Janjo à Edmond Ousmane Traoré, *

*un Homme comme il n’en existe que rarement*

« J’ai mis du temps à t’écrire cet hommage parce que je n’en ai pas eu la force. Chaque fois que j’ai  tenté d’écrire quelque chose, ma plume s’est arrêtée. Il m’a fallu 7 ans pour y arriver. 7 ans, tu t’imagines !

Depuis un 8 avril 2010. Un mois terrible !

J’ai été la dernière personne à te voir la veille, le soir du 07 avril. T’en rappelles-tu ? « Ordure, décharge municipale ! » Pourquoi tu ne m’as pas mis dans la confidence ? Comment faire confiance à un Traoré ? Tu es vraiment une « ordure, une belle ordure », « mon ordure à moi », plus que « ordure », une « décharge interétatique ». Nous partagions un vocabulaire qui nous était familier… Une sorte de complicité intellectuelle et affective.

Ce soir du 07 avril,  nous nous sommes retrouvés comme tous les soirs à refaire le monde. Nous avions parlé de la situation du pays, du monde et de la déchéance de notre société, des dérives de l’humain…

A peine sorti de ta maison, vers les alentours de minuit, une coupure soudaine d’électricité. C’était devenu une habitude en ce mois de canicule. Nous nous sommes arrêtés et tu m’as proposé de nous asseoir devant ta maison, en attendant le retour du courant. Une curieuse conversation s’est alors engagée entre nous. Tu m’as parlé de ton aversion profonde pour l’obscurité. Elle te rappelait celle de la tombe, disais-tu !

Tu m’as parlé de la solitude de la tombe. Je me suis rappelé de l’enterrement d’un de tes amis d’enfance, dans son village lointain sur la route de Garalo, dans le cercle de Bougouni. Tu m’avais dit avoir été frappé par le silence accablant du lieu où il reposait désormais. Tu m’as dit que tu préférerais  reposer un jour dans le cimetière de Niaréla. Les alentours étaient bruyants. Pas de solitude. Les Sotramas y passaient tout le temps avec le vacarme de leur klaxon. Depuis, à chaque fois que je passe à proximité, je klaxonne, comme pour te réveiller de ton sommeil éternel.

Etrange soirée quand j’y repense. Le lendemain quand on m’a informé de ton décès, je n’y avais pas cru. Un terrible poisson d’avril ? Non, c’était la triste réalité. J’en étais foudroyé.  Je suis rentré aussitôt à la maison et je suis resté cloitré dans ma chambre, l’esprit vide. Curieuse sensation d’absence, de solitude extrême…

Quand je me suis décidé à aller te voir, j’ai refusé qu’on enlève le drap qui couvrait ton corps. Je ne voulais pas garder de toi l’image d’une rigidité corporelle.

Nous avons perdu toi et moi, des parents, des amis, des camarades… Dernièrement mon épouse Haby…

Paix à ceux qui sont morts, douleur à ceux qui leur survivent ! Vanité et insignifiance de l’humain face à son destin…

Je me rappelle au centimètre près, des endroits, au croisement de ta rue et de la mienne où nous nous pouvions rester de longs moments à causer et à nous raccompagner l’un et l’autre, du fauteuil où je m’asseyais chez toi chaque soir, du tien chez moi,  de tout comme si c’était hier…

Au fil des années notre complicité était devenue plurielle. Comment comprendre cette amitié entre un « communiste attardé » selon ton expression et un « féodal incorrigible » selon la mienne ?

En fait la solidité de notre amitié reposait sur notre attachement respectif aux valeurs de nos terroirs respectifs: amour de la vérité, haine de l’injustice, solidarité humaine, loyauté. Bien qu’ayant été tous

deux, à l’école occidentale, nous sommes restés assez ancrés dans nos cultures et valeurs fondamentales de civilisation.

Je me rappelle des propos tenus par des parents venus du fond du Bafing te rendre hommage. J’en avais été émerveillé. Des vieux de l’âge de nos parents qui ont salué ton sens de la famille, ta générosité d’esprit et de cœur, toi le jeune bâtisseur de ponts entre les générations… J’ai bu leurs discours jusqu’à la dernière goutte. Moi, le « communiste » j’étais fier d’avoir pour ami toi, le « féodal » !

Nous n’étions pourtant pas politiquement du même bord. Je te traitais souvent de « chien méchant » du CNID ou de Mountaga Tall. J’étais souvent étonné de ton engagement actif tardif en politique, toi qui as eu pour père Tidiane Faganda Traoré,  un illustre militant politique dont la force de conviction, l’engagement et l’honnêteté  étaient reconnus par tous.

Je me rappelle de ton arrestation et de ton emprisonnement suite à une marche de l’Opposition. Tu avais été précisément ciblé. Il fallait régler ton compte. Je me rappelle de tes larmes quand on t’a accusé à tort d’avoir jeté des cailloux contre les forces de l’ordre. Pure indignité pour le « féodal » que tu étais !

Il fallait t’humilier, toi, l’opposant politique du moment. On a poussé l’acharnement jusqu’à accuser ton jeune frère, maire d’une Commune  de détournement de deniers publics. Il en a été, lui aussi, brisé à jamais.

Il fallait te rabaisser le caquet. Immense tragédie ! Méchanceté gratuite! Des vies broyées ! Dérives politiciennes qui nous ont conduits dans les impasses actuelles.

Ton désengagement ultérieur du champ politique ne m’a pas non plus surpris quand tu t’es aperçu du double jeu et du revirement de certains de tes compagnons politiques d’alors. Le temps des convictions était révolu, place à l’opportunisme. Il fallait aller au festin du pouvoir. Tu n’étais pas de cette étoffe. Cela nous a rapprochés et davantage ancrés dans les principes et valeurs qui étaient les nôtres. Mais aussi dans nos amertumes… Quand j’interroge le présent, dans la solitude qui est parfois la mienne, une consolation me vient à l’esprit, la chance que tu as eue de n’avoir pas été témoin de la déchéance actuelle de notre pays, de toutes les trahisons et bassesses qui nous ont amenés à saccager l’héritage  que nos ainés nous avaient laissé, par cupidité, par lâcheté collective. Nous sommes devenus presque un peuple de « gueux »!

Je ne suis pas un griot pour chanter ta mémoire. Toi, Traoré, je te fais Diarra. Même s’il est vrai qu’aujourd’hui  bien des Diarra sont devenus moins que des Traoré. Les hommes de conviction et de principe sont devenus rares. Etrangers qu’ils sont dans leur propre pays.

Le désastre est total. Il reste à espérer que des parcours de vie tel que le tien et celui d’autres patriotes puissent un jour faire germer de nouveau l’espérance.

Alors j’écris un Janjo pour toi. Tu as accompli ta part de devoir. Chantons des exemples comme le tien  pour que les actuelles et nouvelles générations puissent se rappeler les leurs et ne pas continuer à trahir le pays et ses racines.

Repose en paix cher ami, mon « ordure » de lumière ! »

Pr Issa N’Diaye

Avril 2017

Pr-Iss-Diaye

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Mali : Mohamed Salia Touré lance un SOS de détresse pour jeunesse sans avenir

« En juin 2014, j’introduisais ainsi une précédente tribune sur la jeunesse du Mali : « Ne rendez pas notre jeunesse vulnérable. Elle est désemparée, déboussolée ! Elle veut, elle peut travailler ! »

Le texte se concluait ainsi : « J’appelle donc toutes les personnalités du pays, à chaque niveau de décision, et l’ensemble des acteurs économiques, à multiplier les initiatives et les investissements en faveur de l’emploi de la jeunesse. Afin qu’elle ne soit pas vulnérable, mais comptable de ses actes et ainsi responsable de son futur ».

Presque trois ans plus tard, l’espoir, même mince, de plus d’emplois a laissé place à une immense détresse. Malgré les chiffres ministériels, relayant la promesse présidentielle réaliste et réalisable de création de 200 000 emplois, dont on ignore la réalité opérationnelle, preuve est faite que la jeunesse n’en a nullement ou très peu bénéficié. Sa triste, choquante et désespérante situation de chômage, de précarité et de fragilité économique se traduit déjà par une colère presque explosive dans nos quartiers, dans nos communes, dans toutes les régions !

La jeunesse est pourtant prête à des efforts importants et conséquents pour être devenir actrice d’un avenir meilleur. La pire attitude des décideurs envers elle serait de se résoudre à la fatalité en matière d’emploi en occultant toutes les énergies constructives, positives et abondantes qu’elle peut déployer. Les gouvernants ne peuvent plus ajourner des décisions drastiques à prendre pour l’emploi ni afficher de l’indifférence à l’égard de cet enjeu majeur. Ce problème n’est pas un défi secondaire ou subsidiaire : il est bel et bien, avec la paix et la sécurité, prioritaire. L’heure n’est plus à hésiter entre un pessimisme démobilisateur et un optimisme béat pour la jeunesse ; il faut désormais imposer et réussir des actes concrets ! Sans faiblesse, sans excuse, sans faux-fuyant, sans fuite en avant. Sans se contenter de quelques palliatifs ou solutions temporaires.

La jeunesse croit à tous les possibles, elle se nourrit d’enthousiasme malgré l’indifférence politique dont elle est victime, parce qu’elle a l’intelligence de la vie. Elle n’a pas peur d’échouer parce qu’elle a l’énergie d’apprendre. Sans avoir à imaginer l’exil avec ses périls et ses désillusions, elle doit pouvoir travailler et vivre ici, au Mali.

Dans cette perspective, je propose dès à présent à nos autorités deux axes possibles d’actions concrètes pour générer des emplois qualifiants pour la jeunesse :

1) Environnement, sécurité et solaire. Dans notre capitale, commune par commune, comme dans les grandes villes maliennes, création de brigades environnementales et organisation d’ateliers de recyclage (plastique : papiers, verres, selon des modèles déjà expérimentés et réussis dans d’autres pays) permettant de générer des ressources à certaines populations. Je propose aussi la création de brigades de sécurité routière en charge d’accompagner la police là où elle ne peut pas sécuriser une route, pour assurer la sécurité des piétons avec un matériel de signalisation adéquat.

2) Nouvelles technologies, numérique et solidarité sociale. Création dans chaque quartier communal d’un centre numérique dédié aux nouvelles technologies et, dans chacun de ces centres, d’un atelier spécifique pour inciter les jeunes à imaginer, sur des bases créatives et professionnelles, leurs propres start-up. En parallèle, je propose d’investir dans quatre bus aménagés en bureaux d’aide sociale et de solidarité qui tourneraient dans les quartiers selon un planning connu.

Cette tribune est donc bien un message d’urgence au département en charge de l’Emploi.

La jeunesse est à bout des promesses non tenues, et dramatiquement inquiète de son avenir et de son irrémédiable plongeon dans la précarité.

Notre pays ne sera vraiment en paix et en sécurité que si la jeunesse malienne a enfin la certitude qu’elle est considérée comme un de ses atouts majeurs, avec un emploi et un avenir ».

mohamed-salia

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

GAO PLEURE PLEURE ET PLEURE

Triste est mon regard dans cette ville triste

Cette ville qui pleure en enterrant ses fils par soixantaine

Triste nous sommes dans cette grande ville  triste

Cette ville qui compte ses blessés par centaine

Tristes les jours dans cette vie triste

Cette vie qui  de jour en jour s’attriste

Comme une veuve de vingt ans

Triste ce monde qui fait pleurer ses enfants

Ces pauvres enfants déjà TRISTES en naissant !!!!!

 

GAO ! GAO ! GAO ! GAO !

Déesse au cœur en lambeaux

Grande reine au regard brillant de larmes !

Qui a laissé  les salauds semer  le chao ?

Ce chao qui  t’a imposé la tenue funeste de  désolation

Qui a laissé le démon s’emparer de ton âme. ?

Qui a donc manqué de sonner l’alarme ?

Mais de quelle folie  est  atteint ce monde en ébullition

Qui fait des  armes un moyen de distraction ?

 

Ö ! Gao ! Grande reine au regard sombre

Jamais personne ne te mettra en décombre !

Paix à l’âme des tiens

DES MIENS

Plus jamais que SATAN ne triomphe !!!

 

Fatoumata KEITA NIARE

fatoumata_keita

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Sommet Afrique/France

Le cordon ombilical qui nous lie est impur et infect

Le Mali s’apprête à accueillir les 13 et 14 janvier 2017, le 27ème sommet Afrique-France. Pour l’occasion, le président français François Hollande fera le déplacement tout comme la quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement africains.

Le Comité national d’organisation du sommet Afrique-France (CNOSAF) chiffre à 35,67 milliards FCFA le budget devant servir à organiser cette grande « farce » qui n’a qu’un seul but : maintenir le lien colonial entre la France et l’Afrique.

Cette France qui entretient depuis des lustres une relation « incestueuse » avec l’Afrique, spoliée à dessein pour faire vivre « la mère patrie ».

Le maintien du FCFA en est une parfaite illustration. En imposant cette monnaie (Le franc des colonies françaises d’Afrique (CFA) rebaptisé franc de la communauté française d’Afrique), la France, depuis le Général De Gaulle renforce, sa main mise sur nos matières premières. Ce qui révolte le plus, c’est que 50% des réserves du Franc CFA sont déposées sur les comptes du trésor public français. Ce qui représente une manne financière non négligeable.

Certains économistes indiquent qu’il y a actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la CEMAC stockés au Trésor public, soit plus de 12 milliards d’euros.

Un journal économique allemand a récemment accusé cette même France de « piller chaque année 440 milliards d’euros aux africains à travers le Franc CFA ».

« Le gouvernement français recueille auprès de ses anciennes colonies chaque année 440 milliards d’euros de taxes. La France repose sur les recettes venant d’Afrique, pour ne pas sombrer dans l’insignifiance économique », écrit le journal dont les propos n’ont jamais été démentis par aucun officiel français.

Ce Sommet Afrique-France est une honte pour la classe dirigeante africaine qui s’est embourgeoisée cyniquement, laissant « la Grande France », « la Métropole coloniale » ruinée au fil des décennies l’avenir d’une partie du continent sous son joug.

Pour s’élever contre cette supercherie, la Coalition des alternatives africaines dettes et développement du Mali (CAD-Mali) organise du 7 au 8 janvier 2017 à Ouéléssébougou la 12ème Edition du Forum des Peuples en contrepoint à ce 27ème sommet Afrique France. Il est placé sous le thème « Les peuples du Sud exigent des alternatives pour un nouveau partenariat économique, social et sécuritaire entre la France et les Etats africains ».

L’Afrique, notamment « française », se doit d’enfanter d’autres dignes fils tels Thomas Sankara, Modibo Kéïta, Kwamé Nkrumah, Ahmed Sékou Touré…qui sauront arracher d’une main de fer le cordon ombilical qui lie l’Afrique à la France. Ce sang qui circule entre les deux entités (Afrique et France) est impur, infect.

Ibrahim GUINDO

Sory

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

« La jeunesse malienne s’est catégorisée »

Dans les lignes qui suivent, Mamedy Dramé, la quarantaine à peine, caricature une jeunesse malienne complètement en dérive qui ne mise que sur l’appât du gain facile. 

1- les bénéficiaires

Généralement se sont des fils de responsables, (anciens et actuels) ceux qui ont pillé les ressources du pays pour financer la formation de leurs enfants à l’étranger. Ils sont là, ils disent rien, quand il y’a mouvement c’est à travers les fenêtres qu’ils regardent et sont bénéficiaires d’emplois avant même de terminer. Ils sont dans les mines, banques et télécom exception faite à quelques enfants de Dieu (chanceux).

2- les opportunistes:

On les trouve généralement dans les mouvements de jeunesse. Ils sont tout le temps dans les rencontres aux noms de leur village, ville, commune etc… Ils font jamais de rapports ni même de simple CR ou bien s’ils le font c’est : Au forum telle est venu en rang, j’étais logé avec un tel dans le même hôtel, j’ai serré la main du ministre, « prrr a banna » et la plus part du temps ils sont dans tout sans aucune capacité d’analyse ou de proposition.

3- les rêveurs, les indignés, les aigris, les fils de pauvres, nous, ceux qui pensent que crier sur le boulevard de l’indépendance ou critiquer les gens sur facebook ou sur les antennes peut créer un sursaut d’orgueil en vu de changer « l’inchangeable ». Ils sont là ces jeunes généralement avec des noms importés, Che, Mandela, Mao, Dioul Karanainy n’importe quoi, dans un pays de la non reconnaissance du mérite.

4- Enfin les sacrifiés,

Ils ne sont dans rien, ils sont là. Que le Mali brule ou qu’il disparaisse « a Be kakan ». Mais bizarrement ce sont eux qui sont à l’aise.

65% de jeunes, 8 institutions dirigées à 95% par des vieux de plus de 65 ans. Hasard non un signe de Dieu pour que le peuple ou bien la jeunesse puisse se former et accepter que tant qu’on ne traverse pas tous les obstacles, on atteindra jamais ce qu’on cherche et que le bien facile et mal acquis ne profite jamais.

Mamedy Dramé,

Diplômé en Droit public

Mamedy Drame

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Halte à la propagande : la Russie n’a pas les moyens d’une guerre avec l’occident !

Ces derniers temps, les réseaux sociaux sont inondés d’articles vantant les moyens militaires de la Russie et annonçant une troisième guerre mondiale. La Russie a-t-elle vraiment les moyens d’une nouvelle guerre froide ou, pis, d’une guerre ouverte avec l’Occident ? Je réponds que non. Pour les raisons suivantes :

1- La Guerre froide, qui a opposé l’Union soviétique (URSS) et ses alliés communistes du Bloc de l’Est au camp capitaliste dirigé par les États-Unis, a duré de 1946 à 1990. Elle s’est terminée par la défaite des premiers alors qu’ils étaient, sur tous les plans, infiniment plus puissants que l’actuelle Russie.

2- Bien que la Russie ait hérité de l’immense arsenal militaire et nucléaire de l’URSS, elle ne saurait se mesurer militairement aux États-Unis et à leurs alliés. En effet, une guerre moderne, froide ou chaude, ne se gagne pas seulement par les armes; elle se gagne surtout par la force économique et technologique nécessaire à la conduite et à l’entretien des troupes. D’ailleurs, l’URSS a perdu la guerre froide à cause de son infériorité économique face aux États-Unis. Or, aujourd’hui, la Russie n’est que la 10ème puissance économique du monde (l’URSS était 2ème !); elle est devancée par 9 pays appartenant tous au bloc américain, à l’exception de la Chine. La Russie ne saurait donc tenir sur la durée une guerre froide contre des adversaires si puissants qui, depuis 70 ans, ont appris à conjuguer leurs moyens humains, techniques, militaires et financiers.

3- Le traité de Varsovie, qui regroupait l’URSS et ses amis, a disparu alors que l’OTAN, cette alliance militaire qui regroupe les États-Unis et leurs alliés, n’a cessé de se renforcer, allant jusqu’à intégrer d’anciennes possessions soviétiques comme les pays baltes et l’Allemagne de l’Est;

4- Profitant de la disparition de l’URSS, l’Occident a alourdi sa mainmise économique, diplomatique et culturelle sur le reste du monde. Regardez autour de vous : combien de pays communistes voyez- vous ? Combien d’entre vous préféreraient séjourner à Moscou qu’à New York ? Combien préféreraient une Lada russe à une Toyota Prado japonaise ? Votre pays vit-il des subsides du FMI et de la Banque Mondiale ou des bons du trésor russe ? Les films, chansons, lois et programmes scolaires présents dans votre pays sont-ils inspirés de l’Occident ou de la Russie ?

5- Vanter l’arsenal nucléaire russe n’a aucun sens puisque cet arsenal est inutilisable: une guerre nucléaire russo- américaine équivaudrait tout bonnement à la fin du monde et relève, pour cette raison, de la science-fiction.

5- Je comprends et respecte la volonté du président russe, Vladimir Poutine, de maintenir son pays dans le cercle des nations écoutées; je salue aussi son patriotisme, son refus du suivisme et son combat quotidien pour un monde multipolaire. Mais cet ex-seigneur du KGB est assez intelligent

pour mesurer ses limites : la Russie conserve une forte capacité de nuisance diplomatique et militaire (ses exploits en Crimée et en Syrie en font foi); mais elle n’a pas la force d’un conflit réel avec l’Occident.

Et tout le reste est propagande !

Analyse de Maitre Cheick Oumar  Konaré

Cheick Oumar Konare, Avocat à la Cour

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

CE QUE JE PENSE DE L’APPLICATION DE LA DÉMOCRATIE EN AFRIQUE

Pour moi la démocratie vient de la liberté. La liberté, c’est travailler et gagner ta vie à la sueur de ton front. Chaque homme libre doit aimer la liberté de l’autre. C’est de là que nait la cohésion et la complémentarité. J’appelle tout cela la civilisation. Je suis natif d’une grande famille car mon père avait beaucoup d’enfants qu’il aimait au même niveau. Quand l’heure du repas arrivait dans la famille, il s’assurait d’abord que tout le monde soit là avant qu’il ne commence à manger. Lorsque le repas était accompagné de viande, il mettait la viande en petits morceaux et faisait de telle sorte que chacun ait sa part. Quand le repas ne suffisait pas, il se contentait de quelques poignées en nous laissant le reste et veillait à ce que les plus grands ne mangeaient pas tout pour ne rien laisser aux plus petits. S’il n’était pas là pendant le repas et qu’il venait trouver un étranger à la maison, ma mère lui apportait sa part de nourriture. Mais avant de manger, il s’assurait que l’étranger a mangé. Cette philosophie familial, mon père et ma mère étaient unanimes là-dessus. En Afrique, dans toutes les familles, l’amour du prochain est beaucoup cultivé et perpétué.

L’Afrique d’aujourd’hui est dans le processus de la démocratie. Particulièrement au cours des années 2015 et 2016, plusieurs pays africains ont fait de nouvelles élections pour la gouvernance nationale et locale. Cela fait plusieurs années qu’on parle de démocratie en Afrique mais le constat sur la population pour moi est toujours amer. Je ne sens pas beaucoup la liberté et le travail bien fait. Le favoritisme dans cette démocratie fait que souvent on n’a pas plus de 20% de gens qui travaillent correctement. Ces 20% sont découragés par ceux qui ne travaillent pas bien si bien que la corruption est devenue un mode de vie dans certains services. Il m’a l’air que la corruption est devenue l’outil majeur de compétition dans les pays africains. Ne soyons donc pas surpris que l’insécurité persiste. J’ai suivi un reportage sur le Vietnam qui est sorti de la guerre dans le années 70 après l’indépendance des pays africains. À mon avis aucun pays africains ne peut se comparer au Vietnam aujourd’hui en matière de développement. Alors, la question suivante s’impose : En Afrique la démocratie se limite-t-elle seulement aux élections ? Nos partenaires Occidentaux accusent certains de nos hommes politiques de biens mal acquis et quand ces Occidentaux ne sont pas contents, ils gèlent les avoirs de ces hommes politiques. Ce fait veut dire que ces avoirs sont tellement colossaux et douteux qu’ils ne peuvent pas rester en Afrique ; et même la progéniture de ces hommes politiques ne peut pas souvent avoir accès à l’argent qui a été déposé en Occident.

Au Burkina Faso, nous avons vécu une période exceptionnelle que le Président Thomas SANKARA a appelé « la révolution démocratique et populaire ». Le choix de nos dirigeants locaux se faisait en public ; les travaux d’intérêts collectifs se faisaient dans tous les villages ; la corruption était systématiquement combattue. Certains responsables de haut niveau, corrompus, étaient appelés «  les délinquants aux cols blancs ». Nous, en tant qu’agriculteurs, nous n’étions pas oubliés. À titre d’exemple, SANKARA disait une fois aux encadreurs : « Nous avons dit aux agriculteurs de produire, ils ont produit beaucoup de céréales. Vous allez entrer dans tous les villages pour leur acheter ces céréales pour que leurs efforts soient bénéfiques à leurs familles ». Par ailleurs, pour lui, le coton devait être transformé au Burkina. C’est ainsi que  porter du Faso Danfani était un signe d’intégrité et de patriotisme. En 1986, le prix du coton était de 80F CFA le kilogramme. SANKARA a décidé en 1987 que le prix du kilogramme de coton soit 100 F CFA. Tous les paysans étaient contents. Son assassinat a eu lieu le 15 octobre. En début novembre, mon groupement avait commencé à peser le coton à 100 F CFA le kilogramme. À notre grande surprise, dès l’installation du nouveau pouvoir, le prix du coton a été revu à la baisse, notamment à 90F CFA le kilogramme. Depuis ce jour, nous avons fait la différence entre l’ancien régime et le nouveau régime. Des progressistes comme SANKARA ont rarement été compris en Afrique pendant leur présence. Ils ont toujours été trahis par leur proche entourage. 27 ans après, nous avons vu ce que cela a donné comme conséquences. En somme, l’Afrique a des références si elle veut bien se rappeler. Pour moi, quand la démocratie est bien appliquée, tout le monde gagne et cela est aussi possible en Afrique. Que Dieu accompagne le peuple africain.

En tant que citoyen burkinabé

Ouagadougou, le 09 octobre 2016

François

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Collectif Plus Jamais ça : Des mots durs mais plein de vérités

Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef Suprême des Armées : Plus Jamais de Tirs à Balles Réelles sur les Populations Civiles !

Quelques semaines à peine après la bavure policière à Gao, ayant coûté la vie à plusieurs jeunes, la police nationale a de nouveau ouvert le feu sur de jeunes manifestants, des femmes et des journalistes au moment de l’audition de Mohamed Youssouf Bathily, alias « Ras Bath » au Tribunal de la Commune IV de Bamako. Le collectif Plus Jamais Ca ! est profondément indigné par ces assassinats et regrette ces scènes qui ressuscitent les pires démons de mars 1991.

Nous vous conjurons, Monsieur le Président de la République, d’ordonner à l’armée et à la police de ne plus jamais ouvrir le feu sur vos enfants. Nous ne rêvons pas d’un Mali à feu et à sang, plongé dans la guerre civile. Ensemble, nous devons faire face comme un seul homme à la menace djihadiste et défendre les intérêts du pays.

Nous n’aurons de cesse de rappeler inlassablement que la jeunesse malienne a payé de son sang pour que nous puissions vivre dans une démocratie, dans la paix et la sécurité. Nous sommes les enfants de la démocratie et la liberté d’opinion est le socle de la République. 

Notre jeunesse aspire à un avenir meilleur. Aidez-nous plutôt à obtenir des diplômes, des stages, des emplois… en somme un avenir ! Laissez-nous cultiver la pensée critique, la liberté d’expression (notamment sur les réseaux sociaux) même si en chemin nous nous égarons. Nous vous demandons le rétablissement immédiat de l’accès à Facebook et à Twitter au Mali.  

Ces arrestations, censures, meurtres sont de nature à fragiliser et à diviser le pays.

L’exécutif doit faire preuve de professionnalisme et surtout d’empathie pour le citoyen, pour celle qui a perdu un fils ou un frère, pour celui qui voit son gagne-pain détruit. L’autorité doit faire preuve de retenue et d’humilité. C’est ainsi que nous pourrons nous faire confiance et nous donner la main en tant que Maliens.

Monsieur le Président de la République, nous osons espérer que l’arrestation de Ras Bath n’a pas vocation à le « museler » car il nous plaît en ces moments cruciaux pour le devenir même de notre Nation, de vous rappeler votre itinéraire politique et de jeter un regard introspectif sur votre parcours d’acteur du mouvement démocratique qui a fait de la liberté d’expression une vertu cardinale, une pierre angulaire de la Démocratie qui a fait sienne cette tirade de Voltaire : «Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ». Par conséquent, nous vous saurions gré de ne pas être en porte à faux, en contradiction avec des idéaux pour lesquels le mouvement démocratique s’est âprement battu.

Monsieur le Président de la République, Chef suprême de l’armée, nous exigeons l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités suite au massacre de Gao et de Bamako. Aussi, exigeons une enquête sérieuse sur la disparition du journaliste Birama Touré. Enfin, nous demandons la démission du Ministre de la Défense et des Anciens Combattants et de celui du Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile.

Nous exprimons nos condoléances aux familles des martyrs de Gao et de Bamako ainsi qu’à toutes les personnes qui se sentent touchées par cette flambée de violence.

Bamako, le 20 août 2016

Collectif Plus Jamais Ca !

pjc.association@gmail.com

logo-plus_jamais_ca

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Chronique satirique: Madame la gouverneure ou madame bulldozer ?

La nouvelle gouverneure du district de Bamako, Amy Kane, s’ennuyait ferme dans son bureau depuis sa nomination. Après s’être bien creusé la tête (à la matraque ?), notre gentille dame, contrôleur de police de son état, s’est découvert une mission de la plus haute importance et de la plus extrême urgence : démolir les petits commerces installés au bord des routes et chasser à coups de bâton les occupants. L’affaire est dans les cordes de la gouverneure qui, lors de son séjour à la tête de la Brigade des Mœurs de Bamako, a acquis une solide réputation de « Dame de fer ». La Margareth Tatcher locale, quoi ! Un prétexte royal de démolition est tout trouvé: l’an prochain, notre belle capitale doit abriter le sommet France-Afrique et il ne faudrait pas (surtout pas !) que par le hublot de leurs avions ou la vitre de leurs limousines noires, les hôtes de marque (dont l’empereur François Hollande 1er) voient les misérables kiosques et les hordes de mendiants qui encombrent les trottoirs. Outre ses fines compétences de démolisseur et le prétexte du Sommet franco-africain, Madame la gouverneure a tous les moyens de sa politique, pardon!, de sa mission: les bulldozers de la mairie de Bamako, les policiers (ses vieux amis) et, bien entendu, de pleines cargaisons de gaz lacrymogène destinées aux occupants récalcitrants. Cerise sur le gâteau, si Amy Kane réussit à déguerpir le beau monde des trottoirs, elle recevra assurément les vives félicitations de Ladji Bourama, ce qui, en soi, vaut de l’or puisque depuis 2013, certains nomades politiques n’ont même pas eu le bonheur de serrer la main du grand chef. Qui sait ? N’étant pas brouillée avec le Chérif de Nioro ni apparentée à aucun « hassidi » de l’opposition, Madame la gouverneure pourrait devenir ministre. Oh non! Je ne dis pas ministre de la Sécurité (poste jalousement gardé par le tout nouveau général Salif Traoré), ni ministre de l’Administration Territoriale (chasse gardée de l’ex-directeur de campagne de Ladji Bourama). Je veux dire simplement ministre de quelque chose : pourquoi pas ministre d’Etat chargée des Fossés, des Trottoirs et des Bulldozers ?

Danger économique

Sitôt dit, sitôt fait: voilà la machine de démolition en marche. Depuis plusieurs jours, les kiosques, étals et hangars de fortune tombent les uns après les autres. Parfois, les démolitions interviennent en pleine nuit, ce qui, ironie du sort, ressemble comme deux gouttes d’eau à des opérations « djihadistes » dignes de Kaboul ou de Baghdad. Et que fait-on du butin de guerre, c’est-à-dire de la paille et de la ferraille issues des démolitions ? Ces joyeux débris sont chargés dans des bennes et jetés quelque part entre Bamako et Kati. On aurait peut-être choisi une autre destination sila junte du général Sanogo vivait encore ! Quant à savoir les conséquences sur les populations, Madame la gouverneure ne paraît pas s’en soucier une minute. Depuis quand une policière éprouverait-elle des états d’âme ? Or, en fait de conséquences, il y en a à la pelle !

L’affaire cause un sacré manque à gagner au trésor public. Les centaines de kiosques et de petits commerces que l’on détruit versaient bon an mal an au moins 30. 000 FCFA d’impôt synthétique et de lourdes taxes aux municipalités. De contributeurs, messieurs les déguerpis deviennent du jour au lendemain des mendiants à la charge de leur famille, laquelle, depuis longtemps, ne voit même pas une queue de diable à tirer.

Bien sûr, je n’oublie pas les milliers d’emplois jetés dans le lac. De fait, il n’y aura plus personne pour opérer dans les kiosques du PMU-Mali ou d’Orange Money emportés par les bulldozers. Les vendeuses de colas et de beignets qui vivaient de la menue monnaie glanée journellement sur les trottoirs vont devoir rester à la maison et vivre d’eau chaude, de « tô » et de « monni ».

Quelle urgence ?

Bon ! On me dira que l’Etat souverain du Mali a assez d’argent pour se passer des malheureux impôts et taxes issus des trottoirs. Fort bien! Mais alors, pourquoi, avant de démolir les kiosques, notre richissime Etat n’a-t-il pas commencé par goudronner les avenues, rues et ruelles de la cité ? Pourquoi les bulldozers n’ont-ils pas d’abord vidé les caniveaux qui, partout, rejettent des cadavres de poules et de rats ? Je me souviens que pour justifier sa carence dans le ramassage des ordures, la mairie de Bamako s’est dite dépourvue de bennes et d’argent pour rémunérer ses prestataires: c’est d’ailleurs pourquoi l’Etat, sans doute pour éviter une épidémie de peste, a fait appel aux services de l’entreprise marocaine « Ozone ». Pourtant, il a suffi que la gouverneure décide de démolir des installations pour qu’une immense armée de bennes et de bulldozers apparaisse ! Quelqu’un cachait-il donc ces engins dans l’Azawad ou dans le Macina, le royaume d’Amadou Kouffa ? Ou bien le Mali a-t-il enfin receptionné les 5000 milliards promis par les Chinois ?

Avant de jeter tout ce beau monde dans la détresse, l’Etat aurait pu mettre en place un fonds d’indemnisation. Ou indiquer un lieu de recasement. Mais je ne vois rien de tel. A moins que dans les heures à venir, Madame la gouverneure ne songe à ouvrir devant ses bureaux une cantine publique destinée aux nécessiteux qu’elle aura créés… En tout cas, je ne crois pas que pour des démolitions d’une telle ampleur, on ait observé un minimum de légalité et de sensibilisation. Beaucoup de victimes n’ont pas reçu d’avis individuel de déguerpissement et n’ont pu, de ce fait, éviter le pire. Certaines n’ont reçu d’avis qu’après le passage des bulldozers. Madame Bulldozer, pardon!, Madame la gouverneure croirait-elle suffisants les avis et communiqués lus à l’ORTM ? Et puis, la plupart des usagers se croyaient en règle et hors d’atteinte des bulldozers puisqu’ils payaient régulièrement des taxes à la mairie et détenaient des autorisations d’occupation dûment délivrées par le maire. Le petit peuple des trottoirs n’ayant pas passé une agrégation en droit, il ne peut imaginer qu’un « papier » délivré par le maire ne vaut que des haricots en face d’un Sommet France-Afrique ! Par ailleurs, Madame la gouverneure ne peut ignorer qu’on se trouve en saison des pluies, une période difficile où la loi n’encourage guère à jeter quelqu’un dehors. C’est le sens de l’article 711 du Code de procédure civile qui permet au juge de suspendre l’exécution des jugements d’expulsion et de démolition en hivernage. C’est aussi le sens de la lettre-circulaire n° 0378/ MJDH-SG du 23 juin 2015 par lequelle l’ex- ministre de la justice, Mahamadou Diarra, a instruit aux procureurs de s’opposer à toute expulsion ou démolition en hivernage et ce, « pour donner à notre institution un visage plus humain ». Apparemment, nos chers amis démolisseurs préfèrent un « trottoir plus beau » à un « visage plus humain »!

En définitive, j’approuve dans dans le principe la volonté d’assainir la ville et de dégager les artères. Mais l’impréparation qui entoure « l’opération bulldozer » de la gouverneure lui ôte toute légitimité et toute légalité. Du coup, la chose est vécue, non comme une oeuvre de salubrité publique, mais plutôt comme une grave injustice. Amy Kane l’a d’ailleurs appris à ses dépens. Samedi 30 juillet, elle a échappé de peu au lynchage suite à la révolte des usagers. En tirera-t-elle les leçons ou les tirera-t-on à sa place ?

Tiékorobani

Ami-Kane-serment

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Pour bien manger au RPM, il faut savoir boxer

Au RPM, le parti au pouvoir, l’heure n’est plus à la confrontation des idées. Pour gagner et conserver une place autour de la table, il savoir boxer. Et en la matière, l’ancien ministre Bocary Téréta est un champion poids lourd. A preuve…

Ladji Bourama, homme exigent, aime le répéter: « Nul ne sera convié au banquet de l’universel s’il ne l’a mérité ! ». Apparemment, ses amis du RPM l’ont pris au mot: à leur entendement, il s’agit désormais de gagner son pain à la sueur du…poing. Voilà qu’on appelle en français gréco-latin « programme coup de poing ». Et ce programme, qui donne directement droit au boire et au manger par ces temps de galère, a tout l’air de l’emporter sur le programme officiel de Ladji : « Mali d’abord, Inchallah ». Si vous en doutez, je m’en vais démontrer mon propos.

En 2013, lors de la formation des listes du RPM aux législatives, la 1ère vice-présidente du parti, Madame Kéita Rokiatou Ndiaye, et  le Secrétaire Général, Bocary Téréta, ouvrent les hostilités. Madame Kéita soutient le candidat RPM Abdramane Niang, allié à un candidat de l’URD, alors que Bocary Téréta tient à imposer une liste composée d’Aboubacar Magneta dit Samba Bagui, militant RPM, et de Madame Ascofaré Oulématou Tamboura, députée sortante et transfuge du PDES. Lors d’une réunion du parti, Téréta, très remonté contre  Madame Kéita Kéita Rokiatou Ndiaye, manque de peu de lui flanquer une gifle. N’eût été la prompte opposition de l’assistance, la pauvre dame aurait peut-être perdu une oreille. Par bonheur, elle n’a senti passer que le vent du boulet. Ayant conservé intactes à la fois ses oreilles, ses mâchoires et ses dents à la suite de cette première bataille, Madame Kéita remporte une seconde manche en parvenant à faire invalider par la Cour Constitutionnelle  la liste soutenue par Téréta. Comme quoi, en fait de boxe politique, les dames ne mordent pas toujours la poussière…

Le samedi  7 mai 2016, nouveau combat de boxe au RPM. Lors de la réunion de la section de la commune 2 tenue à l’Hippodrome, se tiennent autour de la table de hauts responsables comme Dr Boulkassoum Haïdara, président du parti par intérim; Madame Kéita Rokiatou N’Diaye, 1ère vice-présidente; Dr Bocary Téreta (encore lui!), Secrétaire Général; Nancouma Kéita, Secrétaire Politique; Issiaka Sidibé président de l’Assemblée Nationale et Djibril Dicko, Secrétaire aux Finances. Il s’agit de Mamadou Diallo, secrétaire général de la commune II, et non moins secrétaire au développement du BPN-RPM ;  et Djibril Dicko, secrétaire aux finances de la même instance. La réunion était présidée par la première vice-présidente du parti, Rokiatou N’Diaye. La guerre éclate à la lecture d’un rapport sur les litiges opposant deux tendances rivales de la section de la commune 2 de Bamako: celle dirigée par Madou Diallo et celle conduite par Madame Sissao Yagaré Tounkara. Djibril Dicko, secrétaire aux Finances du RPM, se plaint que le rapport ne mentionne pas certains événements défavorables au clan de Madou Diallo. Ce dernier, avec l’agilité de Bruce Lee, l’ancêtre des karateka, bondit sur Dicko qu’il roue de coups. Le malheureux Dicko, battu comme du mil récolté, quitte la salle de réunion pour le… commissariat de police du 3ème arrondissement où il porte plainte. Séance tenante, le commissaire convoque Madou Diallo, l’éminent disciple de feu Mohamed Ali.  Mais tout boxeur qu’il est, Diallo ne voue pas une grande confiance aux policiers, surtout après les hauts faits d’armes qu’il vient de réaliser. Ce n’est que le lendemain qu’il se présente à la police. Le commissaire croit avoir affaire à un rescapé d’un attentat terroriste: Diallo porte à son cou une prothèse et de ses yeux rougis sortent quelques grosses larmes de douleur. La stratégie du convoqué ? C’est lui la victime et il entend que justice se fasse ! Cette sulfureuse affaire reste toujours en suspens puisqu’aucun jugement n’est intervenu par la suite.

On aurait pu raisonnablement penser que ces incidents à répétition auraient donné à réfléchir aux hiérarques du RPM. On aurait pu espérer qu’ils comprendraient que le pays a davantage besoin d’idées que de coups de poing ou de bâton. Mais hélas, hélas, hélas ! Rien n’y fait. Samedi 31 mai 2016, une énième bataille s’engagée. Elle n’    a rien à envier à la bataille de Kirina gagnée par Soundjata, l’ancêtre de Ladji Bourama. La rude bataille concerne, non pas de petits poucets,  mais de très gros bonnets:  Nancoma Kéita, Secrétaire Politique du RPM, et, bien entendu, Bocary Téréta, Secrétaire Général du parti et véritable champion des rings. Or donc, le 31 mai, au cours d’une  réunion du Bureau politique national à l’Hippodrome, Téréta s’en prend violemment à Nancoma. Ce dernier se défend tout aussi vivement. Ni une, ni deux: les deux anciens ministres se fondent dessus comme des marchands de babouches. Il faut l’interposition rapide des autres participants à la rencontre pour séparer les deux combattants. L’histoire ne dit pas qui a eu le dessus; cependant, il n’est pas interdit de penser que les poings de Téréta faisaient plus mal que ceux de Nancoma: ex-ministre de l’Agriculture et actuel président du Conseil d’Administration de la Banque Malienne de Solidarité, Téréta  nous paraît  bien mieux nourri  que son adversaire, Nancoma Kéita, qui, depuis son départ du ministère de l’Environnement il y a de longues années, fait bouillir sa marmite à ses propres frais et a perdu un peu de poids.

Question: pourquoi Téréta, présent dans deux des trois combats de boxe que nous venons de décrire, n’entrerait-il pas dans l’armée ? Pour combattre Iyad Ag Ghaly, Belmokhtar et les autres terroristes qui dévastent le nord du Mali, aucun bras valide malien n’est de trop. Or, comme chacun le constate, Téréta a de la force et de l’agilité à revendre. Gageons que ses prochaines cibles seront un certain « petit monsieur » et un « hassidi » en chef.

Tiékorobani (Procès Verbal)

Boxe

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire