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FESPACO : SEPT FILMS MALIENS A L’AFFICHE

La participation malienne a un sens particulier cette année avec la présence du chef de l’Etat en tant que coordinateur de l’Union africaine pour les arts, la culture et le patrimoine.

Notre pays participera à la 26ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) au Burkina Faso, à partir de demain, sur le thème : « Mémoire et avenir des cinémas africains ». Cette édition consacre les cinquante ans de ce rendez-vous du 7è art dans notre continent.

Le Mali présentera sept films dans les différentes catégories. Pour le long-métrage, « Barkomo » ou la grotte de Aboubacar Bablé Draba et Boukary Ombotimé sera en lice pour l’étalon du Yennega : le grand prix du festival. « Oumou, un destin arraché » de Gaoussou Tangara va concourir dans la catégorie des courts-métrages tandis que « Dawa, l’appel à Dieu » de Malick Konaté, « Jamu Duman » (Quel valeureux nom as-tu ?) de Salif Traoré, animation, « Village apaisé » de Issouf Bah seront vus comme des films documentaires. Dans la catégorie des séries télévisées, notre pays présentera « La langue et les dents » de Boubacar Sidibé.

Une autre particularité pour notre pays au Fespaco. Cette année, le Centre national de cinématographie du Mali (CNCM) organisera « La nuit du Mali » avec la présence du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, invité spécial du Burkina en tant Champion de la culture africaine. Rappelons que le chef de l’Etat a été désigné par ses pairs africains, coordinateur de l’Union africaine (UA) pour les arts, la culture et le patrimoine lors du dernier sommet tenu à Addis Abeba.

Tourné dans de magnifiques décors naturels de la Falaise de Bandiagara, « Barkomo » présente un scénario qui se déroule dans une atmosphère de tension et de rivalités claniques, marquée par des moments de grande cérémonie rituelle enrichis de chants, de tambours et de danses des masques qui traduisent gloire et renommée de la tradition du Pays dogon.

La trame du résumé du film ? Fin 17è siècle, dans un petit hameau du Pays dogon, un chasseur vit avec ses deux épouses. La première, Yamio, infertile après 10 ans de mariage, tente de se suicider à cause de l’humiliation que lui impose sa jeune coépouse. Yamio se jette du haut de la falaise, mais miraculeusement elle s’en sort indemne. Sur son chemin d’exile, errant à travers plaines et falaises, elle arrive un mois plus tard dans une grotte où se trouve le roi de Baroukommo et son entourage. Ce petit royaume vit une période de grande angoisse, le roi Ogono par inadvertance a sacrifié son propre cousin à son fétiche. A l’époque, les animistes dogons pratiquaient encore le sacrifice humain, mais pas celui d’un parent de sang.

Le village de Baroukommo se retrouve par la suite frappé par une série de grands malheurs : épidémie, longue sécheresse et récoltes de céréales au goût amer. Les pratiques divinatoires révèleront que seule la naissance d’un enfant gaucher peut purifier le village et permettre à la vie normale de reprendre ses droits.

Quant au film « Jamu Duman», il met en lumière le patronyme, symbolique d’un acte méritoire. Accompagné de louanges, il est saupoudré de flatteries pour des hauts faits de l’ancêtre qui est à son origine. Conjugué avec l’alliance à plaisanterie «le sinankunya », ce sont des pratiques vécues et connues des populations ouest-africaines. Elles témoignent de la volonté de création d’une identité collective et de peuplement pluriel au travers de cultures diverses. Elles peuvent être facteurs d’intégration sous-régionale.

« Dawa, l’appel à Dieu » est une sorte d’autobiographie. Comment la « Dawa », à l’origine très modérée, a basculé dans le radicalisme au Mali ? De Bamako à Tombouctou, revivez dix ans d’histoire malienne à travers le prisme religieux ! Le mouvement islamique « Dawa » s’est implanté au Mali en proclamant un retour aux sources de l’islam. Quand une rébellion islamiste prend le contrôle du Septentrion pour y imposer la charia, on découvre parmi les leaders, plusieurs dirigeants du mouvement « Dawa ». Comme beaucoup d’autres croyants, le jeune adapte de la « Dawa » Malick Konaté se sent pris au piège et se demande s’il ne s’est pas trompé de chemin. Le produit cinématographique retrace son parcours personnel et religieux.

Le « Village apaisé » de Issouf Bah montre un village isolé, où vivaient des gens heureux qui trouvaient tout ce qu’ils désiraient. La routine poussa certains à s’aventurer vers des destinations moins bonnes qui les rendront méconnaissables.

Un jour, un descendant des expatriés visita son village d’origine sans le savoir. Il est accueilli à bras ouverts mais ses hôtes sont surpris par sa peau blanche. Leur hospitalité et leur générosité envers des étrangers finiront par être source de grands problèmes qui vont troubler le village.

Enfin, « Oumou, un destin arraché » raconte le cas d’une brillante adolescente qui veut poursuivre ses études dans la capitale après la fin de son cursus dans son Chimandougou natal. Pour des raisons économiques, son père l’oblige à se marier avec le fils du chef de village. N’étant pas prête psychologiquement et physiquement, elle supporte difficilement la vie du foyer entre corvées, nuits intimes et maladies, et tout Chimandougou va regretter ce mariage arrangé.

Youssouf DOUMBIA

Source : l’Essor

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