Les inondations à Bamako

Qālū ‘Innā Lillāhi Wa ‘Innā ‘Ilayhi Rāji`ūna.

Que Dieu veille sur les âmes des disparus.

La vérité est que j’étais au Banconi le jour des inondations, non pour y aider, ni parce que j’avais prévu quoi que ce soi, mais simplement parce que la nécessité m’y a conduit.Cherchant à regagner mon domicile, je me suis vu contraint à partir de Malilait de rebrousser chemin vers le troisième à cause des inondations, remonter l’Hippodrome entrer dans le Banconi jusqu’à Djélibougou et enfin rejoindre la route de Sotuba.

Au Banconi, le peuple était amassé autour de véhicules et de maisons sous près de 1,5 mètres d’eau, tandis que les braves pompiers tentaient de faire leur travail avec l’assistance de braves gens. Pourtant tout le monde était impuissant face à la nature déchainée.

Le constat est amer et le bilan lourd. Évidemment la responsabilité des politiques sera soulignée.

Je n’ai pas voulu commenter l’évènement car trop souvent la compassion est prise lorsqu’elle vient d’un politique comme un acte d’intérêt. Je n’ai pas voulu commenter encore car l’indignation est stérile lorsqu’elle n’est pas suivie d’action.

Je n’ai pas voulu commenter encore, car non pas en tant que responsable d’une jeune formation politique, mais en tant que citoyen, j’ai crains, ne voulant pas choquer, de dire ce que je pensais réellement.

Mais la vérité est que tant que le comportement général ne change pas, ce genre de désastre aura lieu.

Tout le monde veut une maison, c’est légitime, pourtant le malien prend le risque avec sa vie et celle de sa famille de s’installer dans un bas-fond, dans le lit d’une rivière, dans le creux d’une vallée d’écoulement (souvent illégalement).

L’autorité qui délivre les permis s’il y en a, n’a pas les moyens d’assurer l’assainissement ou la sécurité de ces lieux. Et Dieu sais si des permis sont délivrés indument.

EDM est contraint par les occupants d’y installer de l’électricité et si elle ne le fait pas est accusée d’incurie.

L’État n’a pas le courage de faire partir les gens sous peine de grèves, manifestations et accusations de nuire aux plus pauvres.

Et puis un jour, l’eau monte, certains meurent noyés, d’autres électrocutés… La douleur et la compassion deviennent réalités et il devient alors facile de s’indigner.

Ensuite chacun cherche un coupable. Voila la réalité. Elle est dure à digérer. Mais en vérité chaque fois que les autorités ont voulu déplacer les populations dans des situations délicates, elles n’ont jamais eu de soutien. Alors sans un sursaut citoyen qui passe par le changement de comportement de chaque d’entre nous, dirigeants comme citoyens, le Mali auquel nous aspirons tous mettra du temps à voir le jour.

Qālū ‘Innā Lillāhi Wa ‘Innā ‘Ilayhi Rāji`ūna.

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