Lettre ouverte à Emmanuel Macron, par Professeur Adame Ba Konaré

Le dimanche 7 mai, à 20 h précises, le visage du nouveau président  français apparaît  sur les écrans de télévision et ce visage est celui d’un homme jeune de moins de quarante ans, le plus jeune président de l’histoire de la France, depuis Napoléon. Un président qui n’a jamais brigué un poste électif avant les présidentielles, quasi inconnu des Français jusqu’à son passage comme secrétaire général adjoint de l’Élysée puis comme ministre des Finances de François Hollande. Un président parti de presque rien, si ce n’est de ce mouvement En marche qu’il a fondé il y a à peine une année.

La récompense de l’audace, qui n’est pas loin du yes we can  de Barack Obama ? Oui, assurément !

Ce président, auquel on ne s’attendait pas, qui vient faire un pied-de-nez à la galaxie clivée des partis traditionnels, de droite comme de gauche, aux ténors usés sous le harnais de plus de trois décennies de luttes étripées les uns contre les autres va, s’enthousiasme t-on, « réinventer la France », apporter un baume rafraîchissant dans les cœurs et les esprits.

On dit que la France va « redevenir le centre du monde, renouer avec ses valeurs. »

« De l’air frais », nous laissent entendre certains commentateurs. Sur  CNews, dans une émission du 8 mai, un débatteur affirmera que ce nouveau président a de la chance et que cette chance – là, il va la reporter sur la France. Très africain comme analyse. Très africain comme croyance : on dit là-bas que la chance d’un pays est dans le bonnet de son chef.

Il va, croit-on également, combler « le vide émotionnel » causé par le régicide dont a été coupable le peuple français au XVIIIe siècle, en réincarnant cette figure royale qui manque tant à la France. Le rêve fantasmagorique !

Il est donc là, ce nouveau président, jeune et beau. Beau comme un Dieu grec, ou comme une star de cinéma. Mais ça, c’est une autre histoire…

Rassembler est le mot d’ordre, le projet politique d’En Marche, son mouvement. Prendre un peu à droite, un peu à gauche, un peu au centre, sa stratégie.

C’est à ce président que j’adresse cette lettre ouverte en tant que citoyenne de l’Afrique.

En Marche ! Une opportunité historique

Monsieur le Président, vous avez pointé du doigt le désarroi français L’une de vos exigences, avez-vous dit, est de « rendre aux Français cette confiance en eux depuis longtemps affaiblie parce que depuis des décennies, la France doute d’elle-même ».

Désarroi, oui, puisque, comme pour appuyer vos propos, le PS aura enregistré son plus faible score depuis cinquante ans, et la droite se sera disqualifiée pour la première fois.

Vous avez renouvelé les règles du jeu. Il est symptomatique qu’il vous ait suffi d’une toute petite année, d’avril 2016 à avril 2017, pour créer et mettre en marche votre mouvement En Marche ! Vous avez renvoyé dos à dos les traditionnelles Gauche et Droite. Vous les avez endiguées dans une espèce de fusion qui n’est pas  loin d’une certaine forme de consensus.

Certainement, en Europe, vous allez faire des émules !

En Afrique, cette voie a été  déjà expérimentée. Au Mali, mon pays, dans les années 1990, elle a été prônée pour faire face aux situations quasi-anarchiques consécutives à la  fin du régime à parti unique et a l’avènement de la démocratie.

Elle est aussi recommandée depuis des années par la communauté internationale pour stabiliser les pays fracturés, telle que la république démocratique du Congo, ou pour juguler des crises menaçant la paix.

Voyez-vous, monsieur le Président, ce qui semble être une expérience inédite pour la France, est une  réalité pour Afrique qui  en tire déjà les leçons et en signale les dangers.

Les présidents ayant opté pour cette alternative sont accusés de « débauchage  et de volonté de casser les partis politiques », partis sans lesquels, l’on ne saurait parler de démocratie.

Cette situation est perçue aujourd’hui comme la confiscation du pouvoir par une minorité d’hommes politiques qui font de leur pays un gâteau à partager. Quant aux personnalités de la société civile cooptées, elles apparaissent comme des « opportunistes » qui, sans participer aux combats politiques, profitent d’un cadeau obtenu sans effort.

Dans ces conditions, comment opérer la convergence entre votre innovation et l’expérience africaine ? Quels enrichissements en tirer de part et d’autre ?

Je m’interroge : que vont devenir les ersatz africains des partis politiques français, ceux se disant de gauche comme de droite ? ou encore centriste, centre-gauche, centre-droite… ? Ces partis traditionnels sont surtout bousculés par d’autres formations, qui n’utilisent pas le nom de partis politiques mais qui sont là, partie prenante du jeu politique, et très actives sur le terrain. Ce sont toutes ces associations corporatistes ou islamiques.

Je n’entends pas être Cassandre mais ne faut-il pas euthanasier l’ensemble des partis politiques en les remplaçant par quelque chose de plus extensible et qui va au-delà de leurs énoncés aux bases sclérosées ?

A l’évidence, est révolu le temps des grandes idéologies univoques dominatrices et à prétention universelle.

En Marche !  Pour une visite au Mali

Le 19 mai, monsieur le Président, en votre qualité de Chef suprême des Armées vos premiers pas sur le sol africain vous ont conduit au Mali, pour visiter la force Barkhane engagée dans la guerre du Sahel.

Vous êtes directement allé à Gao, où sont concentrées les troupes de la force Barkhane. Les images font revivre ce qui semble déjà être votre style : démarche solennelle et lente lorsque vous passiez les troupes en revue, sans tapis rouge, comme lorsque vous traversiez la cour de l’Elysée le soir de votre élection. Puis, inversion de tableau, où à la cantine, votre plateau-repas en mains, vous vous êtes installé, très décontracté, vous leur Chef suprême, côte à côte avec vos soldats pour partager leur repas, presque en osmose avec eux. Vous les avez rassurés et exprimé votre détermination : « exigent, lucide, toujours présent » tout en évitant d’exposer leurs vies. Par delà la France et vous-même, fervent Pro-européen, vous avez exprimé votre souhait pour plus de coopération de l’Europe et de l’Allemagne, particulièrement, en interpelant nommément madame Merkel.

Vous y avez affirmé l’engagement militaire de la France pour la sécurisation des territoires face aux groupes jihadistes jusqu’à l’éradication complète du jihadisme.

Devant le président malien, vous avez souhaité que « l’engagement militaire soit accompagné d’une stratégie de développement. »

On a noté ce qui pourrait être une mise en garde dans votre entretien téléphonique avec le président algérien lorsque vous survoliez son territoire : « je n’enverrai pas nos soldats se faire tuer si tous les gouvernements responsables de la situation localement ne prennent pas l’intégralité de leur responsabilité. »

Vous avez dit continuer avec le dossier du Nord Mali tel que l’a enclenché le président François Hollande.

Votre discours, pareillement, s’inscrit en droite ligne de celui de votre prédécesseur et de ses anciens ministres, notamment Laurent Fabius et de Jean-Yves Le Drian, par exemple lorsque vous dites « on ne peut pas manifester quelque faiblesse que ce soit à l’égard de mouvements terroristes (…) et mot pour mot : « nous serons intraitables. » « Nous avons besoin de poursuivre et d’accroître notre engagement (…) Il restera de haute intensité ici au Sahel… »

Et pourtant, votre champ de bataille, le Sahel, est miné, tant au propre qu’au figuré, monsieur le Président. Les populations du Nord Mali le savent. Ne vous laissez pas emporter par la seule fougue guerrière. N’exaltez pas la seule solution militaire.

Osez trancher le nœud gordien, Monsieur le Président, dans vos procédés discursifs en direction de l’Afrique comme vous l’avez fait avec la France et l’Europe.

Elargissez votre champ d’analyse tant pour cette question précise que pour toutes les autres questions concernant les destinées communes de l’Afrique et de l’Europe. Toute solution envisagée devra être partagée, avec méthode et discernement, en rompant avec les recettes unipolaires et usées.

En Marche ! Avec des mots forts

Vous avez dit, monsieur le Président,  que « nous sommes à l’orée d’une extraordinaire renaissance », et déclaré vouloir « mettre l’innovation au cœur de votre action. » Deux déclarations fortes. Alors faites en sorte, monsieur le Président, d’innover aussi dans les relations de la France avec l’Afrique afin que nous soyons vraiment à l’orée d’une « extraordinaire renaissance. »

Vous projetez de “corriger les excès du cours du monde.” Dans cette entreprise, pensez à l’Afrique, monsieur le Président.

« Je veux l’unité de notre peuple », avez-vous dit. Vous proclamez que vous voulez « une France qui sache inventer l’avenir ». Fort de cette détermination, préemptez l’espace franco-africain, monsieur le Président, dans la verticalité, pour « inventer l’avenir » avec cet espace.

Union, rassemblement, amour… voici des mots que vous avez martelés, des mots pleins d’empathie, face à ces défis, si caractéristiques des temps de crise. Les grandes nations savent que ce sont là des mots magiques à même de concocter des recettes idoines pour sortir des périodes de déconfiture.

Votre arrivée  devrait être une opportunité pour l’Afrique et le monde, monsieur le Président. Elle correspond à l’un de ces moments de chambardement et de rupture radicale qui portent les germes de nouveaux départs, et dont  seule l’histoire a le secret. Chaque pays, chaque nation, avant de dompter les forces de rééquilibrage, connaît des périodes de fracture où tous les voyants affichent le rouge.

« Présider autrement, c’est maintenant », avez-vous dit à la mairie de Paris aux côtés d’Anne Hidalgo, maire de Paris, le jour de votre investiture.

À Berlin, auprès de la Chancelière Angela Merkel, vous avez annoncé votre volonté de « refondation historique de l’Europe ». Vous avez affirmé que vous seriez « un partenaire franc, direct et loyal ».

Imprégnée de vos  mots,  je vous demande, Monsieur le Président, d’être pour l’Afrique ce partenaire franc, direct et loyal qui saura préserver la dignité de ce continent berceau de l’humanité mais qui porte toujours en lui les meurtrissures causées par l’esclavage, la traite et la colonisation que l’Europe lui a fait subir.

Le défi africain du président Macron

« L’Europe et le monde nous regardent », avez-vous affirmé. J’entends fort bien, monsieur le Président même si j’aurais aimé que vous ayez une phrase pour l’Afrique, que vous citiez nommément l’Afrique, car ce qui va se jouer en Europe ne peut pas se définir en dehors de l’Afrique.

L’Europe n’a pas de devenir sans l’Afrique. Son avenir n’est-il pas plutôt à la fois européen et africain, ne serait-ce qu’à cause des problèmes d’immigration, de terrorisme ou d’écologie ?

L’Europe pourra -t-elle  survivre dans son confort à quelques encablures d’un continent de très grande pauvreté ? Sûrement non et c’est pour cette raison que l’avenir des deux continents doit être aménagé en commun.

On vous dit agile, plein d’intelligence et de virtuosité, monsieur le Président. Déployez une partie de ces talents sur l’Afrique ! Osez aborder avec nous et de façon franche, les problèmes qui engagent nos destinées communes.

Nous pensons déjà, monsieur le Président, que vous devriez inscrire l’Afrique dans le projet dont vous rêvez pour la France, pour l’Europe et pour le monde.

Il vous revient une tâche bien délicate mais oh combien noble, qui mette au pilori tous les vieux poncifs coloniaux et néo-coloniaux tenaces dans votre pays et en Europe : celle de définir et de mettre en oeuvre une stratégie globale pour l’Afrique, une stratégie ambitieuse et courageuse que vous partagerez et accomplirez avec l’Afrique.

Monsieur le Président, repensez la politique africaine de la France ! Quelle politique française pour l’Afrique ? C’est un débat de fond qu’il faut engager. Osez assumer votre fougue ! Permettez à votre intelligence d’être au service du défi à relever.

Oui, monsieur le Président, votre défi sera de repenser les relations franco-africaines, de les mettre en mouvement, de les normaliser, c’est-à-dire de les rendre plus égalitaires, mutuellement avantageuses, en mettant fin à la politique des réseaux et du « copain-copain » à l’endroit des chefs d’État africains.

Pour y parvenir, inscrivez-vous dans une dynamique de collaboration sans arrogance ni paternalisme, sans triomphalisme, en sachant que ce continent a encore besoin d’aide.

Décomplexez les relations franco-africaines en apportant vision neuve et comportements nouveaux. Condescendant, le discours de la France peut l’être, tant elle apparaît toujours aux Africains comme une puissance coloniale. Or elle est souvent bien trop frileuse dans ses déclarations. Quand elle hausse le ton, on la dit arrogante, et pour éviter ce faible risque, elle adopte des précautions de langage tellement surfaites qu’elles versent dans la démagogie. N’a-t-on pas trop entendu des formules comme « mon frère et mon ami », « j’aime les Africains », etc. là où un langage franc, direct, mais respectueux et loyal eut été de mise ?

De François Mitterrand à François Hollande, chacun de vos prédécesseurs a tracé ce qui semblait être sa feuille de route, avec plus ou moins de bonheur et de réussite mais aussi de ratés. On dit que le discours de La Baule de François Mitterrand a impacté les révolutions africaines, en débouchant sur la démocratie pluraliste ici et là en Afrique, avec les conférences nationales organisées au Congo-Brazzaville, au Togo, ou encore au Mali. Relativisons, le terrain était favorable, les contestations contre les dictatures déjà en marche.

Vos deux derniers prédécesseurs ont tous brandi leur volonté d’opérer une rupture radicale, manifestant leur ardeur d’en finir avec la France des réseaux parallèles et occultes, une volonté de rupture avec la « Françafrique ».

Pourtant, cette Françafrique existe toujours. Elle se manifeste à travers les sommets France-Afrique aux allures de « liturgies laïques », budgétivores dans leur organisation, néocoloniale d’une certaine façon dans leur conception actuelle, la France restant toujours la grande patronne. Ces sommets croulent sous le poids de discours lyriques, d’auto-satisfécits aux relents démagogiques et complaisants tandis qu’en arrière-fond subsistent ces vieilles peurs coloniales présentes chez les chefs d’État africains qui, hantés par la force de nuisance du maître de l’Élysée, redoutent, à tort ou à raison, sa capacité de les « faire » et surtout de les « défaire ».

Au-delà de tout ça, la Françafrique, c’est le business (parfois crapuleux), les réseaux mafieux, l’argent sale circulant entre l’Afrique et la France.

Les soutiens, la solidarité avec les chefs d’Etat africains s’étendent à d’autres sphères de fraternité et de reconnaissance mutuelles qui ne concernent que la cour « des Grands » : Franc-maçonneries, Rose Croix, Internationale Socialiste…

La majeure partie, sinon l’ensemble des présidents actuels de la bande sahélienne appartiennent à l’Internationale–socialiste : le Niger, le Mali, le Burkina Faso.

 L’Internationale–socialiste a le vent en poupe !

L’Afrique ne se ramène pas à ses chefs d’Etat et à ses ministres, monsieur le Président, tout comme la France ne se ramène pas aux réseaux de la Françafrique : il y a ici et là une opinion publique – quand bien même elle est plurielle – il faut l’informer et l’éduquer ; la France doit s’adresser à elle, ici et là-bas, et les compétences pour ce faire ne manquent pas : ce sont les universitaires, les chercheurs, les spécialistes de l’Afrique, mais aussi les hommes et femmes de terrain. Les analyses de ces hommes et femmes vous seront plus utiles que celles qui jouent sur la peur ou sur les intérêts à courte vue. Leurs analyses vous seront aussi utiles sinon plus, que celles de Conseillers au profil plus politique que scientifique. Leurs analyses vous seront plus utiles que celles de célèbres « Messieurs Afrique », agissant dans l’ombre des services secrets et des circuits obscurs, tel que le fameux réseau Focard et ses émanations, des perles que l’on croit rares, mais qui sont aussi rares que sont nombreux les vrais spécialistes de l’Afrique.

Le repositionnement de l’Afrique

J’entends dire qu’il appartient aux Africains de prendre eux-mêmes leurs responsabilités pour sortir de cette dépendance dans l’indépendance, de prendre en mains leurs destinées, en mettant de l’ordre dans leur façon de gouverner, avec des dictateurs et pseudo-dictateurs et autres apprentis-sorciers ça et là. Sans réfuter ces prises de position, je dis que cela fait près d’un demi-siècle que nous rabâchons tous ces discours et plus nous les rabâchons, plus d’étau de l’ancienne puissance coloniale se resserre sur nous.

Je dirai que nous sommes dans l’interdépendance avec l’ancienne puissance coloniale.

Tout est tellement enchevêtré, les relations tellement multidimensuelles !

Dressons ce tableau, posons-nous cette question, qui relève du seul truisme : que sera la France sans l’apport de ses anciennes colonies, sans l’apport des immigrés, tant sur le sol français, européen et africain même. Tablons sur le donnant-donnant, le gagnant-gagnant. Dans les rues de Paris, j’observe les courageux techniciens de surface, je vois de plus en plus de femmes baby sitters africaines avec des enfants « Blancs », dans les magasins on retrouve cette même main d’œuvre noire tant au niveau de la sécurité que de la manutention. Je ne comptabilise pas les étudiants, les chercheurs, les artistes, les sportifs, les créateurs et autres cadres, les relations amicales et parentales nées d’un long parcours commun, le partage de la langue française et que sais-je d’autre…

Si nous sommes tous d’accord pour dire que l’arrivée du Président Macron en France constitue un événement majeur, m’adressant à mes concitoyens africains, alors, je dis : cette opportunité-là, il nous faut la saisir. Marquons le nouveau président Français, scotchons-nous à lui, assiégeons son esprit, provoquons chez lui l’électrochoc capable de changer la donne.

Nous parlons de partenariat, de liens complémentaires ; alors, arrêtons d’hypostasier nos jugements sur une Afrique où tout va se régler par incantation.

Renouvelons nos discours, dans la clairvoyance et dans la lucidité. Saisissons le formidable renouvèlement du jeu politique en France pour nous réinventer. Inventons un autre paradigme avec des mots-clés, seulement des mots d’AMOUR : partenariat, solidarité, respect mutuel, empathie, humanisme, fraternité des cœurs, interdépendance, échanges réciproques, paix…

L’espoir en marche

Pourquoi tous ces développements, monsieur le Président ? Parce que j’ose espérer en vous, car :

- On a appris que, au sortir de l’ENA, vous aviez choisi de faire votre stage en Afrique, au Nigeria précisément, et non en Europe ou en Amérique.

- Pourquoi ne pas espérer en vous, monsieur le Président ? En pleine campagne électorale, vous avez pris le risque de vous aliéner une certaine frange de l’opinion française qui professe que la colonisation a eu des aspects positifs, en proclamant haut et fort et en assumant courageusement, lors de votre visite à Alger, que la colonisation était un crime contre l’humanité. Alors qu’un de vos devanciers avait évoqué des aspects positifs de la colonisation et qu’un autre disait de l’Afrique qu’elle n’était pas encore entrée dans l’histoire…

Permettez-moi, monsieur le Président de terminer sur ce vœu particulier : alors que sont certainement à saluer les efforts de parité de genre et la diversité de l’outil exécutif du gouvernement que vous venez de composer, on ne peut pas ne pas remarquer qu’il comporte deux départements consacrés à l’Europe : le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères et le ministère des Relations avec l’Europe. Singulièrement, et quand bien même les approches et résultats étaient discutables, les ministères de la Coopération ou du Développement, où étaient domiciliées les Affaires africaines ont disparu.

Monsieur le Président, là aussi, pour bien marquer votre volonté de renouveau audacieux, un ministère des Affaires africaines aurait été le bienvenu.

Bon vent, Monsieur le Président !

Ce jour 24 mai 2017

Prof. Adame BA KONARÉ

Historienne

Ancienne Première Dame du Mali.

Bamako-Mali.

adam-ba-konare-professeur

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Madani Tall à propos d’Emmanuel Macron : « La volonté déplace les montagnes »

Les citoyens de France ont encore montré la force de leur volonté. Ce qui frappe chez Emmanuel Macron n’est pas sa jeunesse, mais le fait qu’il ne soit le représentant d’aucun parti dit important. C’est David contre les Goliath.

C’est un choix à la fois généreux et audacieux, porteur d’espoir et de changement. D’aucuns veulent réduire cette victoire, diminuer son mérite. Or là où dés le début sa réussite était improbable, il est arrivé premier, là où l’on estimait son adversaire à 40 %, il marque nettement la différence.

Sa tache est lourde, car de son bilan dépendra la monté ou pas de l’extrémisme aux prochaines échéances. Or le paradoxe français voudrait qu’il réussisse tout en lui refusant une majorité législative.

Les voici déjà à vouloir lui imposer une cohabitation, sauf que la cohabitation est un concept droite-gauche. Or Macron n’est ni de l’un ni de l’autre, il rend possible une rupture, une révolution citoyenne. Un nouveau courant ouvert à tout le monde.

Personnellement, je ne suis pas en faveur de la loi travail qui défavorise les plus pauvres. Hormis cela, je suis heureux de voir cet homme écrire son destin en même temps que celui d’une grande nation.

Madani Tall

Madani Tall

Madani Tall
http://madani-tall.com/

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

« Le travailleur malien vit de plus en plus mal », dixit Issa Fakaba Sissoko, syndicaliste

La célébration 2017 de la Journée mondiale du travail intervient dans un contexte où le travailleur malien vit de plus en plus mal comparativement à celui d’autres pays, malgré « la bonne santé de notre économie » ventée par les autorités. Sous emploi, emploi précaire et chômage se disputent chez les jeunes devenus de candidats potentiels au jihad et à l’extrémisme violent. L’argumentaire brandi par les autorités, selon lequel « l’Etat n’a pas les moyens de satisfaire les revendications », a véritablement du mal à résister à la contestation. Face au train de vie extravagant d’une classe dirigeante qui n’a que faire de la classe moyenne, lorsque les autorités saluent le 3ème rang de notre économie dans la zone UEMOA, et lorsque le pays possède dix mines d’or, faisant de lui le troisième producteur en Afrique, l’envie chez le travailleur de réclamer plus, devient légitime. Et difficile d’avaler l’argument que les « revendications syndicales sont maximalistes ». Explications.

Pour ce 1er mai 2017 la condition du travailleur malien méritait toute l’attention des autorités. Il intervient dans un contexte d’extrême précarité pour les travailleurs du secteur public que privé. Un contexte aussi marqué par la grogne sociale à tous les niveaux. Enseignement, justice, impôts, banques, transports, santé, mines, etc. En trois ans du régime Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali a battu le record de grèves dans la sous-région. Si une issue a été négociée pour les travailleurs du secteur de la justice et de la santé, les enseignants de tous les ordres d’enseignement restent dans la rue. Ils ne réclament que de meilleures conditions de vie.

En clair, tous les secteurs socioprofessionnels du pays ont observé un ou des arrêts de travail ces dernières années. La nouvelle donne dans ces grèves au Mali, c’est particulièrement le caractère radical des mots d’ordre, marqués des arrêts de travail illimités.

La multiplication de ces grèves est fondamentalement le signe d’un malaise social. Depuis quelques temps la demande sociale se fait de plus en forte. La cherté de la vie, notamment le coût élevé du loyer, de l’eau, l’électricité, les denrées de premières nécessité ont imposé aux ménages des dépenses supplémentaires. Pas vraiment surprenant que les travailleurs demandent plus. Observer un mouvement de grève est donc un droit consacré pour les travailleurs.

Condamné à vivre dans la précarité !

La radicalisation des mouvements de grève peut bien se comprendre lorsque certaines comparaisons font froid dans le dos. Par exemple au Burkina Faso, l’indice plafonné chez le travailleur de la catégorie « C » est de 1.100, tant dis que qu’au Mali, il est 920 pour le travailleur de la catégorie « A ». La valeur indiciaire est de 500 au Burkina Faso, alors que qu’au Mali elle est passée à 400 au mois de janvier dernier seulement. Le Burkina n’est pas le Mali, mais le dernier a plus de potentialités économiques que le premier.

Dans la sous-région le travailleur malien est donc est le moins payé. Pourtant ce n’est pas faute de ressources financières comparativement à certains pays où le salaire est plus élevé. Les autorités maliennes se ventent que le pays est la « 3ème économie de l’UEMOA » après la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Si ce classement en termes de budget, il témoigne en revanche que l’économie se porte bien en termes de ressources. Et si cette économie se porte bien, c’est sans doute à causes potentialités économiques du pays, notamment la dizaine de mines d’or opérationnelles dans le pays et qui fait du Mali 3ème pays producteur d’or après l’Afrique du sud et de Ghana. Les ressources nationales sont reparties de manière inéquitable au Mali, où une minorité s’empare de l’essentiel de la richesse. Conséquence : la jeunesse désœuvrée à cause du chômage et l’emploi précaire devient une cible potentielle pour d’éventuels recruteurs jihadistes ou d’extrémisme violent. D’autres choisissent les routes incertaines de l’immigration pour finalement périr sur la mer ou sur le désert.

Bref, difficile donc de croire en l’argumentaire des autorités que « le pays n’a pas les moyens de satisfaire les revendications des travailleurs ». Lors qu’un pays « n’a pas les moyens », ou lorsqu’il sort d’une crise, ses dirigeants donnent l’exemple à travers la bonne gouvernance, la réduction de leur train de vie et la suppression de certaines dépenses de prestige. Au Mali, l’exemple est loin d’être donné par le haut sommet. Les travailleurs maliens n’ont d’autres choix que de constituer un front commun et de lutter sans relâche pour l’amélioration de leurs conditions de vie et travail. Nos dirigeants semblent-ils prendre au sérieux les enjeux et les menaces de cette bombe sociale. Difficile d’y croire face à une gouvernance qui favorise l’injustice et la corruption.

ISSA FAKABA SISSOKO, délégué syndical à Studio Tamani

Issa-f-sissoko

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Janjo à Edmond Ousmane Traoré, *

*un Homme comme il n’en existe que rarement*

« J’ai mis du temps à t’écrire cet hommage parce que je n’en ai pas eu la force. Chaque fois que j’ai  tenté d’écrire quelque chose, ma plume s’est arrêtée. Il m’a fallu 7 ans pour y arriver. 7 ans, tu t’imagines !

Depuis un 8 avril 2010. Un mois terrible !

J’ai été la dernière personne à te voir la veille, le soir du 07 avril. T’en rappelles-tu ? « Ordure, décharge municipale ! » Pourquoi tu ne m’as pas mis dans la confidence ? Comment faire confiance à un Traoré ? Tu es vraiment une « ordure, une belle ordure », « mon ordure à moi », plus que « ordure », une « décharge interétatique ». Nous partagions un vocabulaire qui nous était familier… Une sorte de complicité intellectuelle et affective.

Ce soir du 07 avril,  nous nous sommes retrouvés comme tous les soirs à refaire le monde. Nous avions parlé de la situation du pays, du monde et de la déchéance de notre société, des dérives de l’humain…

A peine sorti de ta maison, vers les alentours de minuit, une coupure soudaine d’électricité. C’était devenu une habitude en ce mois de canicule. Nous nous sommes arrêtés et tu m’as proposé de nous asseoir devant ta maison, en attendant le retour du courant. Une curieuse conversation s’est alors engagée entre nous. Tu m’as parlé de ton aversion profonde pour l’obscurité. Elle te rappelait celle de la tombe, disais-tu !

Tu m’as parlé de la solitude de la tombe. Je me suis rappelé de l’enterrement d’un de tes amis d’enfance, dans son village lointain sur la route de Garalo, dans le cercle de Bougouni. Tu m’avais dit avoir été frappé par le silence accablant du lieu où il reposait désormais. Tu m’as dit que tu préférerais  reposer un jour dans le cimetière de Niaréla. Les alentours étaient bruyants. Pas de solitude. Les Sotramas y passaient tout le temps avec le vacarme de leur klaxon. Depuis, à chaque fois que je passe à proximité, je klaxonne, comme pour te réveiller de ton sommeil éternel.

Etrange soirée quand j’y repense. Le lendemain quand on m’a informé de ton décès, je n’y avais pas cru. Un terrible poisson d’avril ? Non, c’était la triste réalité. J’en étais foudroyé.  Je suis rentré aussitôt à la maison et je suis resté cloitré dans ma chambre, l’esprit vide. Curieuse sensation d’absence, de solitude extrême…

Quand je me suis décidé à aller te voir, j’ai refusé qu’on enlève le drap qui couvrait ton corps. Je ne voulais pas garder de toi l’image d’une rigidité corporelle.

Nous avons perdu toi et moi, des parents, des amis, des camarades… Dernièrement mon épouse Haby…

Paix à ceux qui sont morts, douleur à ceux qui leur survivent ! Vanité et insignifiance de l’humain face à son destin…

Je me rappelle au centimètre près, des endroits, au croisement de ta rue et de la mienne où nous nous pouvions rester de longs moments à causer et à nous raccompagner l’un et l’autre, du fauteuil où je m’asseyais chez toi chaque soir, du tien chez moi,  de tout comme si c’était hier…

Au fil des années notre complicité était devenue plurielle. Comment comprendre cette amitié entre un « communiste attardé » selon ton expression et un « féodal incorrigible » selon la mienne ?

En fait la solidité de notre amitié reposait sur notre attachement respectif aux valeurs de nos terroirs respectifs: amour de la vérité, haine de l’injustice, solidarité humaine, loyauté. Bien qu’ayant été tous

deux, à l’école occidentale, nous sommes restés assez ancrés dans nos cultures et valeurs fondamentales de civilisation.

Je me rappelle des propos tenus par des parents venus du fond du Bafing te rendre hommage. J’en avais été émerveillé. Des vieux de l’âge de nos parents qui ont salué ton sens de la famille, ta générosité d’esprit et de cœur, toi le jeune bâtisseur de ponts entre les générations… J’ai bu leurs discours jusqu’à la dernière goutte. Moi, le « communiste » j’étais fier d’avoir pour ami toi, le « féodal » !

Nous n’étions pourtant pas politiquement du même bord. Je te traitais souvent de « chien méchant » du CNID ou de Mountaga Tall. J’étais souvent étonné de ton engagement actif tardif en politique, toi qui as eu pour père Tidiane Faganda Traoré,  un illustre militant politique dont la force de conviction, l’engagement et l’honnêteté  étaient reconnus par tous.

Je me rappelle de ton arrestation et de ton emprisonnement suite à une marche de l’Opposition. Tu avais été précisément ciblé. Il fallait régler ton compte. Je me rappelle de tes larmes quand on t’a accusé à tort d’avoir jeté des cailloux contre les forces de l’ordre. Pure indignité pour le « féodal » que tu étais !

Il fallait t’humilier, toi, l’opposant politique du moment. On a poussé l’acharnement jusqu’à accuser ton jeune frère, maire d’une Commune  de détournement de deniers publics. Il en a été, lui aussi, brisé à jamais.

Il fallait te rabaisser le caquet. Immense tragédie ! Méchanceté gratuite! Des vies broyées ! Dérives politiciennes qui nous ont conduits dans les impasses actuelles.

Ton désengagement ultérieur du champ politique ne m’a pas non plus surpris quand tu t’es aperçu du double jeu et du revirement de certains de tes compagnons politiques d’alors. Le temps des convictions était révolu, place à l’opportunisme. Il fallait aller au festin du pouvoir. Tu n’étais pas de cette étoffe. Cela nous a rapprochés et davantage ancrés dans les principes et valeurs qui étaient les nôtres. Mais aussi dans nos amertumes… Quand j’interroge le présent, dans la solitude qui est parfois la mienne, une consolation me vient à l’esprit, la chance que tu as eue de n’avoir pas été témoin de la déchéance actuelle de notre pays, de toutes les trahisons et bassesses qui nous ont amenés à saccager l’héritage  que nos ainés nous avaient laissé, par cupidité, par lâcheté collective. Nous sommes devenus presque un peuple de « gueux »!

Je ne suis pas un griot pour chanter ta mémoire. Toi, Traoré, je te fais Diarra. Même s’il est vrai qu’aujourd’hui  bien des Diarra sont devenus moins que des Traoré. Les hommes de conviction et de principe sont devenus rares. Etrangers qu’ils sont dans leur propre pays.

Le désastre est total. Il reste à espérer que des parcours de vie tel que le tien et celui d’autres patriotes puissent un jour faire germer de nouveau l’espérance.

Alors j’écris un Janjo pour toi. Tu as accompli ta part de devoir. Chantons des exemples comme le tien  pour que les actuelles et nouvelles générations puissent se rappeler les leurs et ne pas continuer à trahir le pays et ses racines.

Repose en paix cher ami, mon « ordure » de lumière ! »

Pr Issa N’Diaye

Avril 2017

Pr-Iss-Diaye

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Mali : Mohamed Salia Touré lance un SOS de détresse pour jeunesse sans avenir

« En juin 2014, j’introduisais ainsi une précédente tribune sur la jeunesse du Mali : « Ne rendez pas notre jeunesse vulnérable. Elle est désemparée, déboussolée ! Elle veut, elle peut travailler ! »

Le texte se concluait ainsi : « J’appelle donc toutes les personnalités du pays, à chaque niveau de décision, et l’ensemble des acteurs économiques, à multiplier les initiatives et les investissements en faveur de l’emploi de la jeunesse. Afin qu’elle ne soit pas vulnérable, mais comptable de ses actes et ainsi responsable de son futur ».

Presque trois ans plus tard, l’espoir, même mince, de plus d’emplois a laissé place à une immense détresse. Malgré les chiffres ministériels, relayant la promesse présidentielle réaliste et réalisable de création de 200 000 emplois, dont on ignore la réalité opérationnelle, preuve est faite que la jeunesse n’en a nullement ou très peu bénéficié. Sa triste, choquante et désespérante situation de chômage, de précarité et de fragilité économique se traduit déjà par une colère presque explosive dans nos quartiers, dans nos communes, dans toutes les régions !

La jeunesse est pourtant prête à des efforts importants et conséquents pour être devenir actrice d’un avenir meilleur. La pire attitude des décideurs envers elle serait de se résoudre à la fatalité en matière d’emploi en occultant toutes les énergies constructives, positives et abondantes qu’elle peut déployer. Les gouvernants ne peuvent plus ajourner des décisions drastiques à prendre pour l’emploi ni afficher de l’indifférence à l’égard de cet enjeu majeur. Ce problème n’est pas un défi secondaire ou subsidiaire : il est bel et bien, avec la paix et la sécurité, prioritaire. L’heure n’est plus à hésiter entre un pessimisme démobilisateur et un optimisme béat pour la jeunesse ; il faut désormais imposer et réussir des actes concrets ! Sans faiblesse, sans excuse, sans faux-fuyant, sans fuite en avant. Sans se contenter de quelques palliatifs ou solutions temporaires.

La jeunesse croit à tous les possibles, elle se nourrit d’enthousiasme malgré l’indifférence politique dont elle est victime, parce qu’elle a l’intelligence de la vie. Elle n’a pas peur d’échouer parce qu’elle a l’énergie d’apprendre. Sans avoir à imaginer l’exil avec ses périls et ses désillusions, elle doit pouvoir travailler et vivre ici, au Mali.

Dans cette perspective, je propose dès à présent à nos autorités deux axes possibles d’actions concrètes pour générer des emplois qualifiants pour la jeunesse :

1) Environnement, sécurité et solaire. Dans notre capitale, commune par commune, comme dans les grandes villes maliennes, création de brigades environnementales et organisation d’ateliers de recyclage (plastique : papiers, verres, selon des modèles déjà expérimentés et réussis dans d’autres pays) permettant de générer des ressources à certaines populations. Je propose aussi la création de brigades de sécurité routière en charge d’accompagner la police là où elle ne peut pas sécuriser une route, pour assurer la sécurité des piétons avec un matériel de signalisation adéquat.

2) Nouvelles technologies, numérique et solidarité sociale. Création dans chaque quartier communal d’un centre numérique dédié aux nouvelles technologies et, dans chacun de ces centres, d’un atelier spécifique pour inciter les jeunes à imaginer, sur des bases créatives et professionnelles, leurs propres start-up. En parallèle, je propose d’investir dans quatre bus aménagés en bureaux d’aide sociale et de solidarité qui tourneraient dans les quartiers selon un planning connu.

Cette tribune est donc bien un message d’urgence au département en charge de l’Emploi.

La jeunesse est à bout des promesses non tenues, et dramatiquement inquiète de son avenir et de son irrémédiable plongeon dans la précarité.

Notre pays ne sera vraiment en paix et en sécurité que si la jeunesse malienne a enfin la certitude qu’elle est considérée comme un de ses atouts majeurs, avec un emploi et un avenir ».

mohamed-salia

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

GAO PLEURE PLEURE ET PLEURE

Triste est mon regard dans cette ville triste

Cette ville qui pleure en enterrant ses fils par soixantaine

Triste nous sommes dans cette grande ville  triste

Cette ville qui compte ses blessés par centaine

Tristes les jours dans cette vie triste

Cette vie qui  de jour en jour s’attriste

Comme une veuve de vingt ans

Triste ce monde qui fait pleurer ses enfants

Ces pauvres enfants déjà TRISTES en naissant !!!!!

 

GAO ! GAO ! GAO ! GAO !

Déesse au cœur en lambeaux

Grande reine au regard brillant de larmes !

Qui a laissé  les salauds semer  le chao ?

Ce chao qui  t’a imposé la tenue funeste de  désolation

Qui a laissé le démon s’emparer de ton âme. ?

Qui a donc manqué de sonner l’alarme ?

Mais de quelle folie  est  atteint ce monde en ébullition

Qui fait des  armes un moyen de distraction ?

 

Ö ! Gao ! Grande reine au regard sombre

Jamais personne ne te mettra en décombre !

Paix à l’âme des tiens

DES MIENS

Plus jamais que SATAN ne triomphe !!!

 

Fatoumata KEITA NIARE

fatoumata_keita

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Sommet Afrique/France

Le cordon ombilical qui nous lie est impur et infect

Le Mali s’apprête à accueillir les 13 et 14 janvier 2017, le 27ème sommet Afrique-France. Pour l’occasion, le président français François Hollande fera le déplacement tout comme la quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement africains.

Le Comité national d’organisation du sommet Afrique-France (CNOSAF) chiffre à 35,67 milliards FCFA le budget devant servir à organiser cette grande « farce » qui n’a qu’un seul but : maintenir le lien colonial entre la France et l’Afrique.

Cette France qui entretient depuis des lustres une relation « incestueuse » avec l’Afrique, spoliée à dessein pour faire vivre « la mère patrie ».

Le maintien du FCFA en est une parfaite illustration. En imposant cette monnaie (Le franc des colonies françaises d’Afrique (CFA) rebaptisé franc de la communauté française d’Afrique), la France, depuis le Général De Gaulle renforce, sa main mise sur nos matières premières. Ce qui révolte le plus, c’est que 50% des réserves du Franc CFA sont déposées sur les comptes du trésor public français. Ce qui représente une manne financière non négligeable.

Certains économistes indiquent qu’il y a actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la CEMAC stockés au Trésor public, soit plus de 12 milliards d’euros.

Un journal économique allemand a récemment accusé cette même France de « piller chaque année 440 milliards d’euros aux africains à travers le Franc CFA ».

« Le gouvernement français recueille auprès de ses anciennes colonies chaque année 440 milliards d’euros de taxes. La France repose sur les recettes venant d’Afrique, pour ne pas sombrer dans l’insignifiance économique », écrit le journal dont les propos n’ont jamais été démentis par aucun officiel français.

Ce Sommet Afrique-France est une honte pour la classe dirigeante africaine qui s’est embourgeoisée cyniquement, laissant « la Grande France », « la Métropole coloniale » ruinée au fil des décennies l’avenir d’une partie du continent sous son joug.

Pour s’élever contre cette supercherie, la Coalition des alternatives africaines dettes et développement du Mali (CAD-Mali) organise du 7 au 8 janvier 2017 à Ouéléssébougou la 12ème Edition du Forum des Peuples en contrepoint à ce 27ème sommet Afrique France. Il est placé sous le thème « Les peuples du Sud exigent des alternatives pour un nouveau partenariat économique, social et sécuritaire entre la France et les Etats africains ».

L’Afrique, notamment « française », se doit d’enfanter d’autres dignes fils tels Thomas Sankara, Modibo Kéïta, Kwamé Nkrumah, Ahmed Sékou Touré…qui sauront arracher d’une main de fer le cordon ombilical qui lie l’Afrique à la France. Ce sang qui circule entre les deux entités (Afrique et France) est impur, infect.

Ibrahim GUINDO

Sory

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

« La jeunesse malienne s’est catégorisée »

Dans les lignes qui suivent, Mamedy Dramé, la quarantaine à peine, caricature une jeunesse malienne complètement en dérive qui ne mise que sur l’appât du gain facile. 

1- les bénéficiaires

Généralement se sont des fils de responsables, (anciens et actuels) ceux qui ont pillé les ressources du pays pour financer la formation de leurs enfants à l’étranger. Ils sont là, ils disent rien, quand il y’a mouvement c’est à travers les fenêtres qu’ils regardent et sont bénéficiaires d’emplois avant même de terminer. Ils sont dans les mines, banques et télécom exception faite à quelques enfants de Dieu (chanceux).

2- les opportunistes:

On les trouve généralement dans les mouvements de jeunesse. Ils sont tout le temps dans les rencontres aux noms de leur village, ville, commune etc… Ils font jamais de rapports ni même de simple CR ou bien s’ils le font c’est : Au forum telle est venu en rang, j’étais logé avec un tel dans le même hôtel, j’ai serré la main du ministre, « prrr a banna » et la plus part du temps ils sont dans tout sans aucune capacité d’analyse ou de proposition.

3- les rêveurs, les indignés, les aigris, les fils de pauvres, nous, ceux qui pensent que crier sur le boulevard de l’indépendance ou critiquer les gens sur facebook ou sur les antennes peut créer un sursaut d’orgueil en vu de changer « l’inchangeable ». Ils sont là ces jeunes généralement avec des noms importés, Che, Mandela, Mao, Dioul Karanainy n’importe quoi, dans un pays de la non reconnaissance du mérite.

4- Enfin les sacrifiés,

Ils ne sont dans rien, ils sont là. Que le Mali brule ou qu’il disparaisse « a Be kakan ». Mais bizarrement ce sont eux qui sont à l’aise.

65% de jeunes, 8 institutions dirigées à 95% par des vieux de plus de 65 ans. Hasard non un signe de Dieu pour que le peuple ou bien la jeunesse puisse se former et accepter que tant qu’on ne traverse pas tous les obstacles, on atteindra jamais ce qu’on cherche et que le bien facile et mal acquis ne profite jamais.

Mamedy Dramé,

Diplômé en Droit public

Mamedy Drame

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Halte à la propagande : la Russie n’a pas les moyens d’une guerre avec l’occident !

Ces derniers temps, les réseaux sociaux sont inondés d’articles vantant les moyens militaires de la Russie et annonçant une troisième guerre mondiale. La Russie a-t-elle vraiment les moyens d’une nouvelle guerre froide ou, pis, d’une guerre ouverte avec l’Occident ? Je réponds que non. Pour les raisons suivantes :

1- La Guerre froide, qui a opposé l’Union soviétique (URSS) et ses alliés communistes du Bloc de l’Est au camp capitaliste dirigé par les États-Unis, a duré de 1946 à 1990. Elle s’est terminée par la défaite des premiers alors qu’ils étaient, sur tous les plans, infiniment plus puissants que l’actuelle Russie.

2- Bien que la Russie ait hérité de l’immense arsenal militaire et nucléaire de l’URSS, elle ne saurait se mesurer militairement aux États-Unis et à leurs alliés. En effet, une guerre moderne, froide ou chaude, ne se gagne pas seulement par les armes; elle se gagne surtout par la force économique et technologique nécessaire à la conduite et à l’entretien des troupes. D’ailleurs, l’URSS a perdu la guerre froide à cause de son infériorité économique face aux États-Unis. Or, aujourd’hui, la Russie n’est que la 10ème puissance économique du monde (l’URSS était 2ème !); elle est devancée par 9 pays appartenant tous au bloc américain, à l’exception de la Chine. La Russie ne saurait donc tenir sur la durée une guerre froide contre des adversaires si puissants qui, depuis 70 ans, ont appris à conjuguer leurs moyens humains, techniques, militaires et financiers.

3- Le traité de Varsovie, qui regroupait l’URSS et ses amis, a disparu alors que l’OTAN, cette alliance militaire qui regroupe les États-Unis et leurs alliés, n’a cessé de se renforcer, allant jusqu’à intégrer d’anciennes possessions soviétiques comme les pays baltes et l’Allemagne de l’Est;

4- Profitant de la disparition de l’URSS, l’Occident a alourdi sa mainmise économique, diplomatique et culturelle sur le reste du monde. Regardez autour de vous : combien de pays communistes voyez- vous ? Combien d’entre vous préféreraient séjourner à Moscou qu’à New York ? Combien préféreraient une Lada russe à une Toyota Prado japonaise ? Votre pays vit-il des subsides du FMI et de la Banque Mondiale ou des bons du trésor russe ? Les films, chansons, lois et programmes scolaires présents dans votre pays sont-ils inspirés de l’Occident ou de la Russie ?

5- Vanter l’arsenal nucléaire russe n’a aucun sens puisque cet arsenal est inutilisable: une guerre nucléaire russo- américaine équivaudrait tout bonnement à la fin du monde et relève, pour cette raison, de la science-fiction.

5- Je comprends et respecte la volonté du président russe, Vladimir Poutine, de maintenir son pays dans le cercle des nations écoutées; je salue aussi son patriotisme, son refus du suivisme et son combat quotidien pour un monde multipolaire. Mais cet ex-seigneur du KGB est assez intelligent

pour mesurer ses limites : la Russie conserve une forte capacité de nuisance diplomatique et militaire (ses exploits en Crimée et en Syrie en font foi); mais elle n’a pas la force d’un conflit réel avec l’Occident.

Et tout le reste est propagande !

Analyse de Maitre Cheick Oumar  Konaré

Cheick Oumar Konare, Avocat à la Cour

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

CE QUE JE PENSE DE L’APPLICATION DE LA DÉMOCRATIE EN AFRIQUE

Pour moi la démocratie vient de la liberté. La liberté, c’est travailler et gagner ta vie à la sueur de ton front. Chaque homme libre doit aimer la liberté de l’autre. C’est de là que nait la cohésion et la complémentarité. J’appelle tout cela la civilisation. Je suis natif d’une grande famille car mon père avait beaucoup d’enfants qu’il aimait au même niveau. Quand l’heure du repas arrivait dans la famille, il s’assurait d’abord que tout le monde soit là avant qu’il ne commence à manger. Lorsque le repas était accompagné de viande, il mettait la viande en petits morceaux et faisait de telle sorte que chacun ait sa part. Quand le repas ne suffisait pas, il se contentait de quelques poignées en nous laissant le reste et veillait à ce que les plus grands ne mangeaient pas tout pour ne rien laisser aux plus petits. S’il n’était pas là pendant le repas et qu’il venait trouver un étranger à la maison, ma mère lui apportait sa part de nourriture. Mais avant de manger, il s’assurait que l’étranger a mangé. Cette philosophie familial, mon père et ma mère étaient unanimes là-dessus. En Afrique, dans toutes les familles, l’amour du prochain est beaucoup cultivé et perpétué.

L’Afrique d’aujourd’hui est dans le processus de la démocratie. Particulièrement au cours des années 2015 et 2016, plusieurs pays africains ont fait de nouvelles élections pour la gouvernance nationale et locale. Cela fait plusieurs années qu’on parle de démocratie en Afrique mais le constat sur la population pour moi est toujours amer. Je ne sens pas beaucoup la liberté et le travail bien fait. Le favoritisme dans cette démocratie fait que souvent on n’a pas plus de 20% de gens qui travaillent correctement. Ces 20% sont découragés par ceux qui ne travaillent pas bien si bien que la corruption est devenue un mode de vie dans certains services. Il m’a l’air que la corruption est devenue l’outil majeur de compétition dans les pays africains. Ne soyons donc pas surpris que l’insécurité persiste. J’ai suivi un reportage sur le Vietnam qui est sorti de la guerre dans le années 70 après l’indépendance des pays africains. À mon avis aucun pays africains ne peut se comparer au Vietnam aujourd’hui en matière de développement. Alors, la question suivante s’impose : En Afrique la démocratie se limite-t-elle seulement aux élections ? Nos partenaires Occidentaux accusent certains de nos hommes politiques de biens mal acquis et quand ces Occidentaux ne sont pas contents, ils gèlent les avoirs de ces hommes politiques. Ce fait veut dire que ces avoirs sont tellement colossaux et douteux qu’ils ne peuvent pas rester en Afrique ; et même la progéniture de ces hommes politiques ne peut pas souvent avoir accès à l’argent qui a été déposé en Occident.

Au Burkina Faso, nous avons vécu une période exceptionnelle que le Président Thomas SANKARA a appelé « la révolution démocratique et populaire ». Le choix de nos dirigeants locaux se faisait en public ; les travaux d’intérêts collectifs se faisaient dans tous les villages ; la corruption était systématiquement combattue. Certains responsables de haut niveau, corrompus, étaient appelés «  les délinquants aux cols blancs ». Nous, en tant qu’agriculteurs, nous n’étions pas oubliés. À titre d’exemple, SANKARA disait une fois aux encadreurs : « Nous avons dit aux agriculteurs de produire, ils ont produit beaucoup de céréales. Vous allez entrer dans tous les villages pour leur acheter ces céréales pour que leurs efforts soient bénéfiques à leurs familles ». Par ailleurs, pour lui, le coton devait être transformé au Burkina. C’est ainsi que  porter du Faso Danfani était un signe d’intégrité et de patriotisme. En 1986, le prix du coton était de 80F CFA le kilogramme. SANKARA a décidé en 1987 que le prix du kilogramme de coton soit 100 F CFA. Tous les paysans étaient contents. Son assassinat a eu lieu le 15 octobre. En début novembre, mon groupement avait commencé à peser le coton à 100 F CFA le kilogramme. À notre grande surprise, dès l’installation du nouveau pouvoir, le prix du coton a été revu à la baisse, notamment à 90F CFA le kilogramme. Depuis ce jour, nous avons fait la différence entre l’ancien régime et le nouveau régime. Des progressistes comme SANKARA ont rarement été compris en Afrique pendant leur présence. Ils ont toujours été trahis par leur proche entourage. 27 ans après, nous avons vu ce que cela a donné comme conséquences. En somme, l’Afrique a des références si elle veut bien se rappeler. Pour moi, quand la démocratie est bien appliquée, tout le monde gagne et cela est aussi possible en Afrique. Que Dieu accompagne le peuple africain.

En tant que citoyen burkinabé

Ouagadougou, le 09 octobre 2016

François

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire