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Supplément culture: Bazoumana Kouyaté: LA DANSE CHEVILLÉE AU CORPS

Celui qui se fait appeler aussi Tom est l’un des danseurs les plus doués de notre pays. En plus de son talent naturel, il a suivi plusieurs formations académiques. Pour lui, au-delà de leur beauté plastique, la danse et la chorégraphie doivent procurer un niveau d’émotion que le spectateur ne peut avoir seul

« La danse, c’est mon métier, la danse c’est ma passion », c’est ainsi que Bazoumana Kouyaté dit Tom résume son attachement pour cet art d’expression corporelle. Son corps d’athlète se transforme très rapidement en une sorte de masse plastique qu’il roule, plie, jette à terre, saute à volonté une fois sur scène. C’est le seul moment où « j’oublie tout, je vois les spectateurs mais je ne les reconnaît pas» confie-t-il. La scène est un lieu de concentration extrême, il faut seulement penser à la suite des mouvements afin de réussir les enchaînements ; Il faut avoir chevillé au corps le scénario et même s’assurer de partager l’émotion, les sensations et les différents états d’esprit au public, explique notre interlocuteur. Pour lui, il faut donner un niveau d’émotion que les spectateurs ne peuvent avoir tout seul assis chez eux à la maison. Ce qui les motive pour aller voir un œuvre dansée.

Tom est considéré actuellement comme l’un des meilleurs danseurs du Mali, alliant danse traditionnelle et danse de création. A ce titre, il s’implique aussi dans la formation de jeunes. Il est moniteur de gym, et formateur de mannequin pour différentes agences de la place. Il fait des répétitions quotidiennement sur les planches de la petite scène de la Fondation Passerelle de Rokia Traoré à Missabougou.

Né à Bamako, il y a une trentaine d’années, Bazoumana Kouyaté a grandi en Abidjan en Côte d’Ivoire. C’est là qu’il a attrapé le virus de la danse à travers un groupe d’amis avec lesquels il s’amusait à faire de la chorégraphie. Revenu au Mali en 2000, un jour par hasard il remplace un danseur de Sidney Fernando Moutchatcha, un chanteur qui aura par la suite un grand succès. L’expérience durera trois années, permettant à Bazoumana d’effectuer des dizaines de prestations chorégraphiques à travers le Mali.

Conscient de ses limites en danse traditionnelle, il décide d’aller à l’école de Karim Togola, ce grand chorégraphe malien qui remporta plusieurs fois le premier prix du ballet lors des dernières éditions de la Biennale artistique et culturelle à Ségou, Kayes, Sikasso et Bamako. Son Centre, sise à Sabalibougou est un véritable vivier de jeunes talents. Bazoumana y passe trois années de formation et presque 7 années dans sa troupe. Il participera à une création dénommée « Garibou » en 2004 avec Abdramane Diabaté et Mamadou Diabaté. La même année, il prend part également comme interprète à la création « Miroir » avec Mamadou Diabaté et Cheick Oumar Karembé.

En 2006, c’est la consécration car il est sélectionné pour Bintou Wèrè, une création pour l’Opéra du Sahel. Cette création internationale qui a vu la participation des artistes du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Sénégal et du Niger était un spectacle total avec drame, musique et chant, danse, décors et costume. Germaine Acogny du Sénégal et Flora Théfaine en étaient les chorégraphes.

En 2008, Bazoumana Kouyaté est élu meilleur danseur d’Afrique lors du Festival international de danse de Sidi Bel Abès en Algérie.

Bazoumana Kouyaté a participé en 2013 à la création de la compagnie de danse « Gnagamix » dont les deux créations les plus célèbres sont sollicitées dans de nombreux pays d’Afrique et d’Europe. Il s’agit de : « Voyez-vous » et « Sisan de don ». Dans cette œuvre, il a travaillé avec Mohamed Coulibaly et Naomy Fall comme chorégraphe et interprète. Fatoumata Diabaté, Fatoumata Bagayogo, Awa Kébé et Adolphe Tembelly étaient les autres danseurs.

Bazoumana Kouyaté est titulaire du diplôme de Composition chorégraphique de l’Eeg Cowles Fondation du Centre internationational de danse de l’Unesco. Avant de décrocher ce parchemin, il a suivi de nombreuses formations notamment avec Kettly Noël, Anouscka Brodacz (Italie), Moeketsi Koena, Ivan Téme, et Neliswe Xaba tous d’Afrique du Sud.

Bazouma Kouyaté tourne désormais en solo, mais participe de temps à autres à des projets collectifs. Sa dernière création intitulé « Min tora » ou ce qui reste est une véritable autobiographie. Il tente de répondre à une série de questionnements sur son parcours personnel. Il est retenu pour un grand projet de création « La grande mouche du retour » une sorte de spectacle de danse et de théâtre du Burkinabé Djibril Ouattara.

Notre chorégraphe et danseur n’est pas satisfait de la situation de la danse dans notre pays. Pour lui, cet art doit être enseigné dès l’école fondamentale afin de permettre aux enfants de maîtriser leur corps. Il suggère également la création d’une section danse à l’Institut national des arts (INA).

Source : l’Essor

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