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Bibliothèque Nationale du Mali : La boulimie des autorités de tutelle tue la structure à petit feu

La Bibliothèque nationale du Mali, par boulimie des autorités de tutelle est aujourd’hui devenue un dépotoir de vieilleries, loin de répondre aux besoins des lecteurs. Et du coup, elle n’est plus que l’image d’elle-même ces dernières années.

La Bibliothèque Nationale du Mali devient-elle un dépotoir de livres usés ? En tout cas, le décor qui s’offre aux visiteurs s’apparente à cela. Devant certains rayons, on se croirait au marché ‘’Dibiba’’ ou devant l’Ecole Normale Supérieure (ENSup) où les vendeurs de livres d’occasion proposent des ouvrages usés à même le sol, exposés à toute sorte d’intempérie.

A notre passage à la Bibliothèque nationale,  nous avons remarqué des documents contenant des traces d’annotations, parfois marqués avec des marqueurs, des soulignements au stylo, au crayon, des encerclements, des croix, des crochets de signalisation, etc. Le hic qui fait tilt, c’est que ce sont des livres de dernières livraisons. Car l’Etat consacre d’importantes ressources au renouvellement des rayons de livres pour permettre aux usagers d’accéder au savoir à peu de frais dans un décor attrayant.

Bref, l’Etat met le paquet pour imprimer à ce haut lieu du savoir en déperdition, une bonne image comme c’est le cas dans d’autres pays. Mais apparemment, cette volonté des pouvoirs publics ne semble pas être partagée par certains agents de la boite. Lesquels  profitent de leur position pour mettre à l’eau tous ces efforts. En tout cas, une enquête que nous avons menée au niveau de cette institution nous a permis d’en savoir beaucoup sur ce qui s’y trame.

La boulimie des autorités de tutelle

Il ressort  de nos investigations que ce sont des livres obsolètes, composés d’anciennes éditions qui sont fournis par la librairie ‘’EDILAC’’, à travers un marché qu’elle obtient dans la plus grande opacité. Il s’agit de marché passé au gré à gré par la Direction des Finances et du Matériel(DFM) du Ministère de la Culture.

Nos sources reprochent à la librairie, des  livraisons échelonnées et portant sur des titres commandés non livrés ou des titres non commandés mais livrés tout de même .En clair, la librairie ‘’ EDILAC’’ impose ses titres n’ont inscrits dans la commande et les bénéficiaires ne peuvent rien contre. Parce que le fournisseur est probablement adossé à plus fort qu’eux.

A en croire nos sources, depuis 2007, la Bibliothèque Nationale et le Centre National de la Lecture Publique (CNLP) sont théoriquement dotés de budgets annuels d’acquisition d’ouvrages de dernière génération. Mais dans la pratique, ces ressources sont  gérées par le cabinet du ministre de la Culture  et la Direction des Finances et du Matériel. D’après nos sources, les contrats de fournitures sont discutés et signés entre la DFM et l’unique société bénéficiaire dumarché de fourniture de documents neufs à la Bibliothèque Nationale et au CNLP, à savoir « EDILAC SARL », pour un montant variant entre 15 et 20 millions FCFA.

Des livres obsolètes et usés fournis à la Bibliothèque nationale

Notre interlocuteur de préciser que les conditions de passation du marché sont loin d’être leur préoccupation, mais la qualité des ouvrages fournis. Car, la plupart des livres proposés ne répondent pas à la commande des bénéficiaires ou la quantité fournie est partielle.

Pour se défendre de la non satisfaction de la demande, la gérante de la société Mme Dagnoko Awa Bawou,avance comme argument, la non disponibilité des documents demandés sur le marché tandis que des concurrents sur le marché peuvent effectivement fournir cette partie du marché. A titre illustratif, c’est le 20 et le 29 mai 2013 que certaines commandes entrant dans le cadre de l’exécution du budget de 2011 ont été livrées par ‘’EDILAC’’. Là également, elle a non seulement procédé par  des livraisons échelonnées sur 2 ans, mais comprenant d’importants lots de livres obsolètes et non demandées.

La direction de la bibliothèque s’était ainsi vue obligée de récuser certains documents, qu’EDILAC a effectivement repris en promettant de fournir plus tard les titres demandés. Mais jusqu’à ce jour, elle ne s’est pas exécutée. Et le reliquat des livraisons dont le montant est évalué à 812.087 FCFA n’a pas encore été fourni.

Pour le compte de 2016, sur un budget de 20 millions FCFA, EDILAC n’a livré que 550 livres pour une valeur marchande évaluée à 15.684.000 FCFA.  Et il reste donc 174 documents à livrer pour un montant de 4.297.652 FCFA sur le bordereau de livraison « Facture N°215/07/2016 » du 26 juillet 2016. Après réclamation du reliquat (174 documents non livrés), par les responsables de la Bibliothèque Nationale, EDILAC promettait toujours de commander afin de leur  livrer les ouvrages manquants avant de leur faire croire que la DFM a finalement ramené le budget aux 15.684.000 F CFA qui correspondent au lot déjà fournis. C’est une façon de dire que les 4.297.652 FCFA sont retournés au Ministère  de la Culture. Car, les 4.297.652 FCFA non retournés sont  bel et bien mentionnés sur la facture. Où donc passé l’argent ?

Selon nos sources, si durant les années précédentes, les documents livrés étaient majoritairement neufs et correspondaient aux titres commandés, en 2017, sur un total de 86 documents livrés, le 05 mai 2017, seulement 6 sont neufs et répondent correctement aux critères de choix du service bénéficiaire. Les 80 autres livrés sont des livres obsolètes, composés d’anciennes éditions.

Par exemple, la  21ème édition du libre de “Droit administratif” demandée a été remplacée par sa 6ème édition, la 14ème édition de “Finances publiques 2015-2016” souhaitée est remplacée par sa 4ème édition publiée en 1998. Pour ne citer ceux-ci parmi tant d’autres. Le hic est qu’ils contiennent des traces de marqueurs, des soulignements au stylo, au crayon, des encerclements, des croix, des crochets de signalisation. Pour dire que ce sont des vieux ‘’torchons’’ que la librairie ‘’EDILAC’’ est allée ramasser pour les fournir à la Bibliothèque Nationale.

Comme on peut d’ailleurs le constater sur les images, ce sont des livres ramassés, cornés, chiffonnés, sales, déchirés et ayant en partie appartenu soit à des privés, soit à d’autres bibliothèques dont les signatures ainsi que les coordonnées en manuscrit (noms, prénoms, adresses, numéros de téléphone) y figurent. Signalons qu’actuellement, les containeurs de friperies qui viennent d’Europe ou d’Amérique contiennent également des livres en tout genre.

Il y a des neufs comme des livres usés. Est-ce que les offres d’EDILAC ne sont pas des livres de ce genre ? En tout cas, au regard des livres qu’il nous a été donné de voir dans les rayons de la bibliothèque, c’est le contraire qui peut nous étonner.L’on est également tenté de croire qu’EDILAC profite de l’occasion pour évacuer son stock de livres. Après tout, c’est un marché de l’Etat. Il suffit d’arroser le circuit financier pour se débarrasser deses vieilleries invendues.

Mais, pour ne pas prendre le risque de décourager les lecteurs, la Bibliothèque Nationale s’est finalement résolueà réceptionner 75 sur les 80 livresobsolètes, composés d’anciennes éditions. Comme d’habitude,EDILAC a promis de remplacer dans les jours à venir, les 5livres rejetés. Ceux-ci contenaient plus de traces de stylo, de crayon, de marqueur que les autres. Une promesse qui ne sera probablement jamais satisfaite.

Affaire à suivre !

Moussa Sékou Diaby

Source: Tjikan  

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