’orée de la saison des pluies, le crépissage du patrimoine bâti en terre ne pourra pas être fait, aggravant les risques de dégradation

Ce n’est un secret pour personne que les activités autour des sites et monuments permettent de faire vivre les acteurs culturels. Il s’agit de ceux évoluant dans le domaine du tourisme culturel, des festivals, des réjouissances populaires et autres fêtes traditionnelles qui rentrent dans le cadre du patrimoine immatériel. Ces activités à caractère social sont stoppées net par les mesures barrières de lutte contre la propagation du coronavirus. Leur arrêt a évidemment des conséquences sur les sites et monuments culturels, mais aussi sur le patrimoine immatériel, explique Moulaye Coulibaly, directeur national du patrimoine culturel.

Tout d’abord un petit tour en arrière. Aidé par ses partenaires, notre pays s’était lancé dans la réhabilitation des sites et monuments qui avaient été malmenés, et parfois détruits par la crise sécuritaire de 2012. De nombreux mausolées et le monument Al Farouk de Tombouctou ont été reconstruits, des bibliothèques réhabilitées et les travaux de réhabilitation du Tombeau des Askia à Gao venaient d’être lancés au mois de février dernier.

Depuis le 19 mars dernier, des mesures de prévention astreignent les déplacements pour la conservation, la gestion et la promotion des biens du patrimoine culturel national. La gestion, la conservation et la promotion du patrimoine culturel sont des domaines de socialisation et d’intégration qui impliquent plusieurs acteurs par le culte ou la visite touristique, ce qui constitue un facteur de risques de propagation du coronavirus.

À ce jour, deux cas positifs au Covid-19 ont été enregistrés dans la Commune du Mandé. Suite à ces cas positifs, une réunion d’information et de sensibilisation sur les mesures préventives contre la pandémie du coronavirus a été organisée à Kangaba, sous la présidence du préfet du Cercle. Ladite réunion s’est tenue en présence des autorités administratives, religieuses et coutumières et des collectivités décentralisées. Cette réunion a permis d’informer sur les dix mesures arrêtées par l’État, entres autres, de la suspension de toutes les activités culturelles dans le Cercle de Kangaba.

Dans le souci de mieux circonscrire la propagation de la pandémie, plusieurs activités ont été impactées sur les sites et monuments, notamment. Parmi ces mesures prises figure l’interdiction jusqu’à nouvel ordre, des regroupements à caractère social, sportif, culturel et politique de plus de cinquante personnes.

Elle ne permet pas d’organiser les cérémonies de crépissage annuel (généralement entre janvier et juin) des édifices en terre, même en respectant les gestes barrières, car celles-ci mobilisent et regroupent toutes les couches sociales de la population et offrent l’occasion d’un grand rassemblement populaire. À l’orée de la saison des pluies, le non crépissage du patrimoine bâti en terre aggravera davantage les dégradations déjà entrevues sur certains biens. Par ailleurs, l’arrêt de la fréquentation des musées, la recrudescence du phénomène de pillage des sites et du trafic illicite de biens et trésors archéologiques encore prisés sur le marché de l’art international contribuent davantage à aggraver la situation. Et pour ne rien arranger, les coupes budgétaires et les gels des crédits, la fermeture des sites et monuments aux visiteurs, touristes, élèves et étudiants des établissements scolaires et universitaires ont sonné le glas.

ACCENTUER LE CHÔMAGE- La suspension de ces activités a contribué à accentuer le chômage des jeunes, la paupérisation des populations par la baisse des revenus liés au tourisme culturel et du niveau de vie des communautés et des professionnels du patrimoine vivant sur et autour de ces sites. Elle pourrait également contribuer à la recrudescence du phénomène de pillage des sites et du trafic illicite de biens et trésors archéologiques encore prisés sur le marché de l’art international, s’inquiète le directeur national du patrimoine culturel.

Comme actions de lutte contre le Covid-19 autour des sites et monuments, la direction nationale du patrimoine culturel, à travers ses services rattachés que sont les Missions culturelles, en collaboration avec les autorités administratives, les responsables communaux et les autorités coutumières, reste vigilante pour la mise en œuvre des actions concourant à la préservation de la santé des communautés de sites, dépositaires des biens et éléments culturels.

Actuellement, les Missions culturelles poursuivent les actions d’information, de sensibilisation et de communication sur la protection et la promotion des sites et monuments à travers les radios de proximité et sur les mesures barrières contre le coronavirus à l’attention des communautés de sites.

Les mesures d’accompagnement et les perspectives sont de plusieurs ordres. Il s’agit de doter les comités de gestion des sites du patrimoine mondial au Mali de kits sanitaires (masques, savons, gels hydroalcooliques, etc.), de mettre à leur disposition des matériaux et des matériels d’entretien du patrimoine bâti en terre, d’organiser des séances de sensibilisation et des jeux concours sur le lien gestion du patrimoine culturel et Covid-19 sur les radios de proximité, de produire et diffuser à travers le numérique des messages slam pour les jeunes et enfin de réaliser des activités d’éducation virtuelle au patrimoine et résilience des jeunes au Covid-19 : conception et diffusion des outils pédagogiques et de sensibilisation sur le patrimoine culturel à travers les sites Internet et les réseaux sociaux. Il faut rappeler que la crise multidimensionnelle de 2012 a eu un impact très négatif sur le patrimoine culturel national. En plus des menaces quotidiennes telles que les intempéries, le vandalisme, les dégradations, le vol, la pression du développement urbain (spéculation foncière, urbanisation anarchique et vente illicite), le récent conflit armé déclenché en 2012 et qui perdure à cause de l’insécurité résiduelle, a eu un impact négatif sur les biens et éléments du patrimoine culturel des régions du Nord (Tombouctou, Gao, Kidal) et du Centre qui ont été occupées par les groupes armés (rebelles et djihadistes) de mars 2012 à janvier 2013.

En plus de la destruction programmée des mausolées et des manuscrits anciens de la ville de Tombouctou et d’autres localités, les buttes anthropiques du delta intérieur du Niger ont été occupées et piétinées par les engins de guerre, notamment lors de la libération de ces régions par les forces internationales françaises et africaines.

Le patrimoine culturel immatériel des communautés, qui constitue l’âme du patrimoine matériel, tel que des expressions et traditions orales, des rituels ou des connaissances liées aux pratiques d’entretien des monuments, a été réprimé. De plus, de nombreuses manifestations et pratiques culturelles à travers le pays, allant des évènements festifs, la musique traditionnelle, le savoir-faire artisanal, aux pratiques concernant l’univers, ont été interrompues dans un climat de terreur et d’incertitude.

Youssouf DOUMBIA

Source : l’Essor

 

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