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Suspension de l’AMO par les pharmacies : Dure épreuve pour les pharmaciens et les assurés

Le ministère de la Santé et des Affaires sociales s’est engagé à résoudre rapidement ce problème. En attendant, c’est le calvaire pour des patients et leurs familles

Les malades et leurs familles souffrent depuis vendredi de la suspension du service de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Les assurés cotisent chaque mois pour bénéficier de ce service, mais ils en sont privés à cause des arriérés de paiement qu’exigent les pharmacies qui ont signé des conventions avec la Caisse nationale d’assurance maladie du Mali (CANAM).

Dans notre pays, le taux d’utilisation des services de santé est insuffisant à cause de la pauvreté. Afin de faciliter l’accès aux soins pour le plus grand nombre, l’Assurance maladie obligatoire a été adoptée en 2009. L’objectif était d’améliorer les indicateurs de santé et étendre la couverture des soins de santé. L’AMO est en effet fondée sur les principes de solidarité, de contribution, de mutualisation des risques et du tiers payant. L’assuré cotise six mois avant d’accéder à la prestation et tous les mois des prélèvements sont effectués sur son salaire.

La décision des pharmaciens de suspendre la fourniture des médicaments aux assurés, porte un coup dur à cette politique sociale qui a fait beaucoup de biens aux couches défavorisées. Notre équipe de reportage a fait un tour dans certaines officines pour prendre la température sur le terrain. Il est 15 heures, nous sommes en Commune I, plus précisément à Sotuba. Non loin d’une pharmacie, nous avons rencontré un vieil homme parlant seul. Fourbu le visage désespéré Oumar Soumaré, commerçant a appris la nouvelle de l’arrêt de la prestation relative à l’AMO lors d’un achat à la pharmacie. Ne sachant plus comment faire, il nous a confié ses sentiments de frustration et déploré cette mesure. Il rappelle que chaque mois, on lui prélève de l’argent. «Si j’étais gravement malade et que je n’avais pas d’argent pour me soigner qu’est-ce qui allait m’arriver ?», s’est-il interrogé. Il a déploré le fait qu’il n’a pas été mis au courant de la situation, sinon, il n’allait pas se présenter à la pharmacie.

Pour notre interlocuteur, de telles choses ne doivent pas arriver sans que les autorités n’avisent les bénéficiaires qui malgré, les contraintes que cela impose, prendront le soin de se préparer en conséquence. Il a lancé un appel aux responsables à mettre fin immédiatement à ce problème pour que les patients puissent se soigner convenablement.

Toujours en Commune I, Boubacar Koreissi est le gérant d’une pharmacie à Banconi. Ce dernier a expliqué que depuis plusieurs années, il se plaignait de ce problème. Il a même confessé qu’il refusait de rendre ce service, car, il sentait sa perte. À Mopti où, il gère une autre pharmacie, il a révélé que depuis le 18 février dernier, aucune de ces factures n’a été soldée. Et pourtant, ce problème pénalise son entreprise, car il n’arrive pas à fournir les autres clients qui veulent payer en espèces. Pire, il n’arrive plus à payer les fournisseurs de médicaments. Il ne fonde pas trop d’espoir sur la résolution du problème. Pour lui, c’est un service qui a été mal ficelé depuis le début.

Dramane Coulibaly vient d’être papa. Mais ce titre de papa lui a coûté une fortune à cause de la suspension du service AMO. Sa femme ayant accouché dans une clinique, le nouveau papa a dû payer rubis sur l’ongle. En plus des 75.000 Fcfa pour la chambre, Dramane Coulibaly a aussi beaucoup dépensé pour les ordonnances et autres produits.

Selon les vendeurs de la pharmacie Hatime de Banankoro, ce sont les factures impayées de la Caisse malienne de la solidarité sociale (CMSS) et de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) qui sont à la base de cette suspension. «Certaines de nos factures de 300.000 et 500.000 Fcfa peuvent traîner 5 à 6 mois sans être payées», ont-ils dénoncé, ajoutant que leur chef leur a quand même ordonné de vendre les médicaments sur AMO. «Nous n’avons pas eu d’ordonnances AMO, sinon on allait vendre», car les syndicats ne nous ont pas donné de mot d’ordre dans ce sens. Le client Samba Diallo qui n’était pas au courant de la situation était très surpris. Lui qui n’a pas encore adhéré au service AMO, souhaite la reprise des prestations. «L’AMO aide énormément les chefs de famille», reconnaîtra-t-il.

Selon Mahamadou Traoré superviseur de la pharmacie «Fraternité» de Niamakoro, son officine a sur les bras 20 millions de Fcfa d’impayés. Ses fournisseurs de médicaments Laborex et Ibipharm refusent de lui livrer des médicaments. «Nous sommes tous concernés par cette situation. Nous faisons cette grève pour le bien être de la population. Nous sommes dans un pays pauvre, donc s’il faut que la population paye la totalité des ordonnances, ça sera un problème. Donc, j’invite les autorités à redoubler d’efforts, de faire le minimum pour que ce problème ne se répète plus», a indiqué Mahamadou Traoré.

Dr Diarra Mariam Daou, promotrice de la pharmacie du Marché de Daoudabougou, dira qu’elle approuve carrément l’arrêt du partenariat avec l’AMO. Elle a souligné que les pharmacies ont signé une convention de partenariat qui stipule que les paiements doivent se faire dans un bref délai de 15 jours. Les pharmaciens ont envoyé leurs syndicalistes qui ont eu des entretiens avec la direction de l’AMO et le ministère en charge de la santé. Ces échanges n’ont donné aucun résultat. Or, les pharmaciens doivent payer les grossistes qui les ravitaillent en médicaments. Les paiements avec ces partenaires sont effectués par semaine et quinzaine, selon les cas. La situation est telle que les pharmacies n’arrivent plus à honorer leurs engagements vis-à-vis des grossistes, d’où le refus de servir les ordonnances de l’AMO. «Aujourd’hui, nous avons plusieurs mois d’impayés sans compter la perte des clients (fournisseurs essentiellement). Depuis jeudi dernier, le ministère de la Santé et des Affaires sociales a publié un communiqué dans lequel il indique qu’il «reste résolument engagé à poursuivre les efforts en cours pour trouver dans les meilleurs délais une issue favorable à cette situation».

Fatoumata NAPHO

Source : l’Essor

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