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Musique : Production d’albums en panne

Au Mali, il existe des artistes de renom, comme Salif  Keita ou Oumou Sangaré. Leurs productions sont vendues au-delà du continent. Ces dernières années, face à l’incursion des nouvelles technologies, beaucoup d’artistes se contentent de titres au lieu d’albums. Et, pour survivre, il faut s’adapter.

Dans le milieu artistique, le constat du ralentissement de la production est notoire. Les grandes voix qui jadis émerveillaient par leurs compositions se font de plus en plus discrètes. Seules quelques-unes continuent de tenir leur public en haleine.  Mais les ténors résistent au vent des nouvelles technologies. Avec son ultime album, « Un autre Blanc », paru fin 2018, Salif Keita réaffirmait son omniprésence sur la scène musicale. En 2017, c’est la diva du Wassoulou, Oumou Sangaré, qui sortait un opus intitulé « Mogoya », se maintenant dans la liste des rares artistes maliens à faire encore des albums.

Yeli Fuzo explique les causes de cette pénurie de productions. « Avant, c’étaient les K-7, puis les CD, qui se vendaient et généraient des millions. Aujourd’hui, le concept d’album n’existe plus. Vous sortez un son et immédiatement le public y a accès », observe celui dont le dernier album, « Best of date », est sorti en 2019. Selon lui, les artistes pouvaient avant gagner de l’argent avec leurs CD, « mais aujourd’hui ce n’est plus le cas ». Internet a changé les façons de faire et offre des alternatives incroyables. « Aujourd’hui, quand un artiste sort un titre, il suffit qu’il fasse cent millions de vues pour avoir de l’argent. Plus les gens voient tes productions sur Youtube, plus on te paie », souligne l’ancien animateur de l’émission « Allo Kledu ».

Le marasme actuel s’explique aussi par l’absence de perspectives de retombées pour les artistes. « Pour sortir un album, il faut que le producteur ait une relative certitude qu’il va avoir une vie. Avec la réalité actuelle, cette certitude est de zéro au Mali », explique Alioune Ifra N’Diaye, opérateur culturel et Président de la Fédération des artistes du Mali. Selon lui, « la vie des albums de Salif Keita et Oumou Sangaré a lieu en dehors du Mali ». Le directeur de Blonba estime que les nouveaux outils technologiques sont des opportunités à exploiter. « Il faudra travailler à l’adaptation systémique de l’environnement malien de la culture à cette réalité technologique et économique. Il ne faut se leurrer, le monde est en train de radicalement changer sous nos yeux », alerte-t-il, ajoutant « il faut qu’on arrête de se laisser happer par ses conséquences négatives ».

Source : Journal Du Mali

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