Pour bien manger au RPM, il faut savoir boxer

Au RPM, le parti au pouvoir, l’heure n’est plus à la confrontation des idées. Pour gagner et conserver une place autour de la table, il savoir boxer. Et en la matière, l’ancien ministre Bocary Téréta est un champion poids lourd. A preuve…

Ladji Bourama, homme exigent, aime le répéter: « Nul ne sera convié au banquet de l’universel s’il ne l’a mérité ! ». Apparemment, ses amis du RPM l’ont pris au mot: à leur entendement, il s’agit désormais de gagner son pain à la sueur du…poing. Voilà qu’on appelle en français gréco-latin « programme coup de poing ». Et ce programme, qui donne directement droit au boire et au manger par ces temps de galère, a tout l’air de l’emporter sur le programme officiel de Ladji : « Mali d’abord, Inchallah ». Si vous en doutez, je m’en vais démontrer mon propos.

En 2013, lors de la formation des listes du RPM aux législatives, la 1ère vice-présidente du parti, Madame Kéita Rokiatou Ndiaye, et  le Secrétaire Général, Bocary Téréta, ouvrent les hostilités. Madame Kéita soutient le candidat RPM Abdramane Niang, allié à un candidat de l’URD, alors que Bocary Téréta tient à imposer une liste composée d’Aboubacar Magneta dit Samba Bagui, militant RPM, et de Madame Ascofaré Oulématou Tamboura, députée sortante et transfuge du PDES. Lors d’une réunion du parti, Téréta, très remonté contre  Madame Kéita Kéita Rokiatou Ndiaye, manque de peu de lui flanquer une gifle. N’eût été la prompte opposition de l’assistance, la pauvre dame aurait peut-être perdu une oreille. Par bonheur, elle n’a senti passer que le vent du boulet. Ayant conservé intactes à la fois ses oreilles, ses mâchoires et ses dents à la suite de cette première bataille, Madame Kéita remporte une seconde manche en parvenant à faire invalider par la Cour Constitutionnelle  la liste soutenue par Téréta. Comme quoi, en fait de boxe politique, les dames ne mordent pas toujours la poussière…

Le samedi  7 mai 2016, nouveau combat de boxe au RPM. Lors de la réunion de la section de la commune 2 tenue à l’Hippodrome, se tiennent autour de la table de hauts responsables comme Dr Boulkassoum Haïdara, président du parti par intérim; Madame Kéita Rokiatou N’Diaye, 1ère vice-présidente; Dr Bocary Téreta (encore lui!), Secrétaire Général; Nancouma Kéita, Secrétaire Politique; Issiaka Sidibé président de l’Assemblée Nationale et Djibril Dicko, Secrétaire aux Finances. Il s’agit de Mamadou Diallo, secrétaire général de la commune II, et non moins secrétaire au développement du BPN-RPM ;  et Djibril Dicko, secrétaire aux finances de la même instance. La réunion était présidée par la première vice-présidente du parti, Rokiatou N’Diaye. La guerre éclate à la lecture d’un rapport sur les litiges opposant deux tendances rivales de la section de la commune 2 de Bamako: celle dirigée par Madou Diallo et celle conduite par Madame Sissao Yagaré Tounkara. Djibril Dicko, secrétaire aux Finances du RPM, se plaint que le rapport ne mentionne pas certains événements défavorables au clan de Madou Diallo. Ce dernier, avec l’agilité de Bruce Lee, l’ancêtre des karateka, bondit sur Dicko qu’il roue de coups. Le malheureux Dicko, battu comme du mil récolté, quitte la salle de réunion pour le… commissariat de police du 3ème arrondissement où il porte plainte. Séance tenante, le commissaire convoque Madou Diallo, l’éminent disciple de feu Mohamed Ali.  Mais tout boxeur qu’il est, Diallo ne voue pas une grande confiance aux policiers, surtout après les hauts faits d’armes qu’il vient de réaliser. Ce n’est que le lendemain qu’il se présente à la police. Le commissaire croit avoir affaire à un rescapé d’un attentat terroriste: Diallo porte à son cou une prothèse et de ses yeux rougis sortent quelques grosses larmes de douleur. La stratégie du convoqué ? C’est lui la victime et il entend que justice se fasse ! Cette sulfureuse affaire reste toujours en suspens puisqu’aucun jugement n’est intervenu par la suite.

On aurait pu raisonnablement penser que ces incidents à répétition auraient donné à réfléchir aux hiérarques du RPM. On aurait pu espérer qu’ils comprendraient que le pays a davantage besoin d’idées que de coups de poing ou de bâton. Mais hélas, hélas, hélas ! Rien n’y fait. Samedi 31 mai 2016, une énième bataille s’engagée. Elle n’    a rien à envier à la bataille de Kirina gagnée par Soundjata, l’ancêtre de Ladji Bourama. La rude bataille concerne, non pas de petits poucets,  mais de très gros bonnets:  Nancoma Kéita, Secrétaire Politique du RPM, et, bien entendu, Bocary Téréta, Secrétaire Général du parti et véritable champion des rings. Or donc, le 31 mai, au cours d’une  réunion du Bureau politique national à l’Hippodrome, Téréta s’en prend violemment à Nancoma. Ce dernier se défend tout aussi vivement. Ni une, ni deux: les deux anciens ministres se fondent dessus comme des marchands de babouches. Il faut l’interposition rapide des autres participants à la rencontre pour séparer les deux combattants. L’histoire ne dit pas qui a eu le dessus; cependant, il n’est pas interdit de penser que les poings de Téréta faisaient plus mal que ceux de Nancoma: ex-ministre de l’Agriculture et actuel président du Conseil d’Administration de la Banque Malienne de Solidarité, Téréta  nous paraît  bien mieux nourri  que son adversaire, Nancoma Kéita, qui, depuis son départ du ministère de l’Environnement il y a de longues années, fait bouillir sa marmite à ses propres frais et a perdu un peu de poids.

Question: pourquoi Téréta, présent dans deux des trois combats de boxe que nous venons de décrire, n’entrerait-il pas dans l’armée ? Pour combattre Iyad Ag Ghaly, Belmokhtar et les autres terroristes qui dévastent le nord du Mali, aucun bras valide malien n’est de trop. Or, comme chacun le constate, Téréta a de la force et de l’agilité à revendre. Gageons que ses prochaines cibles seront un certain « petit monsieur » et un « hassidi » en chef.

Tiékorobani (Procès Verbal)

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