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Protection du patrimoine culturel en zone de conflit : MISE EN ROUTE DE LA SECONDE PHASE DU PLAN D’ACTION

La Conférence internationale sur les enjeux et défis liés à la protection du patrimoine culturel en zone de conflit s’est achevée mercredi dernier au Centre Maeva Palace à l’ACI 2000.

La cérémonie était présidée par Andogoly Guindo, secrétaire général au ministère de la Culture. Elle s’est déroulée en présence de Lazare Eloundou Assomo, directeur adjoint du Patrimoine culturel de l’UNESCO et Hervé Huo Marchand, chef du Bureau UNESCO à Bamako.

Les participants ont adressé des motions de remerciement, notamment à l’imam Ben Essayouti de la mosquée de Djiguirayber à Tombouctou et au père Michaeel Najeem d’Irak pour l’expertise qu’ils ont apportée. Ces chefs religieux ont montré leur adhésion à la cause du patrimoine culturel de leurs pays respectifs.

Les participants ont ensuite fait de nombreuses recommandations. Dans le cadre de la réhabilitation des édifices, ils ont requis de renforcer les capacités des maçons et d’encourager la transmission des savoirs, de favoriser la gestion transversale des patrimoines, et l’implication des communautés locales dans la sécurisation des mausolées réhabilités.

Pour la sauvegarde des manuscrits anciens, les participants souhaitent le renforcement des capacités des chercheurs dans l’édition critique des manuscrits, la mise en place d’un fonds spécial de recherche par le ministère et les partenaires techniques et financiers (PTF), la formation des chercheurs au décryptage des manuscrits et la traduction des textes.

En outre, ils ont aussi recommandé la création d’un cadre de concertation entre la direction nationale des bibliothèques et de la documentation (DNBD), la direction nationale des archives (DNAM), l’Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba de Tombouctou (IHERI – ABT) et l’ONG SAVAMA-DCI sur l’informatisation et la gestion des manuscrits numérisés.

Concernant la réhabilitation et la revitalisation des musées, ils souhaitent que tous les musées soient dotés d’un minimum de oersonnel, d’un statut juridique formel et que soit assurée la réactualisation de ce statut conformément aux réalités. Ils ont aussi rappelé l’exigence de veiller à la formation continue du personnel pour garantir la compétence, de disposer d’un budget de fonctionnement afin de permettre aux musées de réaliser leurs missions de base, et enfin du besoin, d’assurer l’ouverture effective des musées dont les bâtiments existent déjà.

La fin de cette conférence marque le début de la deuxième phase du programme. «Je formule le vœu de nous voir tous saluer, dans trois ans, les efforts des partenaires, du gouvernement et des communautés locales», a souhaité le secrétaire général avant d’ajouter que cette conférence internationale de Bamako a tenu toutes ses promesses.

M. Guindo s’est dit convaincu que le seul enjeu de la protection du patrimoine en zone de conflit reste avant tout la nécessaire transmission de nos cultures aux générations futures.

« Le triste exemple de la destruction du patrimoine universel du Mali est un calque de ce que le monde a pu voir à Mossoul, à Palmyre », a relevé le secrétaire général. Il a aussi souligné la destruction à la dynamite des Bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan en 2001.

« Voir ce sombre spectacle a créé l’étincelle de la solidarité internationale autour du patrimoine malien. Cette étincelle est devenue une pleine lumière du fait de l’action de coordination et de mobilisation des partenaires de l’UNESCO », a-t-il précisé.

Andogoly Guindo a aussi témoigné de l’espoir entretenu par la rencontre de Bamako. «Le Mali se félicite de la conduite exemplaire de la première phase de son programme. Considérant l’intérêt de la Banque mondiale, au regard des annonces faites, par nos partenaires de l’Union européenne, de la Suisse, la MINUSMA et au vu de l’assistance de l’Inde, dans le cadre de notre coopération culturelle, l’espoir d’une deuxième phase prometteuse pour la promotion et la valorisation de notre patrimoine» est bien réel, a-t-il conclu.

Y. DOUMBIA

Source : L’Essor

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