Mercredi 13 Décembre 2017

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Togo: aucune médiation en cours, 2 mois après le début de la crise

Au Togo, la mission de l'Organisation internationale de la Francophonie attendue depuis lundi à Lomé, n'est pas arrivée sauf quelques précurseurs.

Officieusement, la mission aurait été tout simplement reportée pour des problèmes de préparation, alors que l'opposition togolaise a déjà annoncé son refus de la rencontrer tant qu'elle aurait à sa tête Aichatou Mindaoudou, qu'ils récusent pour des propos tenus en 2005 alors qu'elle était ministre des Affaires étrangères nigérienne. Est-ce la fin de cette médiation ou faut-il compter sur d'autres médiations possibles pour permettre au Togo de sortir de cette crise qui dure depuis bientôt deux mois ?

Ce n'est pas la première mission de bonne volonté dans le pays. Ibn Chambas, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l'Ouest, s'était rendu à Lomé il y a un peu plus d'un mois. Sa tentative de rapprocher les deux parties s'était alors soldée par échec.

Aucune autre initiative officielle depuis lors, à part un communiqué initié par la Cédéao la semaine dernière. Il a également été signé par l'Union africaine et le Bureau régional des Nations unies. Le texte appelle le gouvernement à fixer une date pour son référendum, une prise de position considérée par l'opinion togolaise comme favorable au président Faure Gnassingbé.

Alassane Ouattara attendu lundi à Accra

Aujourd'hui, diplomates ouest-africains et fonctionnaires des Nations unies se disent frustrés. Ils estiment que tout est paralysé car c'était à la Cédéao de lancer depuis le début de la crise  une véritable médiation pour y mettre fin, comme l'organisation des Etats d'Afrique de l'Ouest l'a fait en Sierra Leone.

« C'est son rôle, c'est sa mission », regrette l'un d'eux, qui souligne que « malheureusement, le président en exercice de la Cédéao est Faure Gnassingbé, l'une des parties au conflit togolais. »

Mais une initiative pourrait venir bientôt des pays de la région. Le président ivoirien Alassane Ouattara est attendu lundi à Accra. Selon une source régionale, la crise togolaise sera au centre des discussions.

Et à Paris, des sources proches des Affaires étrangères assurent que Jean-Yves Le Drian avait évoqué la question avec les autorités ivoiriennes il y a quelques jours, et avec son homologue ghanéenne par téléphone mardi.

■ Le gouvernement interdit l'organisation de manifestations en semaine

Une annonce qui intervient alors que l'opposition entend manifester contre le pouvoir, le 18 et 19 octobre, pour dénoncer la réforme constitutionnelle. Quatorze partis d'opposition sont mobilisés depuis près de deux mois, pour demander la limitation à 2 du nombre de mandats présidentiels, et la démission du président Faure Gnassinbgé, au pouvoir depuis 2005. Le ministre de l'Administration Tarritoriale, Payadowa Boukpessi, explique que l'opposition ne peut désormais faire des marches que le samedi et le dimanche.

Le ministre ne veut plus revoir les images du 5 octobre : une manifestation marquée par des casses et des violences. Du lundi au vendredi, les manifestations sont interdites, l'opposition ne peut faire que des meetings. Les marches devront avoir lieu le week-end.

Le ministre de l'Administration explique cette décision : « La marche du 5 octobre a connu des dérives graves : barricades, caillassages, destruction de portails, de boutiques, jets de pierre sur des passants, toutes les écoles sont visitées par les manifestants en demandant aux enfants de sortir des écoles. »

Les 14 partis d'opposition vont braver cette décision qu'ils jugent illégale. Le mercredi 18 et jeudi 19 octobre, ils battront pavé dans les rues de Lomé, confirme Jean Pierre Fabre, le patron de l'opposition : « Nous organisons des manifestations pour montrer à la face du monde que notre pays est en crise, et nous ne quitterons pas la rue tant que nous n’aurons pas obtenu satisfaction. Le subterfuge que tentent le ministre et l’administration territoriale ne nous émeuvent guère. »

L'opposition refuse un référendum sur une modification de la Constitution qui permettrait à Faure Gnassingbé de se présenter aux scrutins de 2020 et de 2025.

Source : RFI

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