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Rentrée littéraire du Mali 2020

La Rentrée littéraire du Mali 2020 se tiendra du 18 au 23 février 2020 sur le thème : « Petites histoires et grands récits ». Partenaire de l’événement, L’Essor vous propose, chaque jour, le portrait d’un auteur invité

Biographie

Safiatou Ba

De nationalité malienne, Safiatou BA est diplômée du Département Anglais de l’école Normale Supérieure de Bamako où elle obtient sa maîtrise et commence une vie professionnelle consacrée au développement international notamment à l’USAID, l’ICRISAT (Institut international de recherche sur les cultures des zones arides et semi-arides des tropiques) et Trade-Mali/Chemonics International. En 2013, elle quitte son pays pour Washington où elle travaille au siège d’une grande institution.

Elle est l’auteure d’un recueil de nouvelles, l’Envers du Décor publié en 2014 par Jamana Mali ; de trois romans : Les Fantômes du Passé publié en 2017 par Presses Panafricaines Canada, émotions Violentes publié en 2018 par Jamana Mali qui a gagné le prix Massa Makan Diabaté de la Rentrée Littéraire 2018 du Mali et Ah ! Nos maris, ces grands inconnus ! publié en 2019 par les éditions Afrikana en Montréal, Canada. Safiatou Ba est membre du Parlement des écrivaines francophones lancé en septembre 2018 à Orléans, France.

Extrait (Emotions Violentes publié par Jamana Mali en 2018)

« Père, Accepte encore que je t’appelle ainsi car tu es et restes mon père. On a d’anciens amis, collègues, etc. mais pas un ancien parent. C’est ainsi.

Les jours passent et ne se ressemblent plus…

D’abord, je te demande pardon, mais je n’ai pas la prétention de croire que tu vas l’accepter. Il n’y a pas de mots pour mieux décrire la honte que j’ai ressentie dans la salle d’audience, à voir le visage des personnes qui m’aiment, déchirées par la douleur, par ma faute ! A eux tous, je suis à genoux.

Papa, j’ai eu à te détester pour nous avoir trahis, Moumoune et moi en te mariant à Maman Yéyandé. J’ai eu si tort ! Et pourtant, je ne m’explique pas moi-même cette cavalcade de haine que j’ai entretenue contre vous, toi et maman Yéyandé. La jalousie m’aveuglait. Je ne te voulais qu’à nous seuls, Moumoune et moi. Quoi de plus beau qu’une grande famille unie dans la paix ! Je suis une personne maudite car j’ai détruit toutes les opportunités que j’avais : votre amour, une belle maison, de bonnes études, une famille formidable.

J’ai compris trop tard que le matériel est éphémère. Je n’ai pas su apprécier la beauté de mon existence pourtant si apparente et si palpable. Elle est partout la beauté : dans le regard d’un enfant qui vous sourit ; dans celui d’un ami qui vous tient la main ; dans les larmes d’un ami qui vous accompagne dans votre malheur, votre douleur. Ce père et cette mère qui vous grondent car ils veulent te voir sur le bon chemin. J’ai eu droit à tout ça. Je n’avais pas de raison de me perdre.

Quel égoïsme et quelle méchanceté ! Oui, car je n’ai pas pensé à tous ces enfants qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école, qui ne mangent pas à leur faim, qui n’ont pas accès à la santé. J’ai oublié que je suis un privilégié !

Tu disais l’autre jour que tu m’aimais toujours. Et si cela est vrai, alors fais-moi une faveur. Ecrit cette histoire. Ne cache rien. Raconte comme elle s’est passée, comment tu l’as vécue, ce que tu as ressenti et ce que tu vis aujourd’hui car je veux que la nouvelle génération ne se trompe pas de combat qui est de travailler dur à l’école pour contribuer à l’édification de la nation afin de rendre nos parents et notre pays fiers de nous. Ils doivent être vigilants et apprendre ce qui est bon ou mauvais pour nous. Ils doivent savoir qu’ils ne doivent jamais sous-estimer la force de conviction et l’emprise que les gourous peuvent exercer sur leurs victimes, à savoir, des faibles comme moi. Aujourd’hui, plus que jamais, je reste convaincu qu’ils ne s’adressent qu’a des faibles, comme moi, dans des situations précaires. Oui, je suis un faible, sinon Diatrou n’aurait pas pu m’entraîner dans cette abomination. Il a suffi d’un moment de faiblesse pour m’embarquer dans cette situation dangereuse, satanique, honteuse. Suivre ces gourous, c’est creuser sa propre tombe. Je n’ai pas vu venir ma mort lente et violente et je voudrais éviter le même sort à mes cadets. Dis leur papa, que personne ne nous aime plus que nos parents. Ils savent ce qui est bien pour nous et ce qui ne l’est pas. Ils se trompent rarement. « La poule trie d’abord avant de donner à manger à ses petits », a-t-on coutume de dire. Ceci est d’autant vrai que malgré ce que j’ai fait, tu es là et me parles d’amour. Honte à moi !

Papa, tout le monde a droit à une deuxième chance. Je crois fermement que la longévité d’une relation est basée sur le pardon. Mais ce pardon peut-il permettre de tout oublier ? Peut-on conserver la même confiance qu’avant ? Mais s’il y a quelque chose à laquelle je crois fort aujourd’hui, c’est de ne jamais laisser la haine prendre le dessus sur notre vie car l’amour est plus fort que tout.

Papa, au fait, à quelque chose malheur est bon. Cette épreuve m’a ouvert les yeux. J’ose espérer que ces moments les plus sombres de ma vie seront un apprentissage, une leçon.

Père, une dernière faveur – partage avec mes frères et sœurs, mes amis, ce texte ci-dessous que j’ai lu quelques parts. Je n’en connais pas l’auteur mais il a été vraiment inspiré. Son texte mérite bien d’être partagé : « un serpent pénétra dans une menuiserie. Alors qu’il se faufilait dans ses recoins, il passa par-dessus une scie et se blessa légèrement. Sur le coup, il s’est retourné et a mordue la scie, et en mordant la scie, il s’est gravement blessé dans sa gueule. Alors, ne comprenant pas ce qui lui arrivait et pensant que la scie l’agressait, il décida de rouler autour de la scie pour l’étouffer avec tout son corps en la serrant de toutes ses forces, c’est ainsi que hélas il finit par être tué par la scie. Dès fois on réagit dans la colère en pensant blesser ceux qui nous ont fait du mal, mais on réalise après tout qu’on se blesse nous-même. Dans la vie il vaut mieux quelques fois ignorer des situations, ignorer des gens, ignorer leurs comportements, leurs paroles.

Parfois, il vaut mieux ne pas réagir pour ne pas subir des conséquences qui peuvent être parfois meurtrières ou nuisibles.

Ne laisse pas la haine prendre le dessus de ta vie car l’amour est plus fort que tout.

Donc ayons la maitrise de soi, l’humilité, la bonté, la tolérance, le pardon. Soyons inébranlables, humbles, sages, authentiques et surtout positifs. Nous gagnerons toujours. »

Papa, pour finir prie pour moi pour que Satan sorte définitivement de ma vie et que je laisse Dieu entrer Lui, Il est notre seul sauveur. Je me suis tourné vers Lui et je Lui demande toujours de guider mes pas ! Ce n’est pas possible d’effacer cette page noire de mon existence mais j’y arriverai car Le Coran est devenu désormais mon compagnon fidèle. Je Le lis pour purifier mon cœur car j’ai demandé à Dieu d’éloigner toute haine de mon cœur. Il a dit de nous aimer les uns les autres. Alors, l’être humain restera ma plus grande richesse ».

Source : l’Essor

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